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Casterman

Florence Lamy, Le Tangram magique, t 3, L’énigme du sceau de jade

Florence Lamy, Le Tangram magique, t 3, L’énigme du sceau de jade

Après L’énigme des pivoines et L’énigme du pékinois, nous retrouvons la jeune orpheline Li-Na pour une nouvelle aventure. Laquelle commencera seulement après que notre courageuse héroïne aura surmonté la perte de sa chère Grand-Mère Dong. Devenue cueilleuse des thés destinés à l’empereur, Li-Na n’a de cesse d’interroger son jeu magique : tangram, mon beau tangram, dis-moi où retrouver le sceau de jade qui authentifie les récoltes ? Aidée de son ami Cheng et du petit peuple de Hangzhou, Li-Na se montre à la fois astucieuse et dynamique, respectueuse et déterminée : toutes qualités qui en font une héroïne parfaite pour les jeunes lectrices !

De 8 à 12 ans

Florence Lamy, Le Tangram magique, t 3, L’énigme du sceau de jade, Casterman, 2015, 160 p. et un jeu de tangram, 9,95 €

Dina Kathelyn, Bonjour Marmouset

Dina Kathelyn, Bonjour Marmouset

« Bonjour, mon nom est Marmouset. Maman appelle : le déjeuner est prêt. Mes mains sont sales, je les lave. » Et les bulles de savon de s’envoler joyeusement des mains de notre bonhomme en salopette orange. L’occasion aussi d’apprendre le nom des cinq doigts, la manière de manger proprement, et de dire bonjour de la main droite. Même pour Bilou, qui pourtant est gaucher.
C’est fou, ce que les enfants apprenaient en quelques pages rigolotes, avec leurs aplats de couleurs vives très 1975 ! On regrettera seulement la disparition des dessins des pages de garde : Marmouset tout nu sous la douche ou le nez dans une marguerite au début du livre, et la famille de Marmouset à la fin. Rééditer cette belle série des années 1975–1980, rien de mieux pour réunir les générations !

Avant 3 ans

Dina Kathelyn, Bonjour Marmouset, Casterman, 2015, deux albums de 12 pages « La main de Marmouset » et « Le pied de Marmouset », réunis sous une jaquette, 9,95 €

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois

Que font donc Grand-Mère Dong, monsieur Zhou l’apothicaire et Ma-Ku, la fleuriste, alors que la neige tombe sur le quartier de la Douce Harmonie ? Ils cherchent tous Do-Dou, le pékinois de la fleuriste, qui a disparu. « Juste au moment où je devais l’inscrire pour le prix de la Timbale d’argent », se lamente sa maîtresse. Li-Na, après moult hésitations, demande à son tangram magique de la mettre sur la piste du pékinois. Aidée de son ami Cheng, le vendeur de thé ambulant, la fillette va mener l’enquête, au mépris des dangers.  Car en Chine, certains n’hésitent pas à faire combattre, voire à manger les petits chiens… Après « L’énigme des pivoines », une nouvelle enquête de notre courageuse petite héroïne.
Le tangram fourni avec le livre permet de reconstituer les figures créées par Li-Na

De 8 à 12 ans

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme du pékinois, Casterman, 2015, 144 p., 9,95 €
Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme des pivoines, Casterman, 2014, 150 p., 9,95 €

Didier Genevoix et Princesse Camcam, Suivez le guide ! Promenade au jardin

Didier Genevoix et Princesse Camcam, Suivez le guide ! Promenade au jardin

« Bienvenue sur la terrasse. Ici vit une famille de loirs, des bestioles au poil hirsute qui n’ont absolument aucun don particulier dans l’existence… Ah, si, peut-être pour la sieste. » Ainsi parle le chat siamois, qui, les moustaches très suffisantes, guide le visiteur dans le jardin d’un vieux manoir. Sans s’apercevoir que deux loirs, sous la terrasse, répètent au violon, tandis que d’autres s’affairent à la table de mixage. Petits détails cachés sous des rabats discrets… Page après page, le chat, donc, ne se doute de rien. Nous non plus car, détails cachés après détails cachés, la surprise a été bien gardée ! Une belle promenade dont le charme ne sera pas épuisé de sitôt.
Un grand merci à Valérie !

