Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Adolescents

Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein, Qui suis-je ? Le déguisement dans l’art

Pourquoi se déguise-t-on ? Bien sûr, pour Carnaval, Halloween ou la fête de l’école, un costume est souvent la meilleure manière de faire la fête et de s’amuser. Mais quand un peintre représente le roi Henri IV déguisé en Mars, le roi de la Guerre ? Ou Louis XIV en Apollon, entouré d’une famille royale aussi glorieuse que les dieux de l’Olympe ? Que dire aussi de Roger Van der Weyden se représentant en « Saint Luc dessinant la Vierge », ou de Paul Gauguin en « Christ sur le mont des Oliviers » ? Plus ludiques, les moustaches dont Salvador Dalí affuble la Joconde – car on peut aussi « déguiser » des œuvres très, voire trop célèbres. Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein proposent ici une promenade artistique réjouissante et originale au cœur du travestissement. Et vous, dans quel costume aimeriez-vous passer à la postérité ?

Dès 10 ans

Laurence Paix-Rusterholtz et Christiane Lavaquerie-Klein, Qui suis-je ? Le déguisement dans l’art, Seuil Jeunesse, 2019, 72 p., 17 € — Imprimé en Slovénie.

Thibaud Dubois, Merveilleux Noëls de Provence

« Réveillez-vous, bergers tendez l’oreille,
Ouvrez les yeux : tout le ciel est en feu !
A la clarté du firmament qui brille ;
Le fils de Dieu est né cette nuit.
Jamais annonce plus belle n’aura plus beau matin. »
Ainsi chante le chœur invisible des anges au lever du rideau. Car cette Pastorale provençale est un véritable spectacle, ou plus exactement un « Mystère » traditionnel. Rédigée au XIXe siècle par Antoine Maurel (1815–1897), cette Pastorale se joue encore à la Noël, en français (comme ici), ou en provençal.
C’est le texte le plus important de ce recueil consacré aux plus beaux Noëls de Provence. On y retrouvera donc avec plaisir des textes de Frédéric Mistral et d’Alphonse Daudet, de moins célèbres et même de charmants poèmes anonymes, «  du temps que les pâtres chantaient ». Alors, pourquoi ne pas s’aider de ses merveilleux Noëls pour préparer un spectacle familial ou scolaire, à jouer devant la crèche ?

Dès 12 ans et pour toute la famille

Thibaud Dubois, Merveilleux Noëls de Provence, illustrations de Françoise Pichard, Via Romana, 2019, 270 p., 19 € — Imprimé en France

Kate Dicamillo, Louisiana

« Une malédiction planait au-dessus de ma tête, j’avais été arrachée à ma maison et à mes amies, j’étais coincée au bord d’une autoroute de Géorgie, et ma grand-mère réclamait un dentiste.
Comme j’étais complètement perdue, j’ai commencé par m’asseoir afin de faire le point sur les options qui s’offraient à nous. Puis j’ai réalisé qu’il n’y avait pas trente-six solutions : je me suis installée au volant, j’ai démarré et je me suis engagée sur l’autoroute. » D’une station-service au parfum de cambouis au cabinet d’un dentiste escroc, d’un motel minable à une église luthérienne dont le pasteur ressemble à un phoque, Louisiana, adolescente « à qui on ne la fait pas », tente de prendre en main son destin, malmené par la folie douce de sa grand-mère. Alors, quand elle apprend qu’elle n’est pas la fille de trapézistes volants et qu’elle n’a aucune raison d’endosser la malédiction qui frappe sa prétendue grand-mère, les choses vont se compliquer… Jusqu’à ce qu’un certain Burke Allen, fils de Burke Allen et petit-fils de Burke Allen, ne lui explique que la « constellation de Pinocchio » est en fait la Grande Ourse, et que l’étoile Polaire saura la guider « dans la plus sombre des nuits ». Un roman qui nous vient de l’Amérique profonde, celle où les enfants perdus se gavent de crackers au beurre de cacahuète et chantent avec des voix d’ange.

Dès 11 ans

Kate Dicamillo, Louisiana, Didier Jeunesse, 2019, 160 p., 13,90 € — Traduit de l’anglais (Etats-Unis).  Imprimé en France

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien

« Il a marmonné :
— Il aurait eu une vie formidable s’il était devenu ingénieur. Il serait resté mon fils.
— Pourquoi, il a cessé de l’être quand il a décidé de jouer du saxo ? »
Tel est le terrible dialogue qui oppose Jimi à son grand-père, un grand-père qu’il connaît à peine. Parce qu’un jour ce grand-père a dit à son fils : « Tu veux être musicien ? Très bien. Alors sois Mozart ou rien. » Une phrase qui a conduit le jeune musicien à rompre avec son père. Mais, cela, c’était dans le temps où ce père était jeune. Et aujourd’hui (dans le temps du roman), ce père est mort depuis déjà deux ans, bien trop tôt. Jimi ne sait pas s’il doit, comme le souhaite sa mère (un peu envahissante !), suivre tranquillement ses cours au collège ou faire fructifier son immense talent pour le dessin. Entre son ami Roméo et la jeune Lilas pour qui vibre son cœur, Jimi saura dépasser ce lourd héritage familial. Jusqu’à inviter « papy Sam » à fêter son succès à un prestigieux concours de manga. Sur fond de conflit entre générations, Sylvaine Jaoui signe un roman psychologique rempli de ces « petits faits vrais » qui aident les adolescents à se projeter dans la vie de ce jeune héros et à sortir « par le haut » des épreuves que leur réserve la vie.

