Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Fantastique

TétrasLire 41, Ouvre l’œil

Tétras Lire, « le magazine des 8 – 12 ans qui donne des ailes à la lecture » propose dans son numéro 41, une nouvelle policière et scientifique : La Perle noire, de Victorien Sardou, met ici en scène deux jeunes savants, qui aideront à démasquer le coupable, bien mieux que le commissaire de police. En effet, qui a donc forcé la serrure du secrétaire dans lequel Balthazar rangeait non seulement son argent mais aussi quelques bijoux hérités de Madame sa Mère ? Après cette lecture, vient un passionnant dossier sur la foudre et l’orage. Puis quelques jeux, dont une enquête à mener en résolvant des énigmes. Le conte final, Cécile et Vigile, illustre poétiquement la maxime d’Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Une revue mensuelle qui donne vraiment envie de lire ! Parents autres adultes, n’hésitez pas à compléter cette lecture par celle du TétrasBlog.

Dès 8 ans

TétrasLire 41, Ouvre l’œil, mai 2019 – 96 p., 9,50 € ou sur abonnement. Imprimé en France.

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella

Mirella, « des pieds à la tête de guenilles accoutrée », est porteuse d’eau dans la bonne ville d’Hamelin, sur les rives de la Weser. A une date incertaine de la fin du XIIIe siècle, sous le règne de Rodolphe de Habsbourg. Primesautière, insolente, généreuse, la jouvencelle de 15 ans ne s’en laisse pas conter, ni par les échevins, ni par les mendiants, ni par tous ceux qui se situent entre les deux. Hamelin ? N’est-ce pas cette ville envahie par les rats, dont un joueur de flûte, grugé par les autorités, emporte les enfants ? Et si les frères Grimm n’avaient pas dit toute la vérité ? Ces rats, au Moyen Age, quel mal annoncent-ils de ville en ville ? La peste, la peste, la terrifique peste… Mirella affronte moult périls : De qui est-elle réellement la fille ? Pourquoi la dit-on sorcière ? Qui est cet intrigant homme en noir ? N’est-ce pas bien dangereux de s’en éprendre ? Quant à danser avec lui… Est-ce valse ou danse macabre ? Mirella, ce sont aussi des chansons naïves – Mi, Ré, La – pour la plus grande joie des petits enfants et le réconfort de ses amis les lépreux.
Flore Vesco réinvente le conte – et joue des mots avec son talent habituel. Bien malin celui qui, sans s’aider du lexique en fin de volume, saura discerner d’un coup d’œil les termes empruntés au Moyen-Age et les créations farfelues et oh combien ! réjouissantes de Flore Vesco.

Adolescents

Flore Vesco, L’Estrange Malaventure de Mirella, L’Ecole des Loisirs, coll. « Médium + », 2019, 215 p., 15,50 € — Imprimé en France

Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 3, La Malédiction des Argonautes

Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 3, La Malédiction des Argonautes

« Je suis Médée, répéta-t-elle. Et je suis venue réclamer justice.
Le feu dans sa poitrine s’intensifia brusquement et, au coin de ses lèvres, un grain de beauté se mit à rougeoyer.
— Médée, fit Hadès. Ce nom ne m’est pas inconnu.
Un pli amer barra les joues de la femme.
— Je suis sœur de Circé, et fille d’Hécate. »
Médée est descendue aux Enfers, poursuivie par les Erinyes qui l’accusent d’un terrible crime : avoir mis le feu au palais de Jason, à Iolcos, incendie dans lequel ont péri Créüse et Jason et lors duquel a disparu la célèbre Toison d’Or. Jason, qui venait de rentrer de ce périple si dangereux vers la Colchide, tout auréolé de gloire. Quelle malédiction poursuit-elle donc les Argonautes ?
Eros, le petit dieu adolescent, décide de mener l’enquête. Saura-t-il se passer de son ami Hermès, si perspicace ? Richard Normandon a concocté un nouveau roman policier mythologique, bien dans la veine des précédents, avec une bonne dose de fantastique, d’humour et d’imagination. En effet, l’auteur se prend vite au jeu des inventions mais, en bon professeur qu’il est, ne tombe jamais dans la contrefaçon.

