Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

A partir de 12 ans

Marc Pouyet, Land Art d’hiver

Ephémères, la glace, la neige et l’eau ? En hiver, le froid se fait notre complice pour créer des œuvres avec ce que la nature nous offre : feuilles mortes et baies rouges prises sous un voile de glace, tiges de fougères, galets, écume de mer… Dans la forêt, mousses, écorces, feuilles, pommes sauvages permettent de créer de véritables tableaux sur fond de neige. Au potager comme en ville, fruits et légumes sont aussi les meilleurs alliés de l’imagination et… de la géométrie – car l’une des grandes constantes du Land Art réside dans la mise en ordre esthétique d’objets et de formes sauvages. Marc Pouyet livre ici conseils et astuces pour se lancer dans ces jeux graphiques. Avant de laisser le vent effacer ces créations toutes de fantaisie et de légèreté, n’oubliez pas de les prendre en photos. Celles de Marc Pouyet invitent vraiment à de belles promenades !

Dès 4 ans et pour toute la famille

Marc Pouyet, Land Art d’hiver, Editions Plume de Carotte, 2014, 144 p., 16,50 € — Imprimé en France.

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !

« Calao à casque plat ! Piprite chaperonné ! Pione givrée ! », en voilà des injures inconnues du capitaine Haddock. Et pour cause, ce sont des noms d’oiseaux ! Quant à « Mon serin d’Abyssinie !, Ma frégate superbe !, Ma Pénélope siffleuse ! », ce ne sont pas des mots doux sortis de l’imagination d’un amoureux, ce sont aussi des… noms d’oiseaux. « Faire le portrait d’un oiseau » : Isabelle Simler a pris Prévert au mot, elle a ouvert et la cage et les yeux pour nous régaler de dessins naturalistes d’une rare poésie. Et parce que les oiseaux aiment avoir la tête en bas, le livre a deux entrées, une sur chaque couverture.

Dès 6 ans et pour tous les amoureux des oiseaux

Isabelle Simler, Noms d’oiseaux !, Editions Courtes et Longues, 2018, 142 p., 23 €

E. T. A. Hoffmann, Casse‐Noisette

« Il faut que tu penses de toutes tes forces à ton dernier Noël, tout entouré d’une multitude de cadeaux. Alors peut‐être seulement seras‐tu capable de te représenter la scène : les enfants, debout en silence, les yeux brillants d’excitation, et Marie qui, au bout d’un moment, pousse un soupir et s’exclame :
— Oh ! que c’est beau ! Oh ! que c’est beau ! »
Splendides cadeaux, immense arbre de Noël décoré de sucreries et de bougies, pas de doute, Marie et Fritz sont nés avec une cuiller d’argent en bouche. Mais ne boudons pas notre plaisir et émerveillons‐nous avec eux. Parmi les cadeaux, un de ces pantins de bois à la mâchoire casse‐noisette. Et quand, à minuit, les jouets s’animent et qu’arrivent les armées du Roi des Rats, le conte nous entraîne dans une nouvelle féerie. Roberto Innocenti n’a pas son pareil pour rendre l’atmosphère des contes ; cela fourmille de détails, les angles de vue sont parfois spectaculaires, avec un mélange de réalisme et d’imaginaire, d’humour et de tendresse qui font la magie de Noël.

Dès 10 ans

E. T. A. Hoffmann, Casse‐Noisette, illustrations de Roberto Innocenti, Gallimard Jeunesse, 2018, 144 p., 30 €. Traduit de l’allemand depuis l’anglais semble‐t‐il. Première édition en 1985. Imprimé en Italie.

