Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Une bibliothèque enfantine idéale

A partir de 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin

« Une fois dehors, Arthur courut jusqu’à la forêt. Il s’engouffra dans la végétation et disparut. Qu’allait-il donc faire, seul au milieu des bois avant le lever du jour ? Il s’entraînait à devenir un grand chevalier. » Car, « le jour de ses sept ans, Arthur s’était fait une promesse : il accomplirait  de grands faits et gestes. Et même si ses origines étaient modestes, les troubadours célèbreraient son nom et ses exploits ». Promesse tenue !
Après avoir conté l’enfance d’Arthur et les divers prodiges et exploits qui accompagnent son adolescence, Sophie Lamoureux nous fait assister au couronnement du roi et à la rencontre avec Guenièvre. Merlin n’est jamais loin, les fées non plus… L’auteur a compilé les textes les plus célèbres, dont l’anonyme et charmant Chevalier au Papegau.
Ces 50 épisodes se lisent avec facilité, éventuellement à haute voix ; ils sont illustrés pleine page par Olivier Charpentier, qui, tout en reprenant les grands thèmes des enluminures médiévales, les teinte de juste assez d’horreur pour faire frémir à la vue des monstres et des géants.
Au vu des complications matrimoniales et extra‐matrimoniales de ces légendes, il semble délicat d’en conseiller la lecture avant 12 ans.

Dès 12 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 1 : Arthur et Merlin, illustrations d’Olivier Charpentier, Actes Sud Junior, 2016, 208 p., 16,50 € — Imprimé en France
Du même auteur, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs

« Ce matin du lundi 2 décembre 1805, non loin du petit village d’Austerlitz, l’empereur Napoléon Ier se tient immobile sur son cheval blanc, vêtu de son uniforme préféré de colonel‐chasseur et de son célèbre chapeau bicorne.
Il observe l’épais brouillard qui a envahi les terres glacées du plateau de Pratzen, où l’ennemi a pris position.
Tandis que le brouillard se dissipe, d’un geste vif de sa main gantée, il donne l’ordre à ses maréchaux d’engager le combat. C’est alors qu’un soleil rouge‐sang vient illuminer le ciel.
Ainsi débute la bataille d’Austerlitz, celle des «  Trois empereurs », qui oppose Napoléon Ier à François II d’Autriche et Alexandre Ier de Russie. »
Dans ce documentaire illustré, Laurent Bègue fait revivre, heure par heure, cette célèbre bataille, considérée comme le chef-d’œuvre tactique et la plus belle victoire de l’empereur : une manière intelligente de faire découvrir le génie militaire de fin stratège.

Dès 12 ans

Laurent Bègue, Napoléon à Austerlitz, La bataille des trois empereurs, illustrations de Sandrine Rotil‐Tiefenbach, Editions Belize, 2019, 32 p., 9,50 € — Imprimé en France

Emilie Vast, Plantes vagabondes

Vagabondes, les plantes ? Mais oui ! Que de stratégies pour aller voir plus loin si la terre est plus grasse ! Il y a celles dont les graines s’envolent, comme le pissenlit ou le séneçon. Celles qui rampent, comme le fraisier qui lance ses stolons. Celles dont les fruits tombent, tournoient et rebondissent, comme les marrons ou les ailes légères des samares de l’érable. Celles dont les fruits s’agrippent comme du Velcro. Il y a aussi celles qui se laissent manger… parce que leurs graines seront disséminées « après un petit voyage dans l’appareil digestif d’un oiseau ». Il y a même des graines qui sautent d’une capsule, comme celles de la violette. Les chélidoines préfèrent être plantées par les fourmis. Quant au nénuphar, il laisse voguer des fruits‐bouées au fil de l’eau. Le muguet, lui, a choisi de voyager sous terre, en allongeant ses rhizomes. D’autres plantes seront cultivées par les hommes, qui leur font parcourir le monde – ce qui n’est pas toujours très malin. Entre album documentaire et livre d’art, Plantes Vagabondes d’Emilie Vast met en scène plantes et animaux stylisés mais cependant fidèles à la réalité. Du grand art.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux de la nature

Emilie Vast, Plantes vagabondes, Editions MeMo, 2018, 64 p., 18 € — Imprimé en Europe.
Du même auteur, à retrouver sur le blog :
Moi, j’ai peur du loup, MeMo, 2018, 52 p., 13 €
Abeille et Épeire, MeMo, 2017, 32 p., 13 €
Le secret, Editions MeMo, 2015, 24 p., 12 €
Couac, d’après le spectacle d’Angélique Friant, MeMo, 2015, 32 p., 13 €
Le Chant de Colombine, MeMo, 2014, 40 p., 14 €