Dès 5 ans

Didier Genevoix et Princesse Camcam, Suivez le guide ! Promenade au jardin, Autrement Jeunesse, 2014, 18 pages cartonnées, 14,50 € — D’occasion en 2018.
Réédition en 2016 : Camille Gavroche, Suivez le guide ! Promenade au jardin, Casterman, 2016, 14,50 €

William Grill, Le voyage extraordinaire : L’aventure vraie d’Ernest Shackleton au coeur de l’Antarctique

William Grill, Le voyage extraordinaire : L’aventure vraie d’Ernest Shackleton au coeur de l’Antarctique

8 août 1914. Au moment où éclate la Première Guerre mondiale, un navire polaire, L’Endurance, lève l’ancre. Le défi lancé par Ernest Shackleton et son équipage tient en ces quelques mots : traverser l’Antarctique ! Endurance… Le nom du navire va devenir le leit-motiv de l’expédition polaire. Roald Amundsen avait ouvert la route en écrivant : « Celui qui fait preuve d’un courage absolu, d’une détermination sans faille et d’une endurance inaltérable, celui-là n’échoue jamais ». Ce à quoi Ernest Shackleton répondit : « J’ai choisi la vie plutôt que la mort, pour moi et mes amis… Je crois qu’il est dans la nature d’explorer, de plonger dans l’inconnu. Le véritable échec serait de ne jamais rien explorer. » Contre toute attente, en effet, tous les hommes menés par Ernest Shackleton survécurent à cette épopée.
Ce voyage extraordinaire est raconté avec beaucoup d’inventivité par un jeune auteur-illustrateur britannique, William Grill. De la page consacrée aux 69 chiens de l’expédition, à celle où un minuscule bateau fait face au mot « Solitude », originalité et qualité sont au rendez-vous. Une magnifique leçon de vie !

Dès 8 ans

William Grill, Le voyage extraordinaire : L’aventure vraie d’Ernest Shackleton au coeur de l’Antarctique, Casterman, 72 p., 17,50 €

Anne Pouget, La porteuse de mots

Anne Pouget, La porteuse de mots

« — Toi, tu es porteuse d’eau à bretelles, n’est-ce pas ?
— Oui, mais… […]
– Oui, mais quoi ?
Ils étaient arrivés à la hauteur de la rue de la Ferronnerie, qui conduisait aux Halles. Très précautionneusement, l’adolescente reposa ses seaux, puis glissa la main dans sa poche et en tira un papier gras qu’elle déplia ; de l’index à l’ongle crasseux elle pointa une lettre.
— J’aimerais apprendre à lire. »
Dans le Paris de 1499, aux mille petits métiers et aux mille misères, la jeune Pernelle a la chance de rencontrer Enzo, un bel et sympathique étudiant florentin. D’aventures en aventures, elle va non seulement apprendre à lire, mais partir pour Venise, où elle entre au service du grand imprimeur Aldo Manuzio — Alde Manuce en français. Un roman historique fourmillant de détails plus vrais et surprenants les uns que les autres sur la fin du Moyen Age et le début de la Renaissance.
Si vous passez par Venise, une brève halte s’impose devant la maison de cet humaniste aujourd’hui oublié, qui édita les grands textes de l’Antiquité et inventa le caractère italique.