Dès 10 ans

Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 3 : La Malédiction des Argonautes, Gallimard Jeunesse, 208 p., 11 € — Imprimé en Italie.
Du même auteur, dans la même série :
Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 1 : Le Mystère Dédale, Gallimard Jeunesse, 2016, 176 p., 10 € ou Folio Junior, 2018, 5,80 €
Richard Normandon, Les Enquêtes d’Hermès, tome 2, L’Affaire Méduse, Gallimard Jeunesse, 2018, 192 p., 10 € ou Folio Junior, 2019, 5,90 €

Gaya Wisniewski, Chnourka

Gaya Wisniewski, Chnourka

Où vont donc Mirko le jeune chat, Zachary le petit chien et Emile la grue, dans ce traîneau tiré par Tomek le bison ? Pourquoi bravent-ils la tempête de neige qui s’est abattue sur la forêt ? Pour rejoindre « une maison endormie dans la neige, gelée et couverte de glace. La maison de Chnourka. […] Collés à la vitre de la véranda, les quatre amis observaient une petite forme emmitouflée dans une grosse couverture en laine. Un bonnet rouge en dépassait. Mirko tambourina au carreau.
— Chut ! Je pensais la réveiller plus doucement, dit Zachary. Tu sais, le monde des rêves est un lieu fragile ».
Que d’aventures attendent les cinq amis dans cet hiver finissant ! Ils s’émerveilleront aussi de l’arrivée du printemps.
Chnourka et ses amis vivent dans un pays voisin de celui des Moumines, gentiment onirique et plein de belles intentions. Et chez vous, le printemps est-il bien arrivé ?

Dès 5 ans

Gaya Wisniewski, Chnourka, MeMo, 2019, 56 p., 16 € — Imprimé en Europe

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Des livres qui parlent, un bébé qui sourit en haut d’une tour, une fillette qui rêve d’entrer dans un jardin mystérieux… Puis un violon de verre qui réveille la grisaille des âmes, une fillette (une autre) qui jette ses poupées par la fenêtre, un « garçon vêtu de noir dans un paysage blanc », un drôle de bonhomme qui descend de son gratte-ciel sur une escarpolette, une « maison musique » – et une « dame qui voulait redevenir enfant » — voilà où nous mène la fantaisie de Corinna Bille (1912–1979), dans ce recueil de neuf nouvelles. Secrets, merveilles, mystères, telles sont les étoffes avec lesquelles Corinna Bille habille ses personnages, qu’elle promène dans des lieux imaginaires et hors du temps. Ses « moralités » sont souvent douces-amères, son langage parfois d’une cruelle étrangeté (avec un « suicide collectif de poupées »), mais il se dégage de ces récits la nostalgie d’un pays de cocagne où l’extravagance balaie la routine et mène à la sagesse. « Car le bonheur et le malheur, dans la vie, mes enfants, s’entrelacent comme branches de sureaux ». Vamille, alias Camille Vallotton, avec un humour aussi tendre que sa palette, a choisi de faire de certaines illustrations des planches de bandes dessinées, qui relancent le lecteur et l’aident à rebondir dans sa lecture.

Dès 10 ans

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins, illustrations de Vamille, La Joie de Lire, 2018, 78 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet.
Du même auteur : Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 €

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier

Sommé de ranger sa chambre, « Sylvain porte Charlemagne dans ses bras. Il est lourd, encombrant. Sylvain manque souvent de tomber avec. Dans le grenier, il lui cherche une place parmi les meubles poussiéreux quand soudain le cheval tourne la tête : “On part une dernière fois à l’aventure, Chevalier Sylvain ?” » Oh que oui ! Et, « d’un seul coup, le cheval décolle, traverse la fenêtre du grenier et file dans le ciel ! » Direction, la Sylvanie, ce royaume secret dont Sylvain est le meilleur des chevaliers. Ennemis farouches, dragons « toutes flammes dehors », terribles chutes d’eau, que d’aventures… La fin du conte est d’une rare poésie : alors que le cheval Charlemagne décide de rester en Sylvanie, Sylvain rencontre un vieil écrivain, qui lui confie un « vélo-scarabée » pour rentrer à la maison… y faire ses devoirs et, qui sait, revenir en Sylvanie ? Le duo auteur-illustratrice a fonctionné à merveille pour nous offrir, comme nous y invite Eloïse Scherrer, une « cure de jouvence en imaginaire ».

