Thème

Pour rire

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière

« Il était une fois, rien qu’une fois, une sorcière, une terrible sorcière qui vivait dans une forêt près d’un village. […] Tout le monde avait peur de la sorcière. Tout le monde… sauf Pierre ! Pierre était un galopin, un galopin qui n’avait peur de rien. » Et notre Pierre de grimper dans un pommier pour y cueillir une pomme. Passe la sorcière… avec un grand sac…
« — Comme ces pommes ont l’air savoureuses ! Tu m’en donnes une ? Pierre lui lance une pomme. – Misère de misère ! dit la sorcière, elle est tombée par terre. » Deux fois, Pierre saura lui jouer un tour à sa façon et se sauvera de ses griffes. Mais la troisième fois ? Qui ira cuire dans le four ?
Passé la première terreur, car la sorcière et vraiment très réussie dans son genre, on en redemande : nez crochu, doigts griffus, yeux bigleux, et un vocabulaire à l’avenant. Le texte est parfait pour une lecture à haute voix. La typographie aide même à mettre le ton. La présente adaptation de ce conte s’inspire plus particulièrement d’une version flamande, dont il a traduit toute la truculence.

Dès 3 ans

Gilles Bizouerne et Céline Murcier, Pierre et la Sorcière, illustrations de Roland Garrigue, Didier Jeunesse. 2016 pour l’album, 40 p., 12,90 € — 2019 pour la version poche, 40 p., 5,50 € — Imprimé en France

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes

Quand les enfants français chantent « La petite bête qui monte », leurs cousins allemands entonnent « Kommt eine Maus ». « Petit escargot » ? C’est « Die kleine Schnecke Max ». Et le grand cerf dans la forêt ? Il accueille aussi « ein Häslein », un petit lièvre apeuré. Ces comptines, jeux de doigts, rondes et berceuses ont été choisis pour leurs correspondances et leurs airs faciles à mémoriser. Ils sont chantés par des voix enfantines sur le CD qui accompagne le livre. L’album présente aussi les jeux possibles, les traductions et de nombreux conseils bienvenus pour les familles qui ne baignent pas dans un univers bilingue. Les illustrations sont fraîches et colorées, avec une touche d’humour et de fantaisie qui donne déjà le tempo.

Dès 4 ans

Claire Abbis-Chacé, Les plus belles comptines allemandes, illustrations de Cécile Hudrisier, Rémi Saillard et Olivier Latik, Didier Jeunesse, coll. « Les petits cousins », 2019 (nouvelle édition), 60 p. + CD de 45 min, 17,70 € — Disponible en streaming sur diverses plateformes. Imprimé en France

 

Bernadette Gervais, En 4 temps

Que se passe-t-il en 4 temps ? Un œuf devient poussin, puis poulet, puis poule. Un pissenlit en bouton, fleurit, se fane et ses graines s’envolent. Et l’escargot ? Le premier a besoin de 4 cases pour arriver et un autre, de 4 cases pour simplement passer ! Voilà le coquelicot, le hérisson, la neige et les saisons… Ces quatre temps sont très élastiques : de la lenteur extrême à la vitesse grand V, tout est possible en quatre cases. Une grande sobriété de traits pour une compréhension immédiate, des couleurs contrastées et une touche d’humour : les petits seront comblés.

Dès 3 ans

Bernadette Gervais, En 4 temps, Albin Michel Jeunesse, coll. Trapèze, 2020, 64 p., 18 € — Imprimé en Italie.

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons

Trois frères, trois coquins malins, trois mauvais caractères… Que vont nous inventer ces « trois boucs bougons » venus d’une lointaine Norvège ? Comment vont-ils réussir à franchir le pont sous lequel vit un affreux troll affamé ? Car de l’autre côté du pont, l’herbe est si tendre, si parfumée… Si, pour une fois, les disputes cessaient, afin d’apprendre que l’union fait la force ? La trouvaille sonore des « boucs bougons » est déjà tout un programme ! Sous le pinceau malicieux de Nathalie Ragondet, aquarelle et gouache, tout en nuances, racontent elles aussi une belle histoire, entre rêve et réalité.