Dès 11 ans

Sylvaine Jaoui, Picasso ou rien, Rageot, 2019, 190 p., 7,10 € — Réédition du roman paru en 2010 – Imprimé en France

Fanny Gordon, Le Bureau des Fantômes – Black Moor

« — Donc vous êtes des fantômes !? s’écria Tim avec une réaction d’effroi qu’il ne chercha pas à contrôler.
— Oh non, pas du tout, vous êtes, et nous sommes tous ici, des spectrus. Mais je ferai mieux de tout vous raconter. Vous êtes prêts ? »
Tim et Mo viennent juste de mourir. Si leur enveloppe corporelle est restée sur terre, leur énergie vitale, libérée, a pris « une forme nouvelle et légère : le spectrus. Mais au lieu de traverser le « pont d’ailleurs », ils ont été poussés par le « lac aux souvenirs » vers une île étrange qui abrite une non moins étrange organisation : le Bureau des Fantômes. Lequel a pour tâche d’aller convaincre les fantômes récalcitrants de lâcher le monde des vivants pour l’au-delà. Accompagnés de deux charmantes et espiègles « spectras », nos deux héros vont se retrouver au cœur d’une mission dangereuse. Car le terrible Mac’Allan, patron de la Ligue des Fantômes, a fait de son château de Black Moor une zone de non-droit… Mais attention, plus de chaînes grinçantes, plus de draps blancs flottant dans la brume, mais de la technologie de pointe ! Et beaucoup, beaucoup d’humour ! Voilà bien la chance de lire un roman écrit en français par deux grands noms de la littérature jeunesse, Pascale Perrier et Véronique Demamarre-Bellégo : il fourmille d’inventions verbales et de jeux de mots délirants et sème ici ou là, sans avoir l’air, quelques citations de Lamartine. La palme revenant à deux pastiches irrévérencieux : sur l’air de l’Internationale, se chante « C’est la ligue des fantômes / Groupons-nous et demain / Avec Mac’Allan / Hantons le genre humain ». Et personne n’ignore la mélodie qui accompagne « Ami, entends-tu le vol noir des fantômes sur nos plaines ? / Ami, entends-tu les rires sourds des fantômes qui s’déchaînent… ».
Dès le 16 octobre, allez voir le site www.lebureaudesfantomes.com. Un concours d’écriture permettra aux lauréats d’intégrer le deuxième volet du Bureau des Fantômes.

Dès 10 ans

Fanny Gordon, Le Bureau des Fantômes – Black Moor, Editions du Rocher, 2019, 180 p., 12,90 € — Imprimé en France

Typographie et tapisserie, itinéraire d’un artisan aux doigts d’or

Jean-Claude Ferrer a été typographe avant que d’être lissier. Pour lui,le travail de la main et celui du cerveau vont de pair. Il vous invite à une belle démonstration tous les dimanches après-midi, à Rueil-Malmaison. Vous repartirez même avec un petit souvenir ! Profitez-en pour visiter aussi le domaine et le château de la Malmaison et pour vous promener dans les parcs environnants.

Pour toute la famille

De 14 à 18 h, le dimanche. Maison Daubigny, 49 rue du Halage, 92350 Rueil Malmaison

Eric Senabre, La seizième clé

« Ici, nous ne sommes nulle part, je vous l’ai dit. Hemyock n’existe pas dans l’espace-temps que vous avez appris à connaître à travers vos livres. Hemyock est hors du temps et de l’espace. Hemyock s’est détaché de la réalité comme une météorite. » Et pourtant, cet immense manoir isolé offre une vie plutôt confortable au jeune Oswald, poète prodige qui fêtera bientôt ses seize ans. Seize ans, et en cadeau, une « seizième clé ». Quelle porte ouvrira-t-elle ? Et que découvrira-t-il derrière cette porte ? Alors qu’il se croyait le seul adolescent vivant à Hemyock, surgit un beau jour Zelah, une bien jolie jeune fille… Avec un seul but : fuir, fuir Hemyock ! Eric Senabre développe avec une belle virtuosité une intrigue à la fois scientifique et philosophique, entre anneaux de Moebius, relativité d’Einstein et effet papillon, sans oublier quelques savants fous à la Edgar P. Jacobs. Vertigineux !