Dès 4 ans

Didier Lévy, Sylvain de Sylvanie, chevalier, illustrations d’Eloïse Scherrer, Sarbacane, 2018, 40 p., 17,50 € — Imprimé en France.

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

Auro Roselli et Laurent de Brunhoff, Les Chats de la tour Eiffel

« Oh, regardez, s’exclama-t-il, un chat !
— Ne sois pas stupide, Arthur, répliqua sa mère. Il n’y a pas de chats sur la tour Eiffel.
— N’empêche, insista Arthur, il y a un animal avec quatre pattes et une queue au milieu de toutes ces poutres, tous ces boulons et tous ces écrous ! »
Un chat ? Non, une chatte, qui a échappé à la petite Adalgise, 8 ans aux cerises. Une chatte ? Bientôt accompagnée d’un papa chat, puis de chatons, puis de petits-chatons… Des chats qui font une concurrence tout à fait illégale aux guides touristiques. Pas de quoi fouetter un chat ? Que si… L’affaire remonte jusqu’aux plus hautes autorités, ce qui nous vaut une mise en boîte réjouissante des rouages de l’Etat, président, ministres, agent secret et conseiller tout aussi secret. Une mise en boîte, mais aussi une histoire douce, pleine de tendresse – où les grandes personnes elles-mêmes sont invitées à réfléchir avant d’appeler leur mère.
Ce roman illustré par Laurent de Brunhoff était connu des petits Américains depuis 1967 ; il était resté inédit en France, allez savoir pourquoi… Aucun de nos présidents n’a pourtant « un grand nez et un caractère abominable », foi de matou. Mais au fait, avez-vous vu des chats sur la tour Eiffel ?

Dès 5 ans

Auro Roselli, Les Chats de la tour Eiffel, illustrations de Laurent de Brunhoff, Hélium, 2018, 56 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé au Portugal.

Marie-Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Marie-Aude Murail, Le Visiteur de minuit

Londres, hiver 1854. Chez Dickens ? Pas tout à fait, mais… Si le vieux jardinier MacNeil a « quinze enfants, tous en vie », son patron, Jason Anderson, riche à millions, se morfond de savoir que sa fille unique, Beatrix, « s’affaiblissait d’heure en heure ». Non seulement il se morfond, mais il éprouve une méchante jalousie à l’égard de Fergus, le dernier fils du jardinier.
Mais qui frappe à la porte ? Quel est cet homme « drapé dans une cape noire dont la capuche dissimulait à demi son visage écarlate » ? Le diable ? Le diable ! Qui propose un horrible marché à M Anderson : s’il invite le petit Fergus à partager les jeux de Beatrix, lui, le diable, se charge de guérir la fillette en faisant passer la santé du garçon dans le corps de la fillette. « Au printemps, l’un des deux enfants mourra ! », tel est l’abominable marché… Rassurez-vous, les enfants, innocents et courageux, déjoueront le piège diabolique et les deux pères ne pourront que s’en réjouir. Le conte est d’autant plus émouvant que les enfants sont orphelins et les papas veufs ; aucune présence féminine adulte ne vient adoucir ces longues journées d’hiver.
Christel Espié donne ici la mesure de son talent : les illustrations pleine page de ce grand album (29,3 x 36,4 cm) créent une atmosphère aux couleurs très contrastées, aussi contrastées que les sentiments des protagonistes du conte.

Dès 6 ans

Marie-Aude Murail, Le Visiteur de minuit, illustrations de Christel Espié, Albin Michel Jeunesse, 2018, 32 p., 18 € — Imprimé en Italie. Une première version du conte a été publiée en 1988 dans la revue J’aime lire.

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Gulliver – Lemuel de son prénom – est, l’a‑t‑on oublié ? – chirurgien de marine. Jusqu’au jour où son navire fait naufrage. Le voilà recueilli par les Lilliputiens, peuple minuscule mais néanmoins belliqueux. Un des motifs de leur guerre contre l’Empire de Blefuscu ? « Une très vieille querelle autour de la façon de casser les œufs à la coque » : par le gros bout, comme les Gros-Boutistes, ou par le petit bout, comme le défendent les Petits-Boutistes ? Après ce voyage à Lilliput, Gulliver se retrouve à Broddingnag, quelque part entre l’Amérique et le Japon, puis à « Laputa, Balnibarbi et autres contrées », avant de se retrouver chez les Houyhnhnms, ces chevaux aussi beaux qu’intelligents. Ce roman d’aventures du XVIIIe siècle, où la science-fiction et le fantastique permettent de se moquer de nos travers, a été adapté ici pour de jeunes lecteurs sans perdre de sa vivacité ni de son style inimitable.