Dès 12 ans

Anne Pouget, La porteuse de mots, Casterman, 2014, 260 p., 12 € — Réédité en 2016, Casterman Poche, 220 p., 6,25 €

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme des pivoines

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme des pivoines

« Madame Dong fait circuler le plateau de bois où sont disposées les victuailles, afin que chacun goûte à sa cuisine. C’est alors que monsieur Zhou se lève et sort de la large manche de sa robe une boîte de laque noire, décorée d’incrustations de nacre. Il regarde Li-Na droit dans les yeux et lui tend l’objet d’un geste solennel.
— A mon tour de te souhaiter un joyeux anniversaire. Vois-tu, je gardais ce présent depuis longtemps pour toi, ma chère Li-Na. J’attendais… Oui, j’attendais que ce soit le bon moment. Prends-en bien soin car il te sera précieux toute ta vie. »
Ce cadeau, c’est un jeu de tangram, que la fillette reçoit pour ses 10 ans. Un jeu magique qui l’aidera à résoudre une énigme policière. Accompagnée du jeune Cheng, un marchand de thé ambulant débrouillard comme pas deux, Li-Na nous fait découvrir Hangzhou et la Chine d’autrefois.
Un tangram glissé sous la couverture du livre permet de reproduire les figures qui ponctuent l’aventure. Qui sait s’il n’est pas magique, lui aussi ?

Dès 8 ans

Florence Lamy, Le Tangram magique, L’énigme des pivoines, Casterman, 2014, 150 p., 9,95 €

Quitterie Simon et Magali Dulain, Le renard perché

Quitterie Simon et Magali Dulain, Le renard perché

« J’ai rencontré un renard, perché dans un arbre. Cela m’a étonné ! » D’autant plus que ce renard, en équilibre sur une branche, guette dans une improbable immobilité… Il guette ? Non, il attend. Et qu’attend-il ? Il « attend un ami ». Tout simplement. Un album tendre et touchant, avec un clin d’œil au Petit Prince, et des dessins naïfs et colorés qui attireront l’œil des petits.

Dès 4 ans

Quitterie Simon et Magali Dulain, Le renard perché, Casterman, 2014, 32 p., 13,95 €

Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, Martine, Vive la rentrée !

Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, Martine, Vive la rentrée !

Que fais-tu à l’école, demande le meunier à Martine. « J’apprends à calculer, à écrire et à lire dans mon livre de lecture », lui répond la fillette, ravie d’aller retrouver ses amis. Et elle a bien raison, tant la maîtresse est gentille et l’école rutilante. Au fil de ses journées de classe, Martine apprend aussi à tricoter un bonnet pour sa poupée, tandis que Michel et Bernard évaluent en connaisseurs la valeur de leurs billes. Un condensé de nostalgie, Formica, jupes plissées et géraniums – sans oublier le petit chat !

Dès 4 ans

Marcel Marlier et Gilbert Delahaye, Martine, Vive la rentrée !, Casterman, 2002, 21 p., 5,45 €

François Place, Angel, l’Indien blanc

François Place, Angel, l’Indien blanc

« Je me précipitai en bas de mon perchoir. Il y avait un attroupement sur le pont. Au centre, le bosco parlait en claquant des dents. Ses paupières tressautaient. De l’endroit où nous étions, il avait vu, en se penchant par-dessus la lisse, apparaître une sorte de spectre. Cela glissait sur l’eau, debout dans une embarcation, en émergeant lentement du brouillard, sans un bruit, pareil à un esprit. Arrivé à sa hauteur, la face énigmatique s’était tournée vers lui en grimaçant un sourire.
Un horrible sourire.
Un sourire à deux bouches. »
Il y a plusieurs semaines que Le Neptune navigue dans les mers australes. Son capitaine a pris possession, au nom du roi Louis XV, des terres découvertes – îles, presqu’îles ? Angel, jeune métis d’un indien et d’une française, passager clandestin puis matelot, est bientôt pris en otage par cette curieuse peuplade à deux bouches. A ce moment du récit, est-on encore dans le monde réel des géographes ou déjà dans un monde imaginaire, né de nos rêves d’explorateurs ? En effet, loin de décrire des Alakalufs comme Jean Raspail, François Place invente un peuple étrange, les Woanoas, dont les coutumes empruntent autant aux chamans du Grand Nord qu’aux peuples du Pacifique. Etrange construction ethnologique et poétique à la fois ! Mais en rien irénique, car, dans ce roman d’aventure, la violence est partout : violence des éléments, violence des baleines tueuses et des grands phoques, violence des hommes, en particulier des « Plumes grises ». Ces adolescents vivant en marge du village se défient à la chasse et, au printemps, partent cueillir de curieuses « fleurs de mer » dont les fumigations « ouvrent les yeux dans la brume » et « donnent forme aux Esprits du Feu et du Froid ». Et honni soit qui mal y pense !

