Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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A partir de 10 ans

Kate Read, Un renard, un livre à compter haletant

« Un renard affamé. Deux yeux rusés. Trois poules dodues. Quatre pattes de velours. » Voilà qui promet du suspens ! D’un côté, la ruse, de l’autre… la cohésion ! Car non contente de nous apprendre à compter jusqu’à dix, cette aventure se termine par cent ! Cent poules, imaginez-vous ! Kate Read use d’une palette éclatante de couleurs, et mêle joyeusement collages, peinture et impressions diverses pour faire virevolter renard et poulettes.

Dès 3 ans

Kate Read, Un renard, un livre à compter haletant, Kaléidoscope, 2019, 36 p., 13 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine.

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas

La petite Jeanne, éprise de musique, dessine des claviers de piano comme d’autres des marelles, et elle danse, elle danse… Comme elle danse le jour où, enfin, sa mère, simple blanchisseuse, la présente au concours des petits rats de l’Opéra. «  A l’annonce des résultats, toutes deux bondissent de joie. Réussi ! Elle a réussi ! » La voilà soumise à cet entraînement quotidien, si exigeant et si douloureux. Dans un recoin de la salle, un monsieur, lui, dessine et dessine encore… Edgar Degas. Un beau jour, il demande à Jeanne de remplacer Marie, son modèle habituel. Géraldine Elschner, qui a retrouvé ses chaussons de petite fille, a trouvé les mots justes pour évoquer la vie quotidienne des petits rats. Olivier Desvaux, lui, grand connaisseur de Degas, a passé deux saisons à peindre les répétitions de danse au Palais Garnier. Le pas de deux qu’ils nous offrent ici est éblouissant ! Quelle belle leçon de faire ainsi revivre cette Petite Danseuse ! Entre danse classique, musique, peinture et sculpture, cette histoire nous plonge dans l’art, le talent, le perfectionnisme et le travail acharné des artistes.

Dès 6 ans

Géraldine Elschner, La petite danseuse : Edgar Degas, illustrations d’Olivier Desvaux, coédition Canopé et L’Elan vert, coll. « Pont des arts », 2019, 32 p., 14,95 € — Imprimé en Chine

David Moitet, Alice

« Pourcentage de la population sujet au somnambulisme : un à quatre pour cent.
Nombre d’élèves atteints à cet étage : cent pour cent moins Samantha O’Donnel.
Conclusion : il se passe un truc très étrange… »
Et Samantha, Sam pour ses amis, de suivre dans les dédales de la tour Alice ces zombies qui, le matin encore, étaient les meilleurs geeks de leur génération, fiers d’avoir intégré le prestigieux institut Alice. Si cette ado surdouée a osé passer le concours d’entrée, ce n’est pas tant pour coder des algorithmes complexes que pour retrouver Arnaud, son seul ami, dont elle n’a plus de nouvelles… La recherche de ce « truc très étrange » va la mener, avec Alex et Arnaud, des tours de la Défense aux Alpes Mancelles, sous le patronage singulier de Lewis Carroll. Sous la forme d’un polar, l’auteur mêle enquête « policière » et récit d’aventure tout en faisant réfléchir sur les dangers de l’intelligence artificielle. Des automates fabriqués par Héphaïstos au célèbre HAL 9000 de L’Odyssée de l’espace, en passant par Pinocchio et Frankenstein, il n’est pas toujours bon que les créatures échappent à leur maître… Car enfin, qui est exactement Alice, richissime et trop parfaite businesswoman ?

Dès 10 ans

David Moitet, Alice, Editions du Rocher, 2019, 164 p., 12,90 € — Imprimé en Bulgarie.

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour

« Estéblan avait à peine senti Tempête se poser sur son épaule. Une vague de colère teintée de désespoir était en train de déferler sur lui. Il saisit la poignée de son épée, prit une profonde inspiration et…
— Si j’étais toi, je ne ferai pas ça.
Estéblan sursauta. La fille qui se tenait près de lui n’avait fait strictement aucun bruit en s’approchant. »
Amie ou ennemie ? Dans le palais du roi d’AnÓcour, la délégation des Chevaliers du Vent vient d’être massacrée – et Estéblan, jeune écuyer, a survécu. Quant à Plume, cette jeune acrobate, qu’est-elle venue y voler ? S’allieront-ils pour échapper à leurs poursuivants ? Du côté des héros à plume, Tempête, autour des forêts, Sillage, la chouette effraie et les grands aigles de la Confrérie ont fort à faire aussi, surtout face au banshee puant… Ce court roman de Pierre Bottero est réédité cet automne pour le plus grand plaisir de ses fans. Il offre aussi une belle porte d’entrée dans l’univers si attachant de ce grand maître de la fantasy française.

