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Bayard Jeunesse

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Ulysse, la mythologie grecque en cent épisodes

Muriel Szac, Le Feuilleton d’Ulysse, la mythologie grecque en cent épisodes

« La victoire avait un goût de cendres. Ulysse regardait le jour se lever sur les ruines fumantes de Troie. Il était bien vivant. Mais l’oracle qui lui avait annoncé encore dix ans d’errance avant de retrouver Ithaque avait-il dit vrai ? » Fidèle à sa construction en cent épisodes, ce « Feuilleton d’Ulysse » en consacre quarante à la guerre de Troie, de ses préparatifs à son issue ; puis soixante au retour mouvementé d’Ulysse dans son île d’Ithaque. Après « Le Feuilleton d’Hermès » et « Le Feuilleton de Thésée », ce troisième volume reprend donc les épisodes majeurs de l’Iliade et de l’Odyssée, avec quelques emprunts aussi aux tragiques grecs et à Virgile.
Qui dit guerre, dit violence, et Muriel Szac a choisi de ne rien cacher des assauts, des blessures, des morts, et encore moins du caractère des hommes – guerriers courageux, certes mais aussi chicaneurs, lâches, menteurs, pusillanimes… De même, quand il s’agit de passion amoureuse, d’Hélène, de Calypso ou de Circé, des captives ou des épouses, l’auteur n’édulcore pas les textes anciens qui, s’ils ne sont jamais indécents, citent volontiers « caresses et baisers ». Il conviendra donc, dans le cadre d’une lecture à haute voix devant un jeune public, de se tenir prêt à répondre à des questions délicates sur le monde des adultes : fût-il légendaire, il nous est si proche…
Les illustrations du canadien Sébastien Thibault empruntent à la technique de Magritte. Ses images « en creux » accentuent le côté onirique et parfois inquiétant du récit : les visages se lisent dans les flammes et les silhouettes dans les nuages…

Dès 6 ans (à lire par un adulte), pour tous les âges, pour toute la famille

Muriel Szac, Le feuilleton d’Ulysse, la mythologie grecque en cent épisodes, illustrations de Sébastien Thibault, Bayard Jeunesse, 2015, 280 p., 19,90 €

Claude Merle, Spartacus

Claude Merle, Spartacus

De la part de Nathalie I. : Le personnage de Spartacus est abordé de manière assez subtile, ce qui donne de la profondeur au récit. Le personnage présente de multiples facettes qui rendent compte de la complexité de la situation. Chef de guerre, grand guerrier, fin stratège, meneur d’hommes… par touches, l’homme affleure derrière les batailles. Il est toujours lucide, responsable, mais il ne se laisse jamais dépasser par ses doutes. C’est un hymne à la liberté, un refus de l’esclavage de tous ces hommes qui revendiquent une vie libre, debout, fier… Paradoxalement, choisir la mort était choisir de vivre…
Pour les aspects guerriers, l’auteur ne fait pas dans le sanguinolent. Quelques phrases bien tournées, quelques adjectifs choisis avec soin suffisent à rendre compte de la dure réalité des combats. Malgré tout, c’est dur. La discipline était impitoyable, les punitions l’étaient tout autant… Les ambitions des chefs romains ne sont pas toujours très glorieuses. La conception de l’esclavage et la valeur de la vie des hommes peuvent choquer, mais cela correspond à une réalité historique !
Autre point à souligner, il y a beaucoup de vocabulaire, notamment militaire romain. Un petit lexique de deux pages en fin de livre permet de comprendre les mots et de mieux comprendre les batailles pour peu qu’on se donne la peine de les lire.

Extraits :
“Quelques semaines de liberté valent mieux qu’une vie de servitude.”
“Les esclaves ont lutté comme des lions. Il suffit de voir leurs dépouilles : aucun n’a été frappé dans le dos. Pas de fugitifs !”

Dès 10 ans

Claude Merle, Spartacus, Collection “Héros de légende”, Bayard Jeunesse, 2009, 182 p., 5,90 €

La mythologie vue par les peintres, une nouvelle vidéo

La mythologie vue par les peintres, une nouvelle vidéo

Et de six ! Dans la série sur “la mythologie grecque”, le Collège latin et Madame la Chouette vous présentent les mythes vus par les peintres et notamment l’ouvrage de Marie Bertherat, Les Mythes racontés par les peintres (Bayard Jeunesse, 2011, 86 p., 19,90 €).