Dès 12 ans, adolescents et adultes

François Place, Angel, l’Indien blanc, Casterman, 2014, 230 p., 15 €

Miroslav Sasek, Rome

Miroslav Sasek, Rome

« Il était une fois, au bord du Tibre, une louve et deux jumeaux abandonnés : Romulus et Rémus. » Il était une fois, en 1960, un illustrateur tchécoslovaque, Miroslav Sasek (1916–1980), qui, sans doute après avoir visité Rome en compagnie de M. Hulot, en fit un portrait plein de charme, de vivacité et de poésie. De la ville aux sept collines à la Rome trépidante des années Vespa, cette joyeuse escapade culturelle a été rééditée avec soin. Vous pourrez aussi visiter Londres, New York, Paris et Venise. Bon voyage !

Dès 6 ans

Miroslav Sasek, Rome, Casterman, 2009, 60 p., 16,50 €

Anne Pouget, Les derniers jeux de Pompéi

Anne Pouget, Les derniers jeux de Pompéi

« Comme chaque matin, les deux frères attendirent que Papiria frappât le pied de l’échelle à l’aide de son bâton pour marquer le début de la journée de travail. Lorsqu’elle le fit, tous les commis s’extirpèrent des différentes soupentes, le cheveu en bataille, la tunique froissée, les paupières fripées. Après s’être débarbouillés, ils s’installèrent un à un sur des bancs et dévorèrent des fouaces arrosées d’huile d’olive et recouvertes de fromage de chèvre, se passant la cruche de lait. » Un petit déjeuner traditionnel dans cette Pompéi de la 9e année du règne de Vespasien – pour nous, en l’an 78 après Jésus-Christ. Les deux frères, ce sont Julius, le héros du roman, « ramasseur d’amphores de pipi » de son état, et son frère aîné Beryllus, un simple d’esprit touchant d’affection, aux innombrables bêtises. Les deux adolescents vont mener le lecteur à la découverte de la vie quotidienne des Pompéiens, dont le train-train est bousculé par une campagne électorale et par les jeux du cirque. Une ville où les solidarités de voisinage ne sont pas un vain mot.
L’auteur a suivi rue par rue le plan de la ville, recopié les graffiti inscrits sur les murs, retrouvé les recettes de cuisine et les parfums, reconstitué l’itinéraire des lions et des éléphants livrés pour les jeux… Elle a aussi exploré les manuels de médecine romaine et fait appel à quelques grands auteurs, tels Pline ou Sénèque – ce qui permet d’ouvrir une réflexion sur l’esclavage et la liberté, la mansuétude et le destin. Elle évoque aussi le culte d’Isis, qui s’ajoute à celui des vieux dieux romains, et les tout premiers chrétiens.
Chaque détail est vrai – et si les personnages sont inventés, ils sont si vivants et crédibles que l’on s’attend à les croiser dans les ruines de cette ville détruite il y a près de deux mille ans par la colère du Vésuve.

A partir de 12 ans

Anne Pouget, Les derniers jeux de Pompéi – édition brochée, Casterman, 2011, 319 p., 13 € – édition de poche, Casterman, 2013, 378 p., 7,50 € – disponible sur Kindle, 4,49 €