Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Aventures et découvertes

Ylla, Deux petits ours

« Deux oursons sont nés dans la tanière cette année. Bien à l’abri sous la neige et sous la terre, le frère et la sœur attendent le printemps. A présent, ils voudraient découvrir le monde et courir dans les champs. »
Pour photographier les deux héros de ce livre illustré, Ylla n’avait pas hésité à acheter deux oursons et à les nourrir au biberon. Bien cachée derrière son objectif, elle raconte… Les deux oursons à peine sortis de leur tanière courent dans les champs, se disputent, grimpent aux arbres pour dénicher des oiseaux – quitte à se retrouver nez à nez avec… un raton laveur ! Ils en perdent leur maman, partie chercher du miel. Des photos craquantes de ces petites boules de poils au regard perçant et si expressif !
Née à Vienne de parents roumain et hongrois, Ylla (1911–1955), de son vrai nom Camilla Koffler, se fait connaître à Paris, puis à New York, en tant que photographe animalière. En 1954, elle publie Two Little Bears chez Harper & Brothers à New York. En plein « âge d’or » du livre illustré de photographies, cet ouvrage connaît un succès mondial et sera tiré à plus de 100 000 exemplaires. Une réédition bienvenue !

Dès 4 ans

Ylla, Deux petits ours, MeMo, 2018, 40 p., 16 €

Pascale Perrier, Et derrière les nuages

« Putain. Mon meilleur copain. Mon seul ami, à bien réfléchir. Celui avec qui je partageais tout, et pas seulement les cours. Les projets, les espoirs, les envies. L’alpinisme, c’est aussi une histoire d’amitié. On choisit les gens avec qui on va s’encorder, on leur accorde notre confiance, on se prépare avec eux, nos yeux brillent du même éclat. Et normalement, on vit les mêmes émotions au même moment, on revient avec les mêmes souvenirs.
Normalement. »
Un beau jour d’été à Chamonix, les deux garçons se faisaient une fête de gagner l’Aiguille d’Argentière. Mais, au somment, ils se sont désencordés, et Antoine, ce « meilleur copain » du narrateur, a basculé dans le vide — une chute fatale pour ce garçon plein d’avenir. Comment survivre avec un tel poids sur la conscience, quand on a 18 ans et que l’on veut devenir guide ? Perdu de chagrin, le jeune homme va se terrer dans un squat lyonnais –d’où il reste en contact avec ses parents et où il rencontre Leila. Leila qui refuse le poids du voile, un avenir de comptable et autres décisions familiales, qui veut suivre Rimbaud et s’inscrire en classes préparatoires.
Les deux étudiants vont s’épauler et tenter de se reconstruire, dans un très grand respect de l’autre – et c’est aussi une des surprises de ce roman d’initiation très pudique : chacun des deux repart vers un destin à reconstruire, le narrateur vers ses montagnes – il devient guide et s’installe à la Réunion, où il se marie – et Leila vers la littérature en devenant éditrice. Pascale Perrier parle de la montagne, de Chamonix et de l’alpinisme avec justesse – sans erreur de topo ni de psychologie – et dans une langue proche des adolescents, aussi capables de jurer que de se réciter « Le Bateau ivre ».

Adolescents

Pascale Perrier, Et derrière les nuages, La Joie de lire, coll. « Encrage », 2018, 195 p., 14,50 €

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles

« — Qu’est-ce que je vois ? Tu as les pieds nus ? Va vite mettre tes pantoufles !
Et pourtant… On est si bien, les orteils à l’air, vautré sur un canapé ! […] Mais curieusement, Maman n’est pas du tout de cet avis. » Et un beau soir, Maxence décide de se débarrasser de ses pantoufles, « pour de bon ». S’en suivra une série de gags et de catastrophes, car à rusé, rusé et demi… Que fera Maxence le soir de Noël, quand il n’aura plus de pantoufle à mettre devant la cheminée ? Un court roman parfait pour ne pas oublier les fondamentaux pendant les vacances : savoir lire, et s’amuser !

