Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Adolescents

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours

« Le roi des ours, Léonce, était allé ramasser des champignons avec son jeune fils Tonin, deux chasseurs avaient enlevé l’enfant. Le père s’étant éloigné un instant le long d’un à‑pic, ils avaient surpris l’ourson seul et sans défense, l’avaient ligoté comme un vulgaire paquet et fait descendre, le long des précipices, jusqu’au fin fond de la vallée. » Bien penaud, Léonce n’ose pas dire que son fils lui a été volé et raconte qu’il est mort, ce qui lui laisse mauvaise conscience… Jusqu’au jour où il se décide à aller voir ce qui se passe chez les hommes. Et là, nous allons voir ce que nous allons voir ! Magicien, Troll, Croquemitaine, grand duc de Sicile lui-même, châteaux hantés, sangliers, pas le temps de s’ennuyer ! Cette nouvelle édition du célèbre roman (1945) reprend les dessins de l’auteur lui-même, en noir et blanc ou en couleurs, sous une couverture cartonnée et même dorée. L’occasion d’un beau cadeau, et d’une entrée en fanfare dans ce que la littérature classique peut avoir de réjouissant.

Dès 10 ans

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours, illustrations de l’auteur, Gallimard Jeunesse, coll. « Albums junior », 2018, 144 p., 17,50 € — disponible aussi en poche, Folio Junior, 5,80 €  — Traduit de l’italien par Hélène Pasquier

David Almond, La Chanson d’Orphée

« Le Nord ! gémissions-nous. Pourquoi faut-il vivre dans ce Nord glacial ? Pourquoi pas en Italie ? Ou en Grèce ? Nous éclations de rire. […]Tant pis, avions-nous dit. Nous inventerions notre propre Italie. Nous inventerions notre foutue Grèce à nous. Où ça ? Dans le Northumberland, bien sûr. »

Quelques grands lycéens. Du camping sauvage dans les dunes au nord de Newcastle. Des haricots tièdes dans des gamelles de fer blanc – mais aussi de la musique, des idéaux un peu flous, de très sérieuses amourettes. Et Orphée. Orphée qui passe, sa lyre en bandoulière, fascinant, envoûtant. Qui dompte les dauphins. Qui choisit Ella Grey, la meilleure amie de Claire, la narratrice. Ella mordue par une vipère, Ella descendue aux enfers. Une variation menée de main de maître sur le thème d’Orphée et d’Eurydice : romantisme, mystère, lyrisme sont au rendez-vous, sans compromis ni dans le tragique, ni dans la peinture de ces adolescents, « poètes disparus », capables de se soûler sur la plage comme de rêver aux grands mystères de la vie et de la mort.

Grands adolescents, jeunes adultes

David Almond, La Chanson d’Orphée, Gallimard Jeunesse, 2018, 288 p., 15 € — Traduit de l’anglais

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre

« Descends dans le cratère du Yocul de Sneffels que l’ombre du Scartaris vient caresser avant les calendes de juillet, voyageur audacieux, et tu parviendras au centre de la Terre. Ce que j’ai fait. Arne Saknussemm. » Quand le jeune Axel dévoile à son oncle le contenu d’un message « runique », le vieux savant, l’estimable Professeur Lidenbrock, fait illico ses malles – et nous entraîne dans un voyage extraordinaire. Entre science et fiction, bien malin celui qui fera d’emblée la différence ! En 1864, date de la première publication du roman, nos connaissances sur le centre de la Terre n’étaient pas aussi avancées, ce qui permettait mille fantaisies au romancier. Les illustrations d’Isabelle Simler traduisent à merveille les visions (pseudo-)scientifiques et l’humour de Jules Verne : réalistes ou oniriques, délicates et intrigantes, elles prolongent avec élégance le rêve et le voyage. Le recueil est de plus très bien réalisé : beaux papiers (bouffant et cristal), encre bleu noir, signet, reliure bradel cartonnée : un très beau cadeau.