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi

Parcourir la forêt de Brocéliande, camper sous ses grands arbres, visiter ses sites emblématiques, quoi de mieux pour des scouts ? Mais quand la patrouille des Loups apprend que l’épée du roi Arthur, la célèbre Excalibur, existe bel et bien, l’aventure du « grand jeu » devient une quête parsemée d’embûches… Il s’agira tout bonnement de la retrouver, cette épée, avant que la Guilde du chevalier noir ne mette la main dessus. Edouard, son ami Ange et Titouan font la connaissance d’Yvain, jeune garçon employé au château où résident les guides, Clémence et ses compagnes. Ami ? Ennemi ? De roman d’aventure, La Promesse du roi tourne vite au roman fantastique : car Brocéliande est un monde magique, avec ses étangs, ses pierres levées, ses cavernes… Après « Le Secret des murmureurs », Loïc Le Borgne signe un nouvel épisode des aventures de la patrouille des Loups : sera‐t‐elle à la hauteur du noble idéal qui animait les chevaliers de la Table Ronde ? Et cet idéal, aujourd’hui, comment le vivre au quotidien ?

Dès 12 ans

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi, Mame, 2018, 224 p., 14,90 €

Marion Kadi et Abram Kaplan, Newton et la confrérie des astronomes

Ce beau matin de 1682, Isaac Newton s’émerveille : son voisin a sept chats ! « Un chat rouge, un chat orange, un autre jaune, un vert, un bleu, un indigo et un violet. » Ou bien, n’en a‐t‐il qu’un, couleur de chat ? Car notre savant a chaussé de curieuses lunettes, faites de « prismes en verre à cinq faces », lesquels décomposent la lumière blanche. Passionné d’optique, Newton a aussi construit une longue‐vue, dont la perte va déclencher une série d’aventures et de rencontres plus loufoques les unes que les autres : on y croisera quelques pingouins mais surtout la « confrérie des astronomes », à laquelle appartiennent Ptolémée (curieusement féminisé), Copernic, Galilée, Kepler, Descartes, Leibnitz et Halley. Le temps d’un voyage spatial, à la découverte des grandes théories de la science moderne.

Dès 10 ans

Marion Kadi et Abram Kaplan, Newton et la confrérie des astronomes, illustrations de Tatiana Boyko, Les Petits Platons, 2018, 64 p., 14 € — Imprimé en Europe

Les Petits Platons, c’est aussi une librairie qui organise des ateliers philo pour les enfants et les adolescents.

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche

« Dans la douceur de cette enfance, un désir profond bat des ailes comme un oiseau en cage : Jean‐Louis voudrait partir. Quitter son village, sa famille, ses amis. Partir ailleurs. Si possible vers un pays lointain et bien pourvu en montagnes. Dans sa chambre, il a accroché au mur une carte du massif du Mont‐Blanc. Il apprend par cœur les noms des sommets et ceux des glaciers, l’emplacement des refuges. » Et il en fera, des kilomètres, Jean‐Louis Etienne ! De Vielmur‐sur‐Agout, dans le Tarn, au pôle Nord, de Toulouse à Chamonix, de l’Everest au pôle Sud, le minot est devenu ajusteur, puis médecin et explorateur ; aujourd’hui, « Papy » se fait le défenseur des si fragiles richesses de notre belle Terre. Et on a peine à croire qu’il a passé 70 ans, ce héros de nos jeunes années, toujours aussi fringant et déterminé. Marc N’Guessan, venu de la bande dessinée, a usé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel pour conduire le jeune lecteur tout autour du monde. Parce que « l’Aventure, c’est inventer sa vie. Que l’Aventure, c’est s’ouvrir au monde, prendre des risques, assumer ses responsabilités. Et qu’il y a un secret pour être heureux : il faut s’accrocher pour faire ce qu’on aime. Tout ce qu’on aime. Et, même si le chemin est difficile, aller au bout de ses rêves, » conclut Jean‐Louis Etienne.