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons

« Ce matin, je me suis envolé, ailes déployées, pour la côte sud‐est de l’Angleterre. Malgré ma tristesse de quitter ma chère Elsa et mes amis, j’avais hâte d’entamer mon voyage. Et quoi de plus beau pour commencer que la cathédrale de Canterbury ?
Tout l’intérêt d’une cathédrale, vois‐tu, est de faire en sorte que les visiteurs soient émerveillés par la gloire des cieux, et effrayés par les horreurs de l’enfer. […]
J’ai aperçu de loin les hautes flèches ornementées de l’imposante cathédrale. En m’approchant au‐dessus de la ville, profitant d’une brise aux senteurs marines, alors que le soleil se réfléchissait sur les immenses vitraux, un frisson d’impatience m’a traversé. » Basile Plumagile est un pigeon voyageur qui, s’il est fort bavard, est aussi féru d’architecture. Voir les plus célèbres monuments « à vol d’oiseau », n’en avons‐nous pas tous rêvé ? De la tour Eiffel au palais des Doges, du viaduc de Millau à l’opéra de Sydney, de Big Ben à la tour de Pise, Basile Plumagile a visité plus de 40 monuments des plus célèbres. Son ton vif, son humour et sa science font bon ménage pour une initiation intelligente à l’architecture, servie par les superbes dessins et collages de Natsko Seki.

Dès 7 ans

Basile Plumagile, L’architecture vue par les pigeons, illustrations de Natsko Seki, Phaidon, 2013, 63 p., 19,95 € — Traduit de l’anglais.

Gwenaële Barussaud, Les Demoiselles de l’Empire, t. 1 : Héloïse, pensionnaire à la Légion d’honneur

Ce premier tome de la saga des Demoiselles de l’Empire vient se sortir en livre de poche. Une belle occasion de republier ma chronique !
Février 1811. En ce jour d’hiver, la jeune Héloïse Boisseau, 15 ans, franchit la porte de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, fondée en 1805 par Napoléon. Curieuse date pour entrer à l’école ? A la Maison impériale de Saint‐Denis, les jeunes élèves entrent et partent alors au gré de leurs familles. Très intimidée, notre Héloïse, et on le serait à moins ! Mais aussi curieuse de l’enseignement qu’elle va y recevoir et des compagnes qu’elle va y rencontrer. Un peu de littérature, de géographie, de musique, autant de catéchisme et beaucoup (trop) de travaux d’aiguille : tel est le programme pour ces jeunes filles en robe blanche, puis en uniforme noir sanglé de la fameuse ceinture – Héloïse est très fière d’entrer directement en classe « nacarat ». Les sorties sont rares, mais prestigieuses : baptême du Roi de Rome, bal à Saint‐Cloud… Un roman historique bourré de références à la vie quotidienne d’une jeune fille sous l’Empire et la Restauration, émaillé d’anecdotes très crédibles sur la vie de l’école – avec, en filigrane, peut‐être quelques souvenirs de l’auteur, ancienne élève de cette prestigieuse institution.

Dès 10 ans

Gwenaële Barussaud, Les Demoiselles de l’Empire, t. 1 : Héloïse, pensionnaire à la Légion d’honneur, Mame, 2013, 221 p., 13,90 € — Le Livre de poche, 2019, 240 p., 6,90 €

Pauline de Vençay, Royalement vôtre

« Enfin seul, Emile tira le pli de sa poche. D’un geste vif, il le décacheta. Les mots s’étalaient, brefs mais tranchants. Menaçants et troublants. “Même maître d’hôtel, un fils de traître mérite la mort et il l’aura. Tu ne m’échappera pas, Charles‐Auguste !” Aucune signature. Emile trembla, relisant à mi‐voix ces quelques mots. » Le jeune Emile, 23 ans, a été embauché peu de temps auparavant par madame de Brétigues. Nous sommes au printemps 1815, le marquis – ennemi juré de Napoléon —  et sa famille ont en effet quitté Paris pour s’abriter dans leur logis vendéen. Mais sont‐ils vraiment à l’abri ? Derrière les apparences mondaines ou dans les communs, se cachent de curieux personnages… Jusqu’où iront leurs doubles jeux, qui les manipulent ? Qui, surtout, a intérêt à faire disparaître le jeune Emile ? Henriette de Brétigues, 17 ans, et ses frères jumeaux Edouard et Côme, se lancent bientôt à sa recherche. Mais personne ne sait encore que l’Empire va sombrer à Waterloo… Sur un thème original, Pauline de Vençay signe ici un roman historique plein d’allant, où l’on se surprend à chevaucher dans le bocage, à suivre de fausses pistes, à partager les inquiétudes des jeunes héros, avant que ne gagnent le courage et les beaux sentiments.