Dès 12 ans

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre, Illustrations d’Isabelle Simler, Editions Courtes et Longues, 2016, 205 p., 29,90 €

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes

« Louise n’a pas fermé l’œil de la nuit, obnubilée par l’image de la femelle gorille se trouvant à l’écart du groupe. Elle sait ce que c’est de se sentir à part et cela l’a donc énormément touchée. » Louise, 15 ans, en vacances dans les Hautes-Pyrénées, vient de faire la connaissance de Jérôme. Le père du jeune homme a recueilli, dans un parc, quelques gorilles qui ont échappé aux braconniers africains. Dont Kiko, une jeune femelle rejetée par le groupe.
Louise, malentendante, communique soit par signes, soit en écrivant sur une ardoise blanche, soit en articulant quelques mots. A force de ténacité, bravant interdits et menaces, soutenue par Jérôme, la jeune fille parvient à enseigner la langue des signes à sa protégée. Une manière comme une autre aussi de dépasser les angoisses et les difficultés liées à sa quasi-surdité.
Mais une famille de chasseurs n’admet pas que ce parc empiète sur leur territoire. Et c’est le drame…
Ce sympathique roman de formation, sans mièvrerie aucune, met en perspective le handicap, les différences, les premiers sentiments amoureux, sur fond d’une aventure hors du commun. Les cabrioles d’un petit frère farceur viennent, ici et là, alléger les pages plus sérieuses du récit.

Dès 13 ans

Benoît Grelaud, La jeune fille qui parlait aux singes, Fleurus, coll. « Lire en grand », 2018, 286 p., 15,90 €

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

« Antigone, fille d’Œdipe. Antigone la Labdacide, race orgueilleuse qui règne sur Thèbes… Antigone se recueille. Elle se recueille et se souvient… » En se recueillant, Antigone la brune et Sophocle nous invitent, nous qui la contemplons des siècles plus tard, au recueillement : celui qui, le temps d’une tragédie, nous détache du tohu-bohu de la cité pour mieux nous ramener à l’essentiel. Comment admettre, ailleurs que dans l’espace de la tragédie, que se heurtent ainsi la loi de Créon et la tradition immémoriale défendue par Antigone ? Régis Penet propose ici une version d’une sobriété et d’un fini exemplaire. Ses planches, peintes à l’huile sur des panneaux de bois, déploient toute la gamme des ocres, des gris, des rouges carmin, des blancs cassés. Son trait, sobre et classique, donne vie aux acteurs de la tragédie de Sophocle, parfois porteurs de masques… Le texte est dû à la plume du romancier Erik L’Homme. Enfin, un dossier rédigé par Jean-François Gautier, docteur en philosophie ancienne, rappelle en quoi la tragédie « est l’un des plus précieux parmi tous les héritages helléniques ».

Adolescents et adultes

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle, textes d’Erik L’Homme, dossier réalisé par Jean-François Gautier, Glénat, 2017, 88 p., 19,50 €

Katherine Rundell, Cœur de loup

« Le poil de la louve était hérissé. Féo le lissa d’une caresse.
— Tout va bien, je crois. Chut, lapouchka. Je ne laisserai personne te faire de mal.
Elle fit se lever l’animal.
— Viens, on va te trouver un bel arbre. Je vais te montrer comment les loups construisent leur tanière. »
Quand une fillette de 12 ans doit réensauvager les loups, c’est que le monde tourne à l’envers ! Et pourtant, c’est bien à quoi s’occupent Féodora, alias Féo et sa mère Marina, dans une Russie tsariste fantasmagorique, où de riches citadins renvoient à la forêt leurs loups de compagnie. Jusqu’au jour où Marina, qui a tenu tête à un petit chef militaire local, est emprisonnée en ville. Alors que la région est agitée des premiers sursauts révolutionnaires, Féo n’aura de cesse de la libérer. La longue quête de ces adolescents peut être vue comme une sorte de révolte anarcho-libertaire – ou comme une saine reconquête d’un espace vital menacé par l’arbitraire. « Nous avons la terre dans notre sang et le feu dans nos pieds », proclame Féo, et « nous sommes aussi courageux que… que des loups ». Courageux et entraînés à courir vite, à vivre vêtus de rien et nourris de peu, dans le froid, la neige et la solitude. Et l’on se prend à penser que le plus difficile sera, un jour, pour nos enfants, de quitter la tiédeur émolliente de notre monde…

Dès 10 ans

Katherine Rundell, Cœur de loup, illustrations de Gelrev Ongbico, Gallimard Jeunesse, 2016, 336 p., 14,50 €   — Folio Junior, 2019, 288 p., 7,60 €

Jack London, Construire un feu

« L’aube, ce jour-là, était froide et grise –très grise et très froide. L’homme quitta le large sillon que dessinait le Yukon gelé et escalada l’immense talus qui s’élevait au départ du fleuve. Une piste étroite s’y enfouissait sous les sapins, filant vers l’est. » Etes-vous partant pour les suivre, lui et son chien husky ? Même si le thermomètre annonce – 50 °C ? Peut-être ne devriez-vous pas… Car la nouvelle de Jack London (1876–1916) ne laisse aucune chance à ce néophyte qui, tout juste arrivé dans le Yukon, ne parvient pas à allumer le feu qui les sauverait, le chien et lui.
Une belle édition bruxelloise pour un texte dense et coupant comme la glace, un texte qui mérite mieux qu’un simple livre de poche.

