Thème

Pour rire

Roald Dahl, Danny, champion du monde

Danny, le narrateur, 9 ans, partage avec son père une vie assez originale : ils habitent une roulotte, et gagnent leur vie en réparant les tacots du village et en tenant une modeste station-service, dans une Angleterre rurale qui voit encore s’opposer petites gens et gros propriétaire terrien. Une nuit, Danny se réveille, seul… Quand son père émerge de l’obscurité, il se confie :
«  — J’ai décidé quelque chose, m’a‑t-il dit. Je vais te révéler le plus grand secret et le plus sombre secret de toute ma vie […] La vérité, c’est que j’étais dans les bois de Hazell. […] Tu sais ce que veux dire braconner ? […] Ça veut dire aller dans les bois en pleine nuit et revenir avec quelque chose à mettre dans la marmite. »
Est-ce du vol ? s’inquiète le bambin. Non, « c’est un art », lui révèle son père. Et voilà que Danny va pouvoir accompagner son père dans ce « sport si fabuleux, si palpitant » du braconnage. Vont en effet s’enchaîner les trouvailles les plus farfelues pour attraper ces faisans que Monsieur Hazell élève pour frimer lors de chasses mondaines. Mais comment échapper aux gardes-chasses ? Roald Dahl multiplie les astuces et nous suivons avec entrain (mais en silence !) les silhouettes dessinées par Quentin Blake. Une belle histoire de connivence et d’amour entre un père et son fils. Un régal.

Dès 9 ans

Roald Dahl, Danny, champion du monde, illustré par Quentin Blake, Gallimard Jeunesse, 2020, 272 p., 14,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie. Nouvelle édition

ValValérie Rouzeau, Oh ! Regarde

« Oh ! Regarde, il neige ! » Par la fenêtre, les enfants observent : un arbre, tout nu ; un petit oiseau ; trois lapins… Que va-t-il se passer si le chat s’en mêle ? Et voilà un ours ! Oh, non, pas ça… Un texte poétique, des dessins très colorés : avec une grande économie de moyens, Valérie Rouzeau et Silvia Borando parviennent à tenir le jeune lecteur en haleine, jusqu’à l’éclat de rire du rebondissement final. Que de péripéties devant la fenêtre !

Tout-petits

Valérie Rouzeau, Oh ! Regarde, illustrations de Silvia Borando, Editions Didier Jeunesse, 2020, 44 p., 12,90 € — Imprimé en Chine

Anna Walker, Lottie & Walter

« Lottie avait un secret. […] Lottie était la seule à savoir qu’un requin se cachait au fond de la piscine. » Et chaque samedi, Lottie avait mal au ventre et restait assise au bord du bassin. Jusqu’au jour où apparut Walter, « très occupé à chantonner Oumbelli dou, loumbelli la, loupiii lou ! ». Longues moustaches, belles défenses, est-il sorti « De l’autre côté du miroir » de Lewis Carroll, ce sympathique morse joueur ? Toujours est-il que notre Lottie, un beau samedi, sauta… de l’autre côté de l’eau. Bravo, Lottie !

Dès 4 ans

Anna Walker, Lottie & Walter, Kaléidoscope, 2020, 48 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Italie

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde

« — C’est l’heure d’aller dire bonne nuit à tout le monde.
— A tout le monde ?
— Oui. A papa, à tes frères, à tout le monde ! »
Tout le monde, c’est aussi « mon voisin Henri », la boulangerie et la « fontaine jolie », les bateaux, la mer, les poissons… et bien sûr la lune et les étoiles ! Après un voyage des plus oniriques, notre petit personnage et ses amis sauteront sur une douce étoile – et feront de beaux rêves. Un album coloré et délicieux, parfait pour le rituel du soir.