Dès 12 ans

Pauline de Vençay, Royalement vôtre, Pierre Téqui éditeur, coll. « Défi », 2019, 196 p., 13,50 €

William Grill, Le dernier roi des loups

Ou « l’histoire vraie de Lobo le loup et d’Ernest Seton le chasseur ». « Le vieux Lobo ou, comme disaient les Indiens, le Roi, était le chef d’une fameuse meute de loups gris. Depuis plus de cinq ans, il faisait régner la terreur dans la vallée de Currumpaw. […] Le vieux Lobo était un géant parmi les loups. Il commandait une meute alerte et affutée, dont chaque membre avait sa propre renommée. » Nous sommes en 1893, sur les terres du Nouveau‐Mexique. Des terres encore sauvages, mais pas pour longtemps.
Ernest Thompson Seton (1860–1946), jeune naturaliste doublé d’un redoutable chasseur de loups, débarque à Clayton, bien décidé à aider les fermiers à se débarrasser de Lobo. Le duel s’engage, entre le chasseur et ce loup à la redoutable intelligence. À la frontière de ces deux mondes, ce duel changera à jamais la vie du jeune homme… Une histoire vraie, remarquablement illustrée par William Grill lui‐même, à qui nous devons Le Voyage extraordinaire de Shackleton.
Après sa rencontre avec Lobo le loup, Ernest Thompson Seton devient un auteur et artiste animalier reconnu. Il a aussi fondé les Boy Scouts of America avec Baden Powell et ses récits ont marqué Tolstoï et Kipling. Cet album est édité en partenariat avec l’association Ferus, qui milite pour la protection de l’ours, du loup et du lynx en France.

Dès 8 ans

William Grill, Le dernier roi des loups, Sarbacane, 2019, 88 p., 19,50 € -Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie.

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad

« — Où est Arthur, le roi qui fait les chevaliers ? les interrogea le jeune homme.
A cette question, les visages s’égayèrent.
— Veux‐tu donc être fait chevalier, le Gallois ? lui demanda un des seigneurs présents.
— Oui, et le plus vite possible ! Car je dois reprendre la quête du sire Lancelot !
A ces mots, les convives éclatèrent de rire. Le jeune homme prit leurs moqueries pour de la joie et les remercia pour leur bel accueil. »
Ce Gallois si naïf, vous l’avez reconnu, c’est Perceval, ardent, courageux et assez fou‐fou aussi pour braver les plus grands dangers – avant même de savoir son nom, si secrète a été son enfance.
Quand il rencontre Galaad, le fils de Lancelot du Lac, les deux garçons vont se lancer dans la plus périlleuse des aventures : la quête du Graal, ce vase qui, dit‐on, recueillit le sang du Christ sur la croix.
De château en forêt, ce récit haletant concocté par Sophie Lamoureux emmène le lecteur dans l’univers mythique des chevaliers de la Table ronde. L’auteur présente cette épopée en 50 épisodes, assez courts pour être lus par les jeunes lecteurs, ou bien à haute voix par les adultes. Les illustrations pleine page d’Anne-Lise Boutin, très oniriques, rythment les chapitres de leurs à‐plats de couleurs vives.
Les deux premiers tomes ont pour figures centrales Arthur et Merlin, puis Lancelot et Genièvre – Madame la Chouette ne les a pas (encore) lus.

Dès 9 ans

Sophie Lamoureux, La Grande Epopée des chevaliers de la Table ronde, tome 3 : Perceval et Galaad, illustrations d’Anne-Lise Boutin, Actes Sud Junior, 2018, 216 p., 17,50 € — Imprimé en France

Frédéric Clément, Camouflages

Quels sont les points communs entre un harfang des neiges, une pieuvre, un gecko satanique à queue de feuille, et une baudroie ? Bien sûr, ils appartiennent tous au règne animal. Mais encore ? Ce sont, chacun dans son écosystème, les champions du camouflage. Que ce soit sur le blanc de la neige ou le vert éclatant des forêts malgaches, au fond des mers ou sur un fond de vase – difficile de les repérer, que vous soyez un scientifique bienveillant ou une proie à dévorer. Après Métamorphoses (2015) et Parades (2016), ce nouvel album réjouira les passionnés de nature, tant par la beauté des illustrations que par les textes, aussi drôles que bien informés.