Dès 10 ans

Jean‐Louis Etienne et Florence Thinard, L’enfant qui marche, illustrations de Marc N’Guessan, Plume de Carotte, 2018, 115 p., 18 €  — Imprimé en France

Anne‐Marie Pol, Le Baladin de la Reine

21 janvier 1793. « Jusqu’au bout, irai ! » se répète Sébastien, 17 ans et aussi roux que l’écureuil, l’esquirol dont il tire son surnom. « Jusqu’au bout, irai ! » C’est la devise de sa famille, les Rocadour. Et jusqu’au bout, Sébastien ira. Autrement dit, jusqu’au but ! Le sien ? Délivrer le Roi des bourreaux qui, aujourd’hui, le conduisent à la guillotine. Ceux‐ci ignorent que deux mille conjurés ont décidé de lui sauver la vie – parmi eux, il y a le jeune Rocadour… » Las, le premier complot est un échec, comme le sera le second, qui aurait permis à la Reine d’échapper, elle aussi, à ses bourreaux… Ce roman historique fait revivre avec finesse les terribles mois de 1793, et brosse une vie parisienne des plus agitées. D’autant plus agitée pour notre Sébastien, qu’il rencontre Saphire, une bien jolie saltimbanque, qui a plus d’un tour dans sa poche.

Dès 10 ans

Anne‐Marie Pol, Le Baladin de la Reine, Le destin de l’Esquirol, tome 1, Mame, 2018, 254 p., 14,90 € — Imprimé en Italie.

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint‐Arthur, Vive la culture !

Chaque élève de la classe de Brune, la narratrice de cette série, doit préparer un exposé sur un roi de France. Pour Brune, ce sera François Ier… Pour le 7e tome de ses aventures, la famille Saint‐Arthur part donc explorer les châteaux de la Loire : Chambord, Amboise, Chenonceau, Tours n’auront plus de secrets pour personne. Le circuit sera agrémenté de quelques interventions originales de Papy, ravi d’organiser à distance jeux de piste et blagues en tout genre. Et, pour finir en beauté, la famille aura droit à un survol de la Loire en montgolfière ! Des aventures toujours aussi rocambolesques, racontées tambour battant par Paul Beaupère, grand inventeur de gags et de jeux de mots.

De 9 à 12 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint‐Arthur — Vive la culture !, Mame, 2018, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Sophie Roubertie, Apprendre à voir

Bébé au berceau, Enfant Jésus dans la crèche, petits paysans ou infante royale… Leurs minois ont inspiré, pour notre grand bonheur, Berthe Morisot, Sandro Botticelli, Jean‐François Millet ou Diego Velasquez. Mais au‐delà des nez retroussés, des bras potelés et des cheveux bien coiffés, que nous disent‐ils, ces tableaux si célèbres ? De l’Antiquité au XXe siècle, tableaux, sculptures et tapisseries invitent les enfants à prendre le temps de regarder et de s’émerveiller. Sophie Roubertie a choisi un fil conducteur, de la petite enfance à la vieillesse, pour une découverte de « la vie dans l’Art ». Pour elle, l’art est un des plus beaux chemins vers une éducation affective de qualité. Mieux encore, un antidote efficace contre les horreurs et la médiocrité ambiante proférées dans ce domaine.
Toutes les chroniques de ce livre ont été publiées dans la rubrique culturelle d’Actuailes, magazine numérique d’actualité, bimensuel et gratuit, destiné aux 10–15 ans.

Dès 10 ans

Sophie Roubertie, Apprendre à voir, Pierre Téqui éditeur, 2018, 88 p., 19,90 € — Imprimé en Europe

Rudyard Kipling, Le Phoque blanc

« Kotick, le baby de Matkah, naquit […] tout en tête et en épaules, avec de pâles yeux bleus couleur d’eau, comme sont les tout petits phoques ; mais il y avait quelque chose dans la teinte de son pelage qui le fit examiner de très près par sa mère :
— Sea Catch, dit‐elle enfin, notre baby va être blanc !
— Coquilles vides et goémon sec ! éternua Catch, il n’y a jamais eu au monde rien qui ressemblât à un phoque blanc. »
Le jeune Kotick, héros du récit, découvre un jour que les hommes abattent ses congénères par centaines, par milliers. Un long, très long voyage initiatique va lui permettre de trouver une île « où les hommes ne viennent jamais ». Reste à convaincre les autres phoques que cette île n’est pas née de son imagination, qu’elle existe vraiment, et qu’il est possible d’y couler des jours heureux… Le Phoque blanc, ce conte né dans la mer de Behring, fait partie du Livre de la Jungle – qui est loin de se réduire à la seule histoire de Mowgli. Les éditions Magellan ont eu la riche idée de republier la version originale de cette nouvelle, illustrée des somptueux bois gravés de Maurice de Becque, dans la traduction historique de Louis Fabulet et Robert d’Humières. Cet album fera un cadeau apprécié, car il est de plus relié d’une belle couverture cartonnée.