Dès 6 ans, fin de CP

Béatrice Egémar, La Guerre des pantoufles, illustrations de Julien Plat, Editions Ex Aequo, coll. « Saute-Mouton », 2018, 32 p., 5 €

Fabienne Blanchut, Dune et Flam, La Belle Etoile

Dun et Flam, les renardeaux jumeaux, ont décidé d’aller « dormir à la belle étoile près de leur cabane avec leurs amis. Leur chariot déborde d’affaires pour la nuit. » En effet, quel chargement ! Tire et pousse, pousse et tire ! Après un pique-nique en compagnie de leurs amis, le grand défi est lancé : passeront-ils vraiment toute la nuit dehors. ? Pas sûr, car des bruits étranges, voire inquiétants, remettent leur plan en question…

Dès 3 ans

Fabienne Blanchut, Dune et Flam, La Belle Etoile, illustrations de Camille Dubois, Les Deux Coqs d’or, 2018, 24 p., 5,90 € — Imprimé en Roumanie. La collection comporte d’autres titres.

Diane Cormier-Malvezin, Greco le petit Mexicain

« Le mercredi et le samedi, Greco accompagne sa maman au marché de la ville. Ils installent leur stand et Greco, de toute la force de ses poumons, crie aux gens qui passent : Oyez, bonnes gens, qui veut m’acheter un beau chapeau ? » Car nous voilà transportés au Mexique, très précisément à Guanajuato et le soleil tape dur. Le papa de Greco fabrique et vend aux touristes de superbes sombreros aux couleurs éclatantes. Ces couleurs animent les joyeuses illustrations d’Apolline Dussart et mettent en valeur le joli teint cuivré de notre héros. Chaque album de la collection raconte une petite histoire très morale, avec une forte présence catholique. Les caractères cursifs permettront aux lecteurs débutants de lire « tout seuls ».

De 2 à 7 ans

Diane Cormier-Malvezin, Greco le petit Mexicain, illustrations d’Apolline Dussart, Editions des Petits Chouans, 12 p., 5 € — Imprimé en France.
Dans la même collection : Greco a très chaud, Greco s’ennuie, Le Dimanche de Greco, etc

Jean Villemin, L’Iceberg rouge

« La pluie cessa d’un coup et, à la faveur du faisceau de la lumière du phare, je le vis. Il était là. Gigantesque, échoué. Sa pâleur illuminait la nuit. Un souffle frais vint caresser nos visages et me fit frissonner. […]Un iceberg, c’était un iceberg échoué sur la plage ! Je ne pouvais m’empêcher de voir dans cette apparition une menace cachée à l’attention des marins des Wadden… Car la pêche à la baleine était bien l’occupation favorite des hommes de l’île. Mais pour comprendre, il faut raconter l’histoire de l’Iceberg rouge… »
Un carnet retrouvé sur un marché au puces contient le début d’une biographie – celle d’un certain Kommandeur Hidde Dirks Kat. Pour rédiger cette biographie, le narrateur, Martial Wlimens a loué, sur l’île d’Ameland dans la mer du Nord, la maison dudit commandeur. Cette mise en abyme n’est qu’une aimable mise en bouche…
Car, par un « beau » matin de brume, un iceberg vient s’échouer sur la plage. S’agirait-il de cet « iceberg rouge », dont le narrateur va faire renaître l’histoire – délaissant ainsi celle du commandeur ? Une histoire qui « débuta tragiquement en avril 1912 quand apparut dans l’Atlantique Nord un iceberg dont la destinée fut remarquable. Il était gigantesque. Une de ses faces particulièrement aiguës eut raison du TITANIC qui sombra dans les eaux glacées. Le paquebot laissa une immense trace continue de peinture rouge sur l’épine de l’iceberg ». Une histoire qui est aussi un long voyage d’exploration de ces mers baleinières, où l’on croise Moby Dick, Amundsen et Nobile. Ce qui est sûr, c’est qu’un trait de rouge raye les encres grises et sépia, traverse les pages de ce récit mis en images par l’auteur et lui donne une étrange profondeur onirique… Quant à cet iceberg rouge, légende ou réalité ?