Avant 3 ans

Sachie Hattori, Bonne nuit le monde, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 12,90 € — Traduit de l’anglais et original en japonais. Imprimé en France

Roald Dahl, Petit Manuel des gros mots de Roald Dahl

Vermicieux, éboucraillure, tarabistourne… Non, ce ne sont pas des injures du capitaine Haddock, mais celles qui, ici ou là, émaillent les récits de Roald Dahl – ou dont il explique la fabrication. Un gros mot, qu’est-ce au juste ? C’est « un mot que les adultes n’aiment pas vous entendre prononcer, même s’ils sont les premiers à s’en servir », avec un lexique curieusement assez limité, « alors qu’il y en a des zillions ». Or les meilleurs jurons sont ceux que l’on invente soi-même. Mais encore faut-il en avoir la recette et les utiliser à bon escient. Car, rappelle Susan Rennie, « l’étrange pouvoir que possèdent les gros mots ne se manifeste que quand on sait s’en servir juste au bon moment ». Mots-valises, allitérations, jurons à l’ancienne, comparaisons EXPLOSIVES : à vous d’apprendre à côté du maître.

Dès 8 ans

Roald Dahl, Petit Manuel des gros mots de Roald Dahl, illustrations de Quentin Blake, compilation de Susan Rennie, Gallimard Jeunesse, 2020, 96 p., 10 € — Traduit et adapté de l’anglais par J.-F. Ménard.

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines

« Tortue de mer ;
Tortue de terre,

Du sud au nord,
Bien malin qui connaît son âge.

La tortue est un château fort
Qui voyage. »

Cette tortue château fort qui marche à pas menus dans la nuit bleue illustre bien le ton de ce mini-recueil de poésie. Elle a aussi inspiré le graphiste de l’Atelier Saje qui en a conçu la couverture. Pierre Coran nous promène d’alphabet en étoiles, de jardins en montagnes, jouant des mots et des rimes avec son incomparable regard, espiègle et tendre. Ne reste plus qu’à faire le portrait de l’oiseau, cet oiseau de poésie qui, d’année en année, niche dans le marronnier de la cour. Entre comptines et poèmes, des textes qui s’apprendront tout seuls, pour le plaisir des écoliers.

Dès 6 ans

Pierre Coran, Méli-mélo, 25 poèmes et comptines, Didier Jeunesse, coll. « Il était une (mini)fois », 32 p., 3 € — Imprimé en France

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois

Pour tirer les rois, autant être nombreux. Quand Caroline invite tous ses amis, les chiens Bobi, Youpi et Pipo, les chats Pouf et Noiraud, l’ourson Boum, le lionceau Kid, et la panthère Pitou, rien ne se passe tout à fait comme chez votre tante Monique… Pierre Probst a le talent de broder toute une histoire autour de chaque événement familial. Autant de rebondissements que de fèves dans ces galettes ! Mésaventures, petites chamailleries et bonnes actions : les héros de cette petite bande méritent bien leurs couronnes !

Dès 4 ans

Pierre Probst, Caroline et la galette des rois, Hachette Jeunesse, 2010, 22 p., 5,50 € — Réédition de l’album de 2003, avec une nouvelle couverture.

Cecilia Heikkilä, Le voyage de Blaireau

… « ou comment être emporté par le vent et trouver sa place ». Ou plutôt comment la retrouver ! Car notre Blaireau prenait de bien mauvaises habitudes. « Autrefois, il était capitaine de bateau et il avait bourlingué sur toutes les mers du monde. » Mais son bateau, le Lilly, restait à quai et il sentait peser le poids des ans, de l’inaction et des petites routines. Quand il découvrit un beau matin « quelque chose d’emberlificoté et d’étrange qui avait échoué sans demander la permission ». Cet « Embrouillamini » réveillé, voilà nos deux compères embarqués (au sens propre du mot !) sans le vouloir sur le Lilly, pour un voyage plein de rencontres imprévues. Histoire et dessins se répondent de page en page sur un rythme soutenu. Le trait plein d’humour de Cecilia Heikkilä n’est pas sans rappeler les Moumines (ou les Moomins) dans un style très ’70. A déguster avec des biscuits suédois !

Dès 3 ans

Cecilia Heikkilä, Le voyage de Blaireau, Cambourakis, 2019, 48 p., 14 € — Traduit du suédois. Imprimé en Lettonie.

