Thème

Pour rire

Valérie Yagoubi, Chacun cherche son mot

« L’automne n’est rien sans un hi…
L’automne n’est rien sans un hiver. Après l’automne vient toujours l’hiver, puis le printemps, l’été , et de nouveau l’automne. »
Et la craie ? « La craie n’est rien sans une ar… La craie n’est rien sans une ardoise. Est-ce que tu peux écrire ton nom sur une ardoise ? » Et la fée ? Et le printemps ? Et le parachute ?
Cet album propose des devinettes toute simples aux enfants dès 3 ans : il les invite à observer la vie quotidienne mais aussi à répondre à de petits défis. L’illustratrice Agnès Audras joue des formes et des couleurs avec humour et poésie : chaque fenêtre ouvre sur une surprise et aide à apprendre des mots nouveaux, comme autant de gourmandises.

Dès 3 ans

Valérie Yagoubi, Chacun cherche son mot, illustrations d’Agnès Audras, Seuil Jeunesse, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Chine

Sophie Marvaud, Hermès détective – Ulysse a disparu (t. 3)

« — Tu sais qu’on vide ta cave et tes réserves de nourriture ? Bientôt, vous serez ruinés, Télémaque et toi !
L’adolescent, qui vient de rentrer dans la cour, se précipite vers la reine.
— Ne cède pas, Maman : Personne ne mérite de prendre la place de mon père ! »
Mais ce mari et père chéri, le célèbre Ulysse, fait-il vraiment tous les efforts nécessaires pour revenir à Ithaque, alors que la guerre de Troie est finie depuis dix ans ? C’est ce qu’Hermès, le dieu aux sandales ailées, va tenter de découvrir… avant que Pénélope ait fini son tissage. Loin de proposer un nouvel abrégé de l’Odyssée, Sophie Marvaud a choisi de mettre le lecteur dans le secret d’une filature bien spéciale, menée par Hermès : tout en restant fidèle aux sources, elle imagine certains raccourcis très astucieux dans ce « polar mythologique » destiné aux lecteurs débutants.

Dès 8 ans

Sophie Marvaud, Hermès détective – Ulysse a disparu (t. 3), illustrations de Delphine Renon, Magellan & Cie, 2020, 80 p., 9,90 € — Imprimé en France

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9)

« — C’était peut-être pas une bonne idée de se porter volontaires pour organiser ce truc… » Ce truc, c’est la kermesse de l’école, et les parents Saint-Arthur, épuisés, font le point après une réunion aussi houleuse qu’