Dès 9 ans

Pierre Bottero, Les aigles de Vishan Lour, couverture de François Roca, Rageot, 2019, 96 p., 11,90 € — Imprimé en France. Réédition d’un texte paru dans le mensuel « Je Bouquine » 377 de juillet 2015.

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques Lego

Les occasions de célébrer les 500 ans de la mort de Léonard de Vinci ont été nombreuses, comme en témoigne ce livre. Adultes passionnés de Lego®, l’italien Francesco Frangioja et ses comparses se sont amusés à construire quelques-uns des plus célèbres engins du génial inventeur : bateau à aubes et bateau dragueur, marteau hydraulique, char d’assaut, machine volante… Une excellente façon de s’initier aux rouages, axes et pistons ! Les modèles de mosaïques permettant de « reproduire » la Joconde ou la Belle Ferronnière sont moins convaincants, mais à l’impossible nul n’est tenu.
A vos stocks de briques, de tenons, de plaques, d’équerres et de toutes des petites pièces magiques qui mettront votre imagination d’ingénieur au défi !

Dès 8 ans et sans limite d’âge

Francesco Frangioja, Léonard de Vinci, construis ses inventions en briques LEGO, NuiNui Jeunesse, 2019, 162 p., 18,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en Pologne

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran

« Pour les enfants et pas que… », précise le sous-titre. Parce que « les écrans, c’est super et quand on les range »… Eh bien, quand on les range, on peut en faire des choses ! Par exemple, « on invite des copains à la maison », « on invente ses propres jeux », « on fait encore plus de câlins à ceux qu’on aime », et même, « on lit pendant des heures », proposition qui n’arrive tout de même pas trop tôt ! Les illustrations de Philippe Jalbert mettent en scène un rhinocéros et quelques-uns de ses camarades, avec un humour suffisamment décalé pour que chacun s’interroge sans trop de culpabilité sur l’usage plus ou moins raisonnable qu’il fait des écrans. A laisser traîner sur la table basse du salon…

Dès 6 ans

Philippe Jalbert, Le Dico de la vie sans écran, Larousse Jeunesse, 2019, 90 p., 13,50 € — Imprimé en France

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale

«  — Service des détections, mon commandant, lui dit une voix féminine dans le combiné. Nous vous signalons qu’une flotte entière approche de Planète Morte ! Nous comptons déjà plus de deux cents vaisseaux.
— Par la corne du Gôndül, s’exclama Brînx Vobranx. Pouvez-vous… pouvez-vous les identifier ?
— Oui, commandant : ils arborent tous l’oiseau rouge du khan de Muspell. Et…
— Et ? »
C’est alors une lutte sans merci qui va s’engager pour la survie de l’empire. Aux premiers rangs, Xâvier le stratège, Mörgane la devineresse et leur ami Mârk.
Les trois tomes des Maîtres des Brisants sont ici réunis : Chien-de-la-lune, Le Secret des abîmes et Seigneurs de guerre. Quelques heures de lecture en vue dans une étonnante galaxie !

Dès 9 ans

Erik L’Homme, Le Maître des brisants, l’intégrale, Gallimard, coll. Folio Junior, 2019, 656 p., 9,90 €

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde

« — Il ne faut pas seulement servir le client. Il faut devancer ses désirs. Le client de la 252 est américain ? Zou ! Tu lui apportes de la limonade avec de la glace – les Américains en sont fous. Lady Rochester occupe la 234 ? Hop ! Un thé à cinq heures, avec des biscuits à la cannelle… elle en raffole !
— Mais comment savoir ? demande Suzon en ouvrant ses mains dans un geste d’impuissance. »
Car Suzon, 11 ans, toute ouïe aux conseils de Mme Lebrac, la gouvernante, a été embauchée il y a à peine deux mois comme femme de chambre dans « le plus bel hôtel du monde », le légendaire Ritz de la place Vendôme. En cette année 1926, ce palace parisien reçoit princesses, ladies, riches Américaines… mais aussi un bien mystérieux client. Qui, sur le coup de minuit, demande des crêpes ! Et voilà notre Suzon de courir aux cuisines, un lieu interdit aux demoiselles. Et pourtant, quelqu’un s’affaire déjà à la lueur d’une bougie ! Rose, la fille du sous-directeur, bien décidée à devenir… pâtissière.
Gwenaële Barussaud met ici à l’honneur les années folles qui voient l’émancipation des jeunes filles, qu’elles soient venues de la campagne ou qu’elles soient nées avec une cuillère d’argent. Son écriture fluide, son sens des anecdotes et de la répartie sont mis en valeur par les illustrations très « ligne claire » de Lucie Durbiano, qui donne un visage très expressif à nos deux héroïnes.