Adolescents

Jean Villemin, L’Iceberg rouge, Editions Magellan & Cie, 2018, 72 p., 18 €

Valérie Allam, Face de Lune

« Dans mon CP, tout irait très bien s’il n’y avait pas Pavlos, un garçon bizarre et tout pâle aux cheveux bouclés. En fait, il est tellement pâle qu’on l’appelle Face-de-Lune. » Un nouveau, qui « passe ses journées à dessiner des navettes spatiales ». Et dont le carnet de croquis attire la convoitise des CM2. Petit à petit, les enfants vont s’apercevoir que Face-de-Lune cache un secret… un secret intergalactique ! Ce petit roman sera idéal pour aider les jeunes lecteurs à se lancer seuls : court, illustré, avec des anecdotes scolaires et une aventure digne de Star Wars – au moins !

De 6 à 9 ans, dès la lecture fluide acquise

Valérie Allam, Face de Lune, illustrations de Julien Plat, Editions Ex Aequo, coll. « Saute-Mouton », 2018, 32 p., 5 €

Pascal Ruter, La Tente d’en face

« — D’habitude, on va à Miami Beach.
— C’est marrant, a-t-elle dit, tu ne devineras jamais qui j’ai rencontré sur l’autoroute. Johnny.
— Johnny Depp ?
— Oui.
Ses yeux se sont ouverts en grand, elle a laissé tomber sa bassine et ses bols.
— Me dis pas que…
— J’ai fait oui de la tête très lentement en fermant les yeux.
— C’est mon père. Je m’appelle Titus Depp. »
Dialogue surréaliste s’il en est de deux minots d’une dizaine d’années : Titus, qui vient à la mer pour la première fois, et dont le père gagne des concours de sosie (de qui ? vous l’avez deviné). Et Bérénice, dont la vie est « plate comme un trottoir » et qui vient, comme tous les ans, dans ce même camping, bien tranquille, du bassin d’Arcachon. Et qui s’invente, elle, un grand-père pirate. Rien de tel pour débuter une chasse au trésor entre la plage, les rochers et les tentes.
Pascal Ruter ne fait pas dans la dentelle : les enfants apprécieront ses blagues « carambar », ses coquillages pas frais (et leurs conséquences), ses situations cocasses dans des lieux assez peu poétiques — qui n’a jamais fait la queue devant les toilettes d’un camping ne comprendra pas certaines allusions, mais tant pis. Tout cela n’empêche pas les petits cœurs de battre la chamade, l’un jouant de ses muscles (bien maigrichons), et l’autre jouant de ses yeux « bleu trois quart avec un peu de gris moyen sur les bords ». Quant aux parents… eux aussi se détendent, chacun à sa façon.
Ce sont les vacances, on se lâche un peu et on rit de bon cœur avec Titus et Bérénice, cousins du Petit Nicolas et de la famille des Jean Quelque-Chose – mais versant Groseille plus que Le Quesnoy.

Dès 9 ans

Pascal Ruter, La Tente d’en face, illustrations de Marie Leghima, Didier Jeunesse, 2018, 128 p., 10,30 €

Akiko Miyakoshi, Une maison dans les buissons

« Aujourd’hui, Sakko s’installe dans sa nouvelle maison. […] Est-ce que je peux aller jouer dehors ? demande Sakko. » Et voilà notre petite demoiselle partie explorer le voisinage. Au creux d’un buisson, « on dirait une petite cabane toute ronde » ; s’y trouve un panier et une dînette – mais personne… Sakko décore le panier de pissenlits, prépare le pique-nique. Et fait la connaissance de Yoko, sa petite voisine, qui devient son amie. Un charmant album tout empreint de la courtoisie, du raffinement et de l’élégance japonaises.