 

Claude Merle, D’Artagnan

Claude Merle, D’Artagnan

« Je m’appellerai d’Artagnan, décida Charles.
Il était fréquent, chez les mousquetaires du roi, de prendre un nom de guerre pour cacher une noblesse que les autres compagnies étalaient avec complaisance.
— C’est un beau nom, apprécia Luis. D’Artagnan, cela sonne comme le fer ! »
Quittant donc son père, le vieux Bertrand de Castelmore, son maître d’armes Luis Alvarez et sa Gascogne natale, le jeune Charles commence, à Paris, par faire le siège de M de Tréville. Il rencontre bientôt Athos, Porthos et Aramis. Et les duels de s’enchaîner contre les hommes du cardinal… La suite de ses aventures est bien connue des lecteurs d’Alexandre Dumas.
Claude Merle a « choisi la légende, de préférence à l’histoire » et a condensé les aventures de ce jeune homme autour de quelques épisodes, dont les ferrets de la reine.  Le romancier a conservé toute la vivacité du roman de Dumas — un peu long parfois pour les jeunes lecteurs – mais  ne l’a pas édulcoré pour autant. Toujours prompt à croiser le fer, d’Artagnan est aussi d’une charmante habileté pour enlever quelques baisers très « frenchies » à la jeune Constance. Quant à Milady, cette femme fatale, séductrice et deux fois mariée, brrr… elle a la punition qu’elle mérite !

Dès 12 ans

Claude Merle, D’Artagnan, Bayard Jeunesse, coll. « Héros de légende », 2014, 235 p., 6,30 €

Pierdomenico Baccalario, La Fille qui dévorait les livres

Pierdomenico Baccalario, La Fille qui dévorait les livres

« Sous le coup de l’émotion, sa respiration s’accéléra. Haletant et tremblant, il sentit son cœur battre à tout rompre quand, tout à coup, s’élevèrent deux nuées de vapeur brûlantes, aussi puissantes que… le souffle d’un dragon. En un instant, elles l’engloutirent.
Brusquement, la lune disparut.
Un long silence embarrassé envahit la bibliothèque. M Antonino fixe les feuilles de son récit, sans dire un mot. Puis il les replace l’une au-dessus de l’autre, en les tapotant délicatement.
— Alors ? demande-t-il, brisant le silence, devenu insupportable. Qu’en penses-tu ?
 »
Et la jeune Domitilla, collégienne éprise de lecture, de lui répondre que, bof, bof, les descriptions, le démon, la villa romaine en ruines, tout ça, ça ne lui convient pas trop… La scène se passe « dans un coin perdu », à quelques kilomètres d’Aoste, au pied du Grand Paradis. Un beau jour, M. Antonino, garde-champêtre retraité de son état, propose à la collégienne de relire, chapitre après chapitre, le drôle de roman qu’il peaufine avec passion. Premier handicap, et non des moindres, le roman se situe dans le haut Moyen Age, lors d’une des nombreuses invasions qu’a connues la vallée. Mais ce n’est pas un roman « historique », puisqu’il vante les exploits du mythique cheval Bayard, le plus célèbre des chevaux païens, ici chevauché par quatre jeunes héros. Le roman que nous lisons est donc composé comme une « tranche napolitaine » : un chapitre « haut Moyen-Age » (en caractères romains), un chapitre contemporain (en italiques), et on recommence jusqu’à épuisement des ingrédients. A vous d’aller voir si les quatre fers de Bayard sont toujours fixés au clocher d’une église du val d’Aoste…

Dès 12 ans

Pierdomenico Baccalario, La Fille qui dévorait les livres, Bayard Jeunesse, 2014, 436 p., 13,90 €

 

Hervé Tullet, Couleurs

Hervé Tullet, Couleurs

« Elles arrivent ! », « Elles sont toutes là. » Qui donc ? Les couleurs qui enchantent le monde. Commençons par le rouge, le jaune et le bleu ; D’un doigt, — ou de toute la main, pas forcément aidée du pinceau -, on touille un peu et voici le vert, le violet et l’orange. Et si le blanc et le noir entraient dans la danse ? Oh là là, ça coule, ça déborde, ça éclabousse pleine page ! Un vrai feu d’artifice ! A tester avec de vraies couleurs, sans oublier une main magique – et un grand tablier !