Dès 9 ans

Gwenaële Barussaud, Le palace de Rose et Suzon, le plus bel hôtel du monde, illustrations de Lucie Durbiano, Rageot, 2019, 160 p., 11,90 € — Imprimé en France

Françoise Rachmuhl, Déméter la généreuse

Françoise Rachmuhl, Déméter la généreuse

« Les paupières d’Hadès clignotent, Poséidon cherche des yeux la mer. Les trois déesses [Héra, Hestia et Déméter] sourient, conscientes de leur beauté. Déméter, surtout, rayonne, offrant à la lumière sa face encore enfantine, ses joues rondes, son regard clair, sa chevelure blonde ébouriffée. » Quelques instants auparavant, les jeunes dieux étaient encore prisonniers de Cronos, mais son estomac n’a pas digéré la potion concoctée par Zeus. La jeune Déméter a vite choisi son domaine : à elle tout ce qui pousse dans la nature, les arbres, les fleurs, le blé… Mais un triste jour, Perséphone, la fille de Déméter, a disparu. La jeune fille a été enlevée par Hadès, qui l’a épousée…  Sur terre, plus rien ne pousse, la famine menace les hommes. Rhéa, la déesse mère, trouvera un compromis : Perséphone passera l’hiver aux Enfers  auprès d’Hadès, son époux, et l’été sur terre, avec sa mère. Les saisons sont nées. Françoise Rachmuhl sait faire partager sa parfaite connaissance du monde antique. Ce roman mythologique est pétillant d’humour et de joie de vivre, et, tout primesautier qu’il est, reste d’une fidélité exemplaire aux textes anciens.

Dès 9 ans

Françoise Rachmuhl, Déméter la généreuse, Flammarion Jeunesse, 2016, 96 p., 5,90 €

Laurent Bègue, Marco Polo, le voyageur émerveillé

Laurent Bègue, Marco Polo, le voyageur émerveillé

« En 1271, mon père et mon oncle reprirent la mer pour rejoindre le Grand Khan. Cette fois-ci, ils m’emmenèrent avec eux, je venais d’avoir dix-sept ans… […]Avant de partir, le cœur serré, je regardai une dernière fois le port de Venise où j’avais grandi. Du monde, je ne connaissais rien d’autre. » Et Marco Polo de partir pour un voyage qui durera vingt-quatre ans. Venise, Jérusalem, Ormuz, les montagnes du Pamir, le désert de Gobi, la Chine, l’Inde… Que d’aventures ! Laurent Bègue endosse ici la tenue de voyage du célèbre jeune homme pour livrer un récit clair et enlevé, enrichi des illustrations vibrantes de couleurs de Dominique Vincent. Une belle invitation à l’aventure et au rêve.

Dès 9 ans

Laurent Bègue, Marco Polo, le voyageur émerveillé, illustrations de Dominique Vincent, Ed. Belize, 2017, 32 p., 9,50 €

La fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève

Connaissez-vous le conte de l’ours amoureux ? Celui de la vigne et du vin ? Celui du pantalon du diable ? Peut-être celui du pêcheur, de sa femme et du poisson d’or ? Eh oui, notre trésor de contes européens ne se limite pas à Cendrillon et au Petit Chaperon rouge ! C’est le pari réussi de l’exposition « La fabrique des contes » qui se tient au Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020 : nous faire prendre conscience de notre patrimoine immatériel le plus ancien.
Il était une fois… Entrons dans ces petits « théâtres de l’imaginaire » recréés autour de ces huit contes : lanterne magique, dioramas, miroirs, illusions d’optique et changements d’échelle permettent de s’immerger véritablement dans l’histoire et de s’affranchir des règles du monde réel. Quatre illustrateurs livrent leur vision des contes à travers des dessins, des peintures et de superbes papiers découpés. Des objets tirés des collections européennes du Musée permettent de leur donner vie : fuseaux finlandais, broderies roumaines, figurines votives en pain venues de Sardaigne, jusqu’à une faux — brrrr, serait-ce celle de la Mort marraine ? De multiples écouteurs permettent d’entendre conter. Les enfants comme les parents trouveront donc beaucoup de plaisir à se laisser conduire dans ce monde enchanté des contes. Oui, les petits verront la (vraie ?) cape du Petit Chaperon rouge ! Et les adultes feront la connaissance des cantastorie siciliens.
Le catalogue, destiné aux adultes, contient des versions plus longues des contes, dans une langue actuelle (parfois un peu trop actuelle…) due au dramaturge Fabrice Melquiot. Il se termine par une série d’articles ethnologiques.

Pour toute la famille

La Fabrique des contes, une exposition du Musée d’ethnographie de Genève, jusqu’au 5 janvier 2020.
Catalogue : La Fabrique des contes, coédition du MEG et des Éditions La Joie de lire, 2019, 192 p., 39 CHF.