De 5 à 8 ans

Akiko Miyakoshi, Une maison dans les buissons, Syros, 2017, 40 p., 14,90 € — Traduit du japonais par Nadia Porcar.

Serge Dalens, Le Bracelet de Vermeil, Le Prince Eric

« Et ton bracelet, il a aussi une histoire ?
A peine posée, Christian regretta la question qui lui avait échappé. Il rougit comme un coq en voyant les yeux verts d’embuer.
— Oh ! je te demande pardon, reprit-il, je ne l’ai pas fait exprès, ne me réponds pas. Dieu que je suis bête ! Dis, tu ne m’en veux pas ?
— Mais non, tu ne pouvais pas savoir… Ce bracelet me vient de mon père, et c’est pourquoi j’y tiens beaucoup. »
Le début d’une amitié hors du commun entre le jeune prince de Swendenborg et e fils d’un chirurgien parisien – et le début d’aventures qui ont fait palpiter tant d’adolescents !
Quatre-vingts ans ont passé depuis la première édition du Bracelet de Vermeil mais, dans nos cœurs, Eric et Christian, dans leur tenue de scouts, ont et auront toujours quinze ans. Une réédition 100 % conforme à l’originale, illustrée des superbes dessins de Pierre Joubert, sous une reliure cartonnée de qualité.

Dès 12 ans

Serge Dalens, Le Bracelet de Vermeil, Le Prince Eric, illustrations de Pierre Joubert, Mame, 2017, 224 p., 19,90 € — Réedition.

Serge Dalens, Le Prince Eric, illustrations de Pierre Joubert, Mame, 2017, 224 p., 19,90 € — Réedition.

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon destin sera la liberté !

2 septembre 1870. Décidée à ne pas languir à Guernesey, Léo arrive à Saint-Malo, simple étape vers Paris. Mais à la gare, les choses se compliquent.
« L’employé à la casquette me dévisage, visiblement inquiet.
— Me rendre à Paris ? J’y compte bien ! Ma famille m’y attend.
— Enfin, c’est tout de même hasardeux. Il y a des rumeurs, des bruits qui courent, ajoute-t-il en caressant nerveusement sa moustache. […]
Le chef de gare fronce les sourcils. Je devine qu’il en sait plus que moi sur la situation de notre armée mais qu’il n’ose pas m’en dire davantage. »
En effet, la guerre a éclaté, mais Léo ignore encore dans quel pétrin elle va se fourrer. A Paris, elle retrouve sa cousine Hortense et Margot, mais aussi Emilien. Les trois amies vont vivre les affres d’un siège interminable, et tout tenter pour s’enfuir. Passent aussi les figures de l’impératrice déchue, de Victor Hugo et de Gambetta – sans oublier, en mode mineur, le bel Edward qui porte fièrement l’uniforme anglais. Amitiés et idéalisme, énergie, courage et peines de cœur, tous les ingrédients romanesques sont réunis dans ce second tome, aussi réussi que le précédent.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon destin sera la liberté !, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €
Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

Mélanie Mignot, Tchang, maître artificier

Monsieur Tchang habite en Chine, un pays qui a « une magnifique tradition : les spectacles de feux d’artifice ». Un art dont il est maître ! Mais « on murmure que Monsieur Tchang est malade ». Le spectacle aura-t-il lieu ? Ling, Shan et Yuan rendent visite au maître et l’incitent à leur transmettre ses secrets d’artisan. Un album très coloré, qui donne vie à l’optimisme, au respect et aux traditions.

Dès 4 ans

Mélanie Mignot, Tchang, maître artificier, Editions Akinomé, 2018, 24 p., 11,50 €