Dès 3 ans

Hervé Tullet, Couleurs, Bayard Jeunesse, 2014, 64 p., 11,90 €

Rémi Chaurand, La véritable histoire de Bartholomé, le petit bâtisseur de cathédrales

Bartholomé, du haut de ses onze ans, aimerait occuper ses journées à autre chose qu’à garder les moutons. Et le voilà parti, balluchon sur l’épaule, pour la grande ville. En ce XIIe siècle très chrétien, la France se couvre de cathédrales. L’occasion pour le jeune homme de découvrir les mille métiers d’un chantier, et de s’initier à la taille des pierres. Un métier fatigant, mais exaltant. Entre les pages du roman, de brefs encarts apportent de précieuses informations sur l’histoire, les modes de vie et les techniques.

Dès 10 ans

Rémi Chaurand, La véritable histoire de Bartholomé, le petit bâtisseur de cathédrales, Bayard Jeunesse, 2013, 42 p., 6,30 €

Lorenz Pauli et Kathrin Schärer, Le Noël du petit lapin

Lorenz Pauli et Kathrin Schärer, Le Noël du petit lapin

« – Madame la chouette ! Madame la chouette ! crie le petit lapin.
Madame la chouette ouvre un œil.
– Dis… c’est quoi, Noël ? demande le petit lapin. Comment fête-t-on Noël ?
La chouette est farceuse ; elle hoche la tête et explique :
— Noël ? C’est quand… quand tout le monde m’apporte un cadeau ! »
C’est parti, le lapin se met en quête d’un cadeau pour Madame la chouette, bientôt rejoint par l’écureuil, le pivert et la souris.
Mais bien entendu, rien ne va se passer comme prévu pour nos quatre compères…

A partir de 3 ans

Lorenz Pauli et Kathrin Schärer, Le Noël du petit lapin, Bayard Jeunesse, 2007, grand album de 26 pages, 11,90 €
Un grand merci à Camille pour ce clin d’œil à madame la Chouette. Laquelle espère en retour que son petit Octave recevra de beaux livres à Noël !

Ally Kennen, L’incroyable enterrement de Magnus

Ally Kennen, L’incroyable enterrement de Magnus

Magnus, le Grand-Papa de Carla, est un original. Dans sa grange, il travaille jour et nuit à construire un petit bateau à voile, la « Walkyrie ». Ou plutôt, il travaillait. Car, un matin, Carla découvre son Grand-Papa inanimé. Et même mort, bel et bien mort. Or son aïeul lui a laissé une lettre aussi étrange qu’émouvante : « J’ai toujours rêvé d’un enterrement viking, confie-t-il. J’aurais aimé que ma dépouille mortelle prenne le large sur un bateau en flammes aux couleurs du soleil et vogue ainsi vers l’éternité. » Ce qui est, bien sûr, interdit et irréalisable. Sauf… sauf pour Carla et sa petite bande, qui vont tout faire pour accomplir les dernières volontés de Grand-Papa. Même si l’on ne demande pas souvent leur avis aux enfants ni aux adolescents quand il s’agit de ce dernier adieu. Et justement à cause de cela.
Ally Kennen a réussi là un tour de force : écrire un roman d’aventures sur un sujet aussi périlleux que la disparition d’un proche, imaginer des situations rocambolesques, rayer les mots « convenable » et « vraisemblable » de son vocabulaire, sans pour autant sombrer dans le ridicule ou l’outrance. Une belle leçon de vie à méditer. Parce que Grand-Papa le méritait bien.