Dès 3 ans

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons, illustrations de Nathalie Ragondet, Flammarion, Le Père Castor, 2020, 32 p., 5,25 € — Réédition (2013). Imprimé en République Tchèque

Christophe Lambert, Yakari, Les pierres qui parlent (t 10)

Graine-de-Bison, le camarade de Yakari, fait de mauvais rêves : son grand-père lui demande de retrouver un mystérieux objet. Or, « pour les Sioux, les rêves sont à prendre très au sérieux. Yakari a écouté sans rien dire, mais, lorsque le récit est terminé, il se lance :
— Je crois que la corne du bison se trouve dans les parages de la grande barrière, au pied de laquelle les troupeaux se regroupent chaque année avant la migration.
— La grande barrière ? De quoi s’agit-il ?
— Ce sont les parois très raides qui surplombent une petite vallée.
— Eh bien, allons‑y ! propose Graine-de-Bison. »
L’aventure peut commencer ! Les jeunes lecteurs se régaleront de ce nouvel épisode – le 10e ! – des exploits du petit Indien et de ses amis. Le texte romancé, facile à déchiffrer, est illustré par des images de la série télévisée dont est issu le scénario, lui-même inspiré par la bande dessinée originale.

Dès 6 ans

Christophe Lambert, Yakari, Les pierres qui parlent (t 10), Bayard Jeunesse, coll. « Yakari », 2020, 64 p., 5,90 € — Imprimé en France

3 Histoires de Pâques

Ce printemps, le Père Castor réédite trois contes de Pâques en un seul et bel album. « Le premier œuf de Pâques » (2010), sous la plume de Zemanel et le pinceau d’Amélie Dufour, raconte pourquoi les œufs de Pâques sont décorés. Et si cela était dû à la maladresse – et à la ténacité — de Poulette, qui tient absolument à montrer son premier œuf à la reine des poules ? Le même duo raconte les mésaventures de « Trois Petits Lapins » (2019) qui, à force d’explorer des lieux interdits, se trouvent enfermés dans un clapier. Anne Fronsaq, elle, a repris la fable de « la Petite Poule rouge » (que je connaissais rousse…). Le chat, le canard, l’oie et le dindon, croqués avec humour par Madeleine Brunelet, lui refusent leur aide pour cultiver son blé ? À leur aise. Mais quand il s’agit de déguster la brioche sortie du four, les paresseux se trouvèrent bien punis !

Dès 3 ans

3 Histoires de Pâques, Père Castor, Flammarion, 2020, 80 p., 8 € — Imprimé en Chine

Roald Dahl, Danny, champion du monde

Danny, le narrateur, 9 ans, partage avec son père une vie assez originale : ils habitent une roulotte, et gagnent leur vie en réparant les tacots du village et en tenant une modeste station-service, dans une Angleterre rurale qui voit encore s’opposer petites gens et gros propriétaire terrien. Une nuit, Danny se réveille, seul… Quand son père émerge de l’obscurité, il se confie :
«  — J’ai décidé quelque chose, m’a‑t-il dit. Je vais te révéler le plus grand secret et le plus sombre secret de toute ma vie […] La vérité, c’est que j’étais dans les bois de Hazell. […] Tu sais ce que veux dire braconner ? […] Ça veut dire aller dans les bois en pleine nuit et revenir avec quelque chose à mettre dans la marmite. »
Est-ce du vol ? s’inquiète le bambin. Non, « c’est un art », lui révèle son père. Et voilà que Danny va pouvoir accompagner son père dans ce « sport si fabuleux, si palpitant » du braconnage. Vont en effet s’enchaîner les trouvailles les plus farfelues pour attraper ces faisans que Monsieur Hazell élève pour frimer lors de chasses mondaines. Mais comment échapper aux gardes-chasses ? Roald Dahl multiplie les astuces et nous suivons avec entrain (mais en silence !) les silhouettes dessinées par Quentin Blake. Une belle histoire de connivence et d’amour entre un père et son fils. Un régal.