Dès 12 ans

Jack London, Construire un feu, Editions Alice Jeunesse, coll. « Le Chapelier fou », 2016, 56 p., 11 € — ou diverses éditions de poche.

Thore Hansen, La Reine des pirates

Victor a grandi « au bord d’une plage, très loin de tout, dans les Caraïbes, sur l’île d’Hispaniola », dans une très modeste cabane, avec son père et une vieille Indienne muette. De sa mère, il ne sait rien… A la mort de son père, il découvre un trésor : un véritable trésor de pièces d’or, mais aussi un livre. « La page de garde portait cette inscription :
Ce livre appartient à Victoria Reed.
“Victoria”, c’était le nom prononcé par mon père la nuit où il avait vu un navire. Le navire que lui seul avait aperçu. Un navire créé par l’espoir et l’attente.
Victoria…
Immédiatement, j’ai compris que c’était le nom de ma mère. »
Une femme pirate, au XVIIIe siècle ! Quel monde d’aventures s’ouvre alors devant le jeune Victor ! Parviendra-t-il à retrouver la trace de la reine des pirates – sa mère ? Le lecteur, lui, vit en plus les aventures rocambolesques de Victor, et découvre la vie des boucaniers. Un récit d’aventure écrit par Thore Hansen, un Norvégien qui sait ce que naviguer veut dire puisqu’il fut marin pendant sept ans avant de devenir romancier. Les premières pages sont à lire ici.

Dès 10 ans

Thore Hansen, La Reine des pirates, Flammarion jeunesse, 2019, 128 p., 5,20 € — Traduit du norvégien — Réédition de ce grand classique, déjà paru en 2004 et 2011. Imprimé en Espagne

Lucien Bély et Pierre Joubert, Une histoire du Mont-Saint-Michel

Des hommes ont choisi une île, au Moyen Age, pour prier Dieu dans la plus grande solitude, et un évêque, Aubert, y fonda une abbaye en l’honneur de l’archange saint Michel. « Le lieu qui porte, de nos jours, le nom de Mont-Saint-Michel était alors [au début du Moyen Age] appelé le Mont-Tombe, ce qui signifiait à la fois le « tombeau » et l’« élévation ». Cette butte a sans doute attiré des ermites, car des chrétiens, venus peut-être d’Irlande, s’étaient installés très tôt autour de la baie et près de Dol-de-Bretagne. » Avez-vous bien lu ? « Sans doute », « peut-être » : voilà la modestie d’un véritable historien ! Cet album réunit en effet deux signatures célèbres : celle de Lucien Bély, ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, professeur d’histoire moderne, et celle de Pierre Joubert (1910–2002), talentueux dessinateur. Ils vous invitent à une visite du Mont, haut lieu de prière et redoutable forteresse. Le Mont, c’est une immense page d’histoire. C’est une épopée, qui a supposé la foi et la vaillance des hommes. Le Mont, c’est une silhouette altière, une architecture exceptionnelle, qui a traversé les siècles et nous éblouit encore.

Dès 10 ans

Lucien Bély, Une histoire du Mont-Saint-Michel, illustrations de Pierre Joubert, Ouest France, 2017, 48 p., 9,90 € — Réédition de l’ouvrage paru en 1980, réédité en 1985.

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Artémis

Quel est le point commun entre Apollon, Chiron, Achille, Atalante et Asclépios ? Bien sûr, ce sont des dieux et des héros de la mythologie grecque, mais encore ? Ils sont tous proches d’Artémis, la déesse de la chasse mais aussi des naissances, et du passage de l’enfance à l’adolescence. En cent épisodes, comme le veut cette collection, Muriel Szac fait revivre ici « celle qui court aussi vite qu’une biche », ses compagnes et compagnons d’aventures. Elle nous rappelle ainsi que, dès l’Antiquité grecque, plusieurs déesses se partageaient la protection des jeunes filles et des femmes, leur proposant aussi des « modèles » très divers : d’Hestia, qui veille sur les foyers, à Athéna la sage guerrière, de Perséphone, déesse du printemps souriant, à Aphrodite dont la ceinture permit à Héra de duper Zeus lui-même, que de « féminités » ! Sans oublier Hélène, Atalante, Eurydice ou les Danaïdes… Les illustrations d’Olivia Sautreuil sont inspirées des techniques de la sérigraphie, avec des couleurs tranchées et des silhouettes parfois inquiétantes… Pour les plus jeunes, la présence d’un adulte est conseillée – qui saura expliquer (ou pas) certaines situations… scabreuses ou violentes, dans lesquelles dieux et déesses font assaut d’imagination.