Dès 10 ans

Rudyard Kipling, Le Phoque blanc, illustrations de Maurice de Becque, Magellan et Cie, coll. « Les P’tits Magellan », 2018, 48 p., 15 €. Première traduction originale par Louis Fabulet et Robert d’Humières. Imprimé en France.

Jules Verne, Le Comte de Chanteleine

« Le comte de Chanteleine, toujours au premier rang, fut pendant dix mois de toutes les victoires comme de toutes les défaites, vainqueur à Fontenay, à Thouars, à Saumur, à Bressuire, vaincu au siège de Nantes, où mourut le généralissime Cathelineau. » Quand nous faisons plus ample connaissance avec ce héros des guerres de Vendée, le 22 décembre 1793, il se bat devant Savenay, avant de prendre la tête d’une foule hétéroclite qui cherche son salut sur la route de Guérande. Que reste‐t‐il donc de cette « grande armée catholique et royale » ? Pourchassé par les Bleus, le comte de Chanteleine apprend la perte de sa femme, la saisie de son château et part à la recherche de sa fille chérie.
Jules Verne brosse ici un roman épique, épique par l’Histoire de ces glorieux vaincus, et épique par l’enchaînement des marches, contremarches, cavalcades, expéditions, tempêtes, vécues par ses personnages, dans une Bretagne à laquelle il était profondément attaché. Un roman de Jules Verne inattendu qui, paru en 1864, juste après Cinq semaines en ballon, n’avait pas été publié par Hetzel, républicain convaincu.

Dès 12 ans

Jules Verne, Le Comte de Chanteleine, Magellan & Cie, 2018, 160 p., 12 €. Avec un avant‐propos de Michel Canévet. Imprimé en France

Delphine Gosset, Sur la route de Nosy Komba

« Seul Pierre ne dormait pas. Assis bien droit, les bras grands ouverts, il prenait nonchalamment le soleil, indifférent aux températures glaciales. Il se contenta de tourner brièvement la tête vers la jeune fille à son arrivée, avant de plisser les yeux, somnolent. » Pierre serait‐il un ado comme les autres ? Non, c’est un lémurien en captivité, observé par Elizabeth, une lycéenne qui se passionne pour les primates. Un changement de direction entraîne le licenciement de son gardien préféré et la disparition de certains animaux. La jeune fille décide d’intervenir dans les affaires du zoo sans savoir que son aventure la mènera jusqu’à Madagascar, où elle parviendra à résoudre une terrible énigme, celle de la disparition de son père, un éthologue reconnu.
Delphine Gosset, qui a mené des recherches sur la communication chez les primates, a su conjuguer science et fiction, dans un roman d’aventures rondement mené. Les retours en arrière, dans la vie du père de la jeune fille, construisent un bel enchaînement de surprises. Deux personnages caricaturaux apportent, l’une, une touche d’humour, avec cette tante assez foldingue, l’autre, une touche plus noire, avec cette nouvelle directrice aux ambitions prédatrices. Aux côtés d’Elizabeth, un sympathique soigneur et un jeune Malgache riches d’une empathie vécue au quotidien. Les illustrations de Mélanie Rebolj sont pleines d’humour : on y voit même Konrad, le corbeau des tours d’Elizabeth, déchirer le coin d’une page ! Car la jeune fille a aussi un corbeau apprivoisé, ainsi baptisé en l’honneur de Konrad Lorenz.

Dès 10 ans, adolescents

Delphine Gosset, Sur la route de Nosy Komba, illustrations de Mélanie Rebolj, Lucca Editions, 218, 282 p., 14 €