Dès 9 ans

Roald Dahl, Danny, champion du monde, illustré par Quentin Blake, Gallimard Jeunesse, 2020, 272 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie. Nouvelle édition

ValValérie Rouzeau, Oh ! Regarde

« Oh ! Regarde, il neige ! » Par la fenêtre, les enfants observent : un arbre, tout nu ; un petit oiseau ; trois lapins… Que va-t-il se passer si le chat s’en mêle ? Et voilà un ours ! Oh, non, pas ça… Un texte poétique, des dessins très colorés : avec une grande économie de moyens, Valérie Rouzeau et Silvia Borando parviennent à tenir le jeune lecteur en haleine, jusqu’à l’éclat de rire du rebondissement final. Que de péripéties devant la fenêtre !

Tout-petits

Valérie Rouzeau, Oh ! Regarde, illustrations de Silvia Borando, Editions Didier Jeunesse, 2020, 44 p., 12,90 € — Imprimé en Chine

Anna Walker, Lottie & Walter

« Lottie avait un secret. […] Lottie était la seule à savoir qu’un requin se cachait au fond de la piscine. » Et chaque samedi, Lottie avait mal au ventre et restait assise au bord du bassin. Jusqu’au jour où apparut Walter, « très occupé à chantonner Oumbelli dou, loumbelli la, loupiii lou ! ». Longues moustaches, belles défenses, est-il sorti « De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll, ce sympathique morse joueur ? Toujours est-il que notre Lottie, un beau samedi, sauta… de l’autre côté de l’eau. Bravo, Lottie !

Dès 4 ans

Anna Walker, Lottie & Walter, Kaléidoscope, 2020, 48 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde

« — C’est l’heure d’aller dire bonne nuit à tout le monde.
— A tout le monde ?
— Oui. A papa, à tes frères, à tout le monde ! »
Tout le monde, c’est aussi « mon voisin Henri », la boulangerie et la « fontaine jolie », les bateaux, la mer, les poissons… et bien sûr la lune et les étoiles ! Après un voyage des plus oniriques, notre petit personnage et ses amis sauteront sur une douce étoile – et feront de beaux rêves. Un album coloré et délicieux, parfait pour le rituel du soir.

Avant 3 ans

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais et original en japonais. Imprimé en France

Roald Dahl, Petit Manuel des gros mots de Roald Dahl

Vermicieux, éboucraillure, tarabistourne… Non, ce ne sont pas des injures du capitaine Haddock, mais celles qui, ici ou là, émaillent les récits de Roald Dahl – ou dont il explique la fabrication. Un gros mot, qu’est-ce au juste ? C’est « un mot que les adultes n’aiment pas vous entendre prononcer, même s’ils sont les premiers à s’en servir », avec un lexique curieusement assez limité, « alors qu’il y en a des zillions ». Or les meilleurs jurons sont ceux que l’on invente soi-même. Mais encore faut-il en avoir la recette et les utiliser à bon escient. Car, rappelle Susan Rennie, « l’étrange pouvoir que possèdent les gros mots ne se manifeste que quand on sait s’en servir juste au bon moment ». Mots-valises, allitérations, jurons à l’ancienne, comparaisons EXPLOSIVES : à vous d’apprendre à côté du maître.

Dès 8 ans

Roald Dahl, Petit Manuel des gros mots de Roald Dahl, illustrations de Quentin Blake, compilation de Susan Rennie, Gallimard Jeunesse, 2020, 96 p., 10 € — Traduit et adapté de l’anglais par J.-F. Ménard.

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines

« Tortue de mer ;
Tortue de terre,

Du sud au nord,
Bien malin qui connaît son âge.

La tortue est un château fort
Qui voyage. »

Cette tortue château fort qui marche à pas menus dans la nuit bleue illustre bien le ton de ce mini-recueil de poésie. Elle a aussi inspiré le graphiste de l’Atelier Saje qui en a conçu la couverture. Pierre Coran nous promène d’alphabet en étoiles, de jardins en montagnes, jouant des mots et des rimes avec son incomparable regard, espiègle et tendre. Ne reste plus qu’à faire le portrait de l’oiseau, cet oiseau de poésie qui, d’année en année, niche dans le marronnier de la cour. Entre comptines et poèmes, des textes qui s’apprendront tout seuls, pour le plaisir des écoliers.

Dès 6 ans

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines, Didier Jeunesse, coll. « Il était une (mini)fois », 32 p., 3 € — Imprimé en France