Dès 6 ans pour une lecture adulte à voix haute – et sans limite d’âge

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Artémis, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations d’Olivia Sautreuil, Bayard Jeunesse, 2019, 288 p., 19,90 €. Imprimé en Italie.
Muriel Szac, Le feuilleton d’Ulysse, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations de Sébastien Thibault, Bayard Jeunesse, 2015, 280 p., 19,90 €
Muriel Szac, Le feuilleton de Thésée, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations de Rémi Saillard, Bayard Jeunesse, 2011, 280 p., 19,90 €
Muriel Szac, Le Feuilleton d’Hermès, la mythologie grecque en cent épisodes, Bayard Jeunesse, 2006, 256 p., 19, 90 €

Johann David Wyss et Peter Stamm, Le Robinson suisse

Une famille suisse – le père, la mère Katharina et leurs quatre fils (Fritz, Ernst, Jack et Franz) – s’échoue sur une île déserte ; ils en sont si sûrs qu’ils n’iront d’ailleurs jamais à la rencontre d’éventuels habitants. Seuls survivants d’un naufrage, ils parviennent à sauver un certain nombre d’animaux et d’objets de l’épave. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette, mais aussi domestiquer des animaux sauvages, cultiver des champs et construire toutes sortes d’outils, de bateaux et de cabanes. Ils vont aussi devoir affronter des animaux dangereux – boa, lion, tigre, ours… bref, une faune digne d’un parc zoologique ! Au fil des années, ils font de cette île sauvage un petit paradis. Repartiront-ils pour la Suisse quand un navire accostera ?
Johann David Wyss, un pasteur bernois, a imaginé cette « robinsonnade » pour ses quatre fils en 1812 avec des vues très didactiques : raison, sagesse, habileté, courage, travail sont des qualités essentielles à la survie.
Peter Stamm a remarquablement adapté (et raccourci) ce récit pour les jeunes lecteurs actuels : je vous défie de trouver les rares passages qu’il a ajoutés ! Les illustrations à la carte à gratter d’Hannes Binder enflammeront l’imagination du lecteur. Lequel n’aura de cesse de construire une cabane au fond du jardin !
Pour la petite histoire, les sous-titres de ce roman ont varié avec les éditions, ce qui donne Le Robinson suisse « ou l’histoire d’une famille suisse naufragée », ou « Journal d’un père de famille naufragé avec ses enfants »… voire « ou Le Prédicateur suisse naufragé et sa famille ». Tout un programme ! Pour lire un extrait, c’est ici.

Dès 12 ans

Johann David Wyss et Peter Stamm, Le Robinson suisse, illustrations de Hannes Binder, La Joie de Lire, coll. « Encrages », 2017, 256 p., 16,50 €. Traduit de l’allemand.

 

Philippe Nessmann, Mission Apollo 13

1969 – 2019, mission Apollo 11 — cela fait 50 ans que l’Américain Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune. En avril 1970, la mission Apollo 13 avait pour projet de poser à nouveau le LEM sur la Lune. Mais le sort en décide autrement…
« Soudain, le choc.
Le vaisseau tout entier vibra.
Swigert le sentit trembler sous lui.
Lovell, qui flottait dans l’air, vit les parois bouger et entendit comme le grondement sourd du tonnerre. […]
Sur le panneau central du tableau de bord, une lumière jaune se mit à clignoter.
Puis une alarme retentit. […]
— Je crois qu’on a eu un problème ici, s’écria Swigert à l’attention de Houston. »
Ce roman met à l’honneur les trois astronautes James Lovell, Fred Haise et Jack Swigert, qui vécurent l’incroyable odyssée de cette mission où rien ne se passa comme prévu – et qui aurait pu se terminer tragiquement. Nous avons beau savoir que les trois hommes s’en sont sortis, que de rebondissements ! Philippe Nessmann s’est inspiré du livre écrit par Lovell en 1994 et adapté au cinéma en 1995. Il rend accessibles aux jeunes lecteurs les sélections, les entraînements, les simulations, jusqu’au grand jour où le lanceur Saturne V fait rugir ses moteurs. 5… 4… 3… 2… 1 !

Dès 11 ans

Philippe Nessmann, Mission Apollo 13, Flammarion Jeunesse, 2019, 224 p., 6,20 € — réédition de l’ouvrage paru en 2009.