Dès 9 ans

Ally Kennen, L’incroyable enterrement de Magnus, Bayard Jeunesse, 2013, 393 p., 12,50 €

Marie Bertherat, Les Princesses racontées par les peintres

Marie Bertherat, Les Princesses racontées par les peintres

« Elle s’appelait Isabel, et elle était belle. Elle avait sept ans lorsque son père mourut. Elle hérita d’une énorme fortune. A huit ans, sans lui demander son avis, on la maria à son cousin, don Ramon. » Un homme bien plus âgé qu’elle… Car la vie des princesses n’était pas toujours un conte de fée, loin s’en faut. Si nous avons gardé le souvenir d’Isabel, princesse de Naples, il faut en remercier Raphaël qui fit son portrait en 1518.
Serait-on vraiment princesse si aucun peintre célèbre n’avait fait votre portrait ?
Ucello a ainsi imaginé une princesse de Libye, sauvée du dragon par saint Georges, Rembrandt est tombé sous le charme de la Danaé des mythes grecs. Tandis que Van Dick donnait bonne mine à Marie, princesse d’Angleterre et que Winterhalter nous laissa un poignant portrait de Sissi.
Ce livre propose les portraits de neuf princesses de légende et de onze princesses « pour de vrai ». L’auteur nous raconte leur vie et se penche aussi sur celle du peintre : une belle manière d’apprendre à regarder un tableau !

Dès 6 ans

Marie Bertherat, Les Princesses racontées par les peintres, Bayard Jeunesse, 2001, 86 p., 19,90 €.

L. Paix-Rusterholtz et C. Lavaquerie-Klein, La véritable histoire de Thordis, la petite Viking qui partit à la découverte de l’Amérique

L. Paix-Rusterholtz et C. Lavaquerie-Klein, La véritable histoire de Thordis, la petite Viking qui partit à la découverte de l’Amérique

« Vous préparez une expédition ? Pour aller où ? Quand partez-vous ? » demande Thordis, 11 ans, à Freydis, la fille d’Erik le Rouge. Et la réponse n’est pas pour lui déplaire : « Tu n’es donc pas au courant ? J’affrète trois bateaux pour rejoindre mon frère, Leifr le Chanceux. »
Et voguent les knerrir ! Thordis, qui a passé à son cou un magnifique marteau de Thor ciselé, retrouvera-t-elle Leifr et son frère Baldr aux grands cheveux ? Un roman facile à lire, accompagné de quelques explications historiques. Plus jamais un maître d’école n’osera gronder – comme je le fus dans les années 1965 — les enfants qui affirment haut et fort que, oui, c’est bien Leifr Erikson qui a découvert l’Amérique. Voir ici un marteau de Thor jouer le rôle de « croix-de-ma-mère » est un beau clin d’œil – qui passera au-dessus de la tête de nos blondines, toutes décoiffées par les tempêtes du Vinland !

Dès 8 ans

L. Paix-Rusterholtz, C. Lavaquerie-Klein, La véritable histoire de Thordis, la petite Viking qui partit à la découverte de l’Amérique, illustré par E. Cerisier, Bayard Jeunesse, 2012, 44 p., 6,20 €

Poèmes de Victor Hugo

Poèmes de Victor Hugo

« Mon cœur me dit que c’est ta fête ;
(Je crois toujours mon cœur quand il parle de toi.)
Maman, que faut-il donc que ce cœur te souhaite ?
Des trésors ? – des honneurs ? – des trônes ? –Non, par ma foi !
Mais un bonheur égal au mien quand je te vois. »
Quand Victor Hugo écrit ce charmant « compliment », « A Maman, pour le jour de sa fête » daté du 30 septembre 1816, il n’a que 14 ans. Rimes gentilles d’un adolescent bien sage ? Pas si sûr  N’aurait-il pas à se faire pardonner quelques pensées secrètes, lui qui, quelques mois auparavant, notait dans son journal : « Je veux être Châteaubriand ou rien ! » ?
Chers papas, il vous reste deux semaines pour faire apprendre ce compliment à vos enfants !
Ce volume propose un choix de 28 poèmes, des plus célèbres. Les illustrations de François Avril réussissent le tour de force d’être à la fois discrètes et très présentes, en un bel hommage au poète.

Dès 10 ans

Poèmes de Victor Hugo, illustrés par François Avril, Bayard Jeunesse, 2012, 63 p., 15,90 €