Chloé Chauveau, La Moufle

Brr, qu’il fait froid… Et voilà qu’un galopin perd sa moufle dans la neige. « La moufle de laine rouge, encore toute chaude, fut vite repérée par une souris, qui passait en trottinant sur se petites pattes gelées.
— Oh, un abri tout chaud, quel coup de pot ! s’époustoufla-t-elle. »
Et voilà notre souris logée dans la moufle. Passent ensuite le lapin, le renard et le sanglier, et chacun, en se tassant « un peu » trouve sa place à l’abri. Jusqu’à ce qu’une petite fourmi demande aussi asile…
Ce conte russe traditionnel est ici adapté pour les toutes petites menottes, à un tout petit prix. Mais pas question pour autant de perdre ses moufles dans la neige !

Avant 3 ans

Chloé Chauveau, La Moufle, illustrations de Céline Bielak, Lito, coll. « Minicontes classiques », 2017, 12 p., 1,99 €

Mathieu Lavoie, Frouch

Un petit bonhomme suivi de son âne porteur d’un panier d’œufs, une poule sur le chemin, un oiseau dans le ciel. a, ce sont les dessins. Le texte, lui, fait Cui ! cui !, Cot ! Cot !, Hihan ! De page en page, l’œuf est vendu, puis ajouté à un gâteau par une maman dont le bébé dort, bien accroché dans son dos. Et les onomatopées de sonner de plus belle : Zwiz ! Miam ! Tic, tic, tic… Jusqu’à ce que la maman s’endorme. Zzz… Et joue de la trompette. Tut ! Tut ! Alors, ce « Frouch » ? Il est suivi d’un « Pin-pon » tonitruant, car c’est le bruit du gâteau qui brûle dans le four ! De grands à‑plats de couleur, des bruits, cela fait une histoire qui ravira les amateurs de cris d’animaux. Un drôle d’album venu du Québec, où les chats font aussi « Miaou ! », les chiens « Ouaf ! » et la pluie « Plic, ploc ! ».

Avant 3 ans

Mathieu Lavoie, Frouch, Hélium, 2019, 64 p., 13,90 € — Imprimé au Portugal

Marcel Aymé, L’Eléphant

Il pleut tant et tant que Delphine et Marinette décident de « jouer à l’arche de Noé ». Les parents partis, comme souvent, chez l’oncle Alfred, elles font entrer dans la cuisine tous les animaux de la ferme. Mais, qui va jouer l’éléphant ? Voilà une petite poule blanche bien décidée à endosser le rôle… Et par la fantaisie de Marcel Aymé, maître es formules magiques, la poule devient vraiment un éléphant. Un énorme éléphant…
Il revenait bien sûr aux Editions des Eléphants de rééditer ce Conte bleu du Chat Perché écrit en 1941 – et qui n’a pas pris une ride. D’autant plus qu’il est illustré des bois colorés et pleins d’humour de May Angeli, à qui nous devions déjà Les Boîtes de peinture .

Dès 8 ans

Marcel Aymé, L’Eléphant, illustrations de May Angeli, Editions des Eléphants, 2019, 48 p., 16,50 €

Inès de Chantérac, Abécédaire zoologique

Savez-vous qu’un diplodocus peut être diplomate ? Un kangourou, kleptomane ? Un narval, noctambule ? Un vison, vaniteux ? De l’âne attentif au zèbre zélé, de A à Z, Inès de Chantérac vous conduit dans les allées d’un zoo vivant et coloré. Les animaux y sont dépeints, à l’instar de ceux du fabuliste, avec qualités et défauts, de charmantes émotions, de plus coquines aussi. Les mots les plus compliqués sont parfois les plus cocasses et fondent dans la bouche comme des sucreries. Une joyeuse façon d’apprendre l’alphabet, avec ses majuscules et des minuscules, mais aussi le nom d’animaux moins connus, du fennec à l’unau en passant par le quetzal et le xipho. Inès de Chantérac n’a pas son pareil pour leur donner des traits malicieux et les habiller, voire les accoutrer avec une vive imagination teintée de tendresse. Quelle idée d’affubler le raton laveur d’un bermuda aux couleurs de la Bretagne !

Dès 3 ans

Inès de Chantérac, Abécédaire zoologique, Editions Pierre Téqui, 2019, 32 p., 13,90 € — Imprimé en France