Dès 12 ans

Eric Senabre, La seizième clé, Didier Jeunesse, 2019, 224 p., 15 € — Imprimé en France

David Moitet, Alice

« Pourcentage de la population sujet au somnambulisme : un à quatre pour cent.
Nombre d’élèves atteints à cet étage : cent pour cent moins Samantha O’Donnel.
Conclusion : il se passe un truc très étrange… »
Et Samantha, Sam pour ses amis, de suivre dans les dédales de la tour Alice ces zombies qui, le matin encore, étaient les meilleurs geeks de leur génération, fiers d’avoir intégré le prestigieux institut Alice. Si cette ado surdouée a osé passer le concours d’entrée, ce n’est pas tant pour coder des algorithmes complexes que pour retrouver Arnaud, son seul ami, dont elle n’a plus de nouvelles… La recherche de ce « truc très étrange » va la mener, avec Alex et Arnaud, des tours de la Défense aux Alpes Mancelles, sous le patronage singulier de Lewis Carroll. Sous la forme d’un polar, l’auteur mêle enquête « policière » et récit d’aventure tout en faisant réfléchir sur les dangers de l’intelligence artificielle. Des automates fabriqués par Héphaïstos au célèbre HAL 9000 de L’Odyssée de l’espace, en passant par Pinocchio et Frankenstein, il n’est pas toujours bon que les créatures échappent à leur maître… Car enfin, qui est exactement Alice, richissime et trop parfaite businesswoman ?

Dès 10 ans

David Moitet, Alice, Editions du Rocher, 2019, 164 p., 12,90 € — Imprimé en Bulgarie.

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques Lego

Les occasions de célébrer les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci ont été nombreuses, comme en témoigne ce livre. Adultes passionnés de Lego®, l’italien Francesco Frangioja et ses comparses se sont amusés à construire quelques-uns des plus célèbres engins du génial inventeur : bateau à aubes et bateau dragueur, marteau hydraulique, char d’assaut, machine volante… Une excellente façon de s’initier aux rouages, axes et pistons ! Les modèles de mosaïques permettant de « reproduire » la Joconde ou la Belle Ferronnière sont moins convaincants, mais à l’impossible nul n’est tenu.
A vos stocks de briques, de tenons, de plaques, d’équerres et de toutes des petites pièces magiques qui mettront votre imagination d’ingénieur au défi !

Dès 8 ans et sans limite d’âge

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques LEGO, NuiNui Jeunesse, 2019, 162 p., 18,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en Pologne

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale

«  — Service des détections, mon commandant, lui dit une voix féminine dans le combiné. Nous vous signalons qu’une flotte entière approche de Planète Morte ! Nous comptons déjà plus de deux cents vaisseaux.
— Par la corne du Gôndül, s’exclama Brînx Vobranx. Pouvez-vous… pouvez-vous les identifier ?
— Oui, commandant : ils arborent tous l’oiseau rouge du khan de Muspell. Et…
— Et ? »
C’est alors une lutte sans merci qui va s’engager pour la survie de l’empire. Aux premiers rangs, Xâvier le stratège, Mörgane la devineresse et leur ami Mârk.
Les trois tomes des Maîtres des Brisants sont ici réunis : Chien-de-la-lune, Le Secret des abîmes et Seigneurs de guerre. Quelques heures de lecture en vue dans une étonnante galaxie !

Dès 9 ans

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale, Gallimard, coll. Folio Junior, 2019, 656 p., 9,90 €

Peter Wohlleben, Le réseau secret de la nature

Loups et scolytes, saumons et grues cendrées, écureuils et nécrophores, fourmis et chevreuils, sans oublier les vers de terre et les pucerons… que de secrets nous cachent-ils donc, petits et grands, sous le couvert de nos forêts ? Quels liens complexes, et souvent étonnants, unissent animaux, plantes, forêts et rivières ? Et quand l’homme s’en mêle, fût-il inspiré des meilleures intentions possibles, ce n’est pas toujours dans le « bon sens », celui qui permettrait à la nature de vivre selon ses propres règles et de maintenir un équilibre précaire mais, ô combien !, nécessaire. Peter Wohlleben, en tant qu’ingénieur forestier, a longtemps veillé sur les forêts allemandes de l’Eifel avant de connaître un succès mondial avec La Vie secrète des arbres et La Vie secrète des animaux. Ses théories « iconoclastes » tentent de modifier le regard utilitariste, à court terme, porté sur les forêts et ont ouvert la voie à une autre façon de gérer ce patrimoine : chênes, hêtres, épicéas, bouleaux, vous ne les verrez plus de la même façon après avoir écouté ce conteur hors-pair, servi par une traduction pleine d’humour.

Adolescents, adultes

Peter Wohlleben, Le réseau secret de la nature, Les Arènes, 2019, 256 p., 20,90 € — Traduit de l’allemand par Lise Deschamps. Imprimé en France