Dès 9 ans

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver, adaptation de Claude Carré, illustrations de Kaa, Auzou, coll. « Recueils universels », 2017, 104 p., 17,50 €

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin

Arjuna Banerjee, le « détective des rêves » et son fidèle assistant Watson – pardon, Christopher Carandini, le narrateur, sont invités à résoudre une nouvelle affaire, et non des moindres. Dans la maison de cure de Dowland House, au fin fond de la vieille Angleterre, quatre patients sont plongés dans un sommeil agité, dont rien ne parvient à les réveiller. Même pas les cauchemars terribles qui les agitent… Car une créature, « une espèce de chose noiraude et aux oreilles pointues, rabougrie et trapue, comme une espèce de diable en miniature », rode dans Dowland House. Une créature qui a attaqué les clients de ce qui n’est peut-être pas seulement une maison de cure. Alors quand Banerjee se plonge dans cet état second où, grâce à ses rêves, il dénoue les intrigues, le lecteur est en droit de se demander s’il se réveillera… Un polar « surnaturel » plein d’humour, mais aussi historique quand Eric Senabre évoque la guerre de l’opium et la révolte des Boxers qui ont agité la Chine, entre 1899 et 1901. Et philosophique, car la créature (chut, je ne devrais pas vous le dire) en est la triste victime.

Dès 12 ans

Eric Senabre, Le Vallon du sommeil sans fin, Didier Jeunesse, coll. « Fiction », 2018, 288 p., 15,90 €. Imprimé en France.

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi

Parcourir la forêt de Brocéliande, camper sous ses grands arbres, visiter ses sites emblématiques, quoi de mieux pour des scouts ? Mais quand la patrouille des Loups apprend que l’épée du roi Arthur, la célèbre Excalibur, existe bel et bien, l’aventure du « grand jeu » devient une quête parsemée d’embûches… Il s’agira tout bonnement de la retrouver, cette épée, avant que la Guilde du chevalier noir ne mette la main dessus. Edouard, son ami Ange et Titouan font la connaissance d’Yvain, jeune garçon employé au château où résident les guides, Clémence et ses compagnes. Ami ? Ennemi ? De roman d’aventure, La Promesse du roi tourne vite au roman fantastique : car Brocéliande est un monde magique, avec ses étangs, ses pierres levées, ses cavernes… Après « Le Secret des murmureurs », Loïc Le Borgne signe un nouvel épisode des aventures de la patrouille des Loups : sera-t-elle à la hauteur du noble idéal qui animait les chevaliers de la Table Ronde ? Et cet idéal, aujourd’hui, comment le vivre au quotidien ?

Dès 12 ans

Loïc Le Borgne, Les Loups – La Promesse du roi, Mame, 2018, 224 p., 14,90 €

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf

« Pourquoi est-ce que certaines chansons nous rendent tristes ? Où va le soleil lorsqu’il disparaît dans l’océan ? Comment naît une amitié ? » Que de questions difficiles pour Marco le Renard ! D’autant plus que la seule réponse des autres renards tient en une phrase : « Y a‑t‑il un rapport avec la blanquette de poulet ? » Une phrase qui risque de devenir un refrain … Alors, pour y échapper, une seule solution : embarquer sur le bateau-cerf. Un bateau magique, qui tient de la goélette et du snakkar, dont on se demande si l’équipage est sorti de l’arche de Noé – mais une arche sans Noé ni sa tribu – ou d’un bateau corsaire. Un bateau magique, donc, et un voyage onirique, conté avec fantaisie par Dashka Slater et guidé par le pinceau des Fan Brothers, Eric et Terry Fan. Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf, c’est aussi un conte philosophique, à la recherche de l’essentiel.

Dès 5 ans

Dashka Slater, Le Fabuleux Voyage du bateau-cerf, illustrations de The Fan Brothers, Little Urban, coll. « Fabuleux voyage », 2018, 13,50 € — traduit de l’anglais par Véronique Mercier-Gallay. Imprimé en Chine.