Dès 9 ans

Frédéric Clément, Camouflages, Seuil Jeunesse, 2018, 40 p., 15,50 € — Imprimé au Portugal

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Gulliver – Lemuel de son prénom – est, l’a-t-on oublié ? – chirurgien de marine. Jusqu’au jour où son navire fait naufrage. Le voilà recueilli par les Lilliputiens, peuple minuscule mais néanmoins belliqueux. Un des motifs de leur guerre contre l’Empire de Blefuscu ? « Une très vieille querelle autour de la façon de casser les œufs à la coque » : par le gros bout, comme les Gros‐Boutistes, ou par le petit bout, comme le défendent les Petits‐Boutistes ? Après ce voyage à Lilliput, Gulliver se retrouve à Broddingnag, quelque part entre l’Amérique et le Japon, puis à « Laputa, Balnibarbi et autres contrées », avant de se retrouver chez les Houyhnhnms, ces chevaux aussi beaux qu’intelligents. Ce roman d’aventures du XVIIIe siècle, où la science‐fiction et le fantastique permettent de se moquer de nos travers, a été adapté ici pour de jeunes lecteurs sans perdre de sa vivacité ni de son style inimitable.

Dès 9 ans

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver, adaptation de Claude Carré, illustrations de Kaa, Auzou, coll. « Recueils universels », 2017, 104 p., 17,50 €

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin

Arjuna Banerjee, le « détective des rêves » et son fidèle assistant Watson – pardon, Christopher Carandini, le narrateur, sont invités à résoudre une nouvelle affaire, et non des moindres. Dans la maison de cure de Dowland House, au fin fond de la vieille Angleterre, quatre patients sont plongés dans un sommeil agité, dont rien ne parvient à les réveiller. Même pas les cauchemars terribles qui les agitent… Car une créature, « une espèce de chose noiraude et aux oreilles pointues, rabougrie et trapue, comme une espèce de diable en miniature », rode dans Dowland House. Une créature qui a attaqué les clients de ce qui n’est peut‐être pas seulement une maison de cure. Alors quand Banerjee se plonge dans cet état second où, grâce à ses rêves, il dénoue les intrigues, le lecteur est en droit de se demander s’il se réveillera… Un polar « surnaturel » plein d’humour, mais aussi historique quand Eric Senabre évoque la guerre de l’opium et la révolte des Boxers qui ont agité la Chine, entre 1899 et 1901. Et philosophique, car la créature (chut, je ne devrais pas vous le dire) en est la triste victime.

Dès 12 ans

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin, Didier Jeunesse, coll. « Fiction », 2018, 288 p., 15,90 €. Imprimé en France.

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours

« Le roi des ours, Léonce, était allé ramasser des champignons avec son jeune fils Tonin, deux chasseurs avaient enlevé l’enfant. Le père s’étant éloigné un instant le long d’un à‐pic, ils avaient surpris l’ourson seul et sans défense, l’avaient ligoté comme un vulgaire paquet et fait descendre, le long des précipices, jusqu’au fin fond de la vallée. » Bien penaud, Léonce n’ose pas dire que son fils lui a été volé et raconte qu’il est mort, ce qui lui laisse mauvaise conscience… Jusqu’au jour où il se décide à aller voir ce qui se passe chez les hommes. Et là, nous allons voir ce que nous allons voir ! Magicien, Troll, Croquemitaine, grand duc de Sicile lui‐même, châteaux hantés, sangliers, pas le temps de s’ennuyer ! Cette nouvelle édition du célèbre roman (1945) reprend les dessins de l’auteur lui‐même, en noir et blanc ou en couleurs, sous une couverture cartonnée et même dorée. L’occasion d’un beau cadeau, et d’une entrée en fanfare dans ce que la littérature classique peut avoir de réjouissant.

Dès 10 ans

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours, illustrations de l’auteur, Gallimard Jeunesse, coll. « Albums junior », 2018, 144 p., 17,50 € — disponible aussi en poche, Folio Junior, 5,80 €  — Traduit de l’italien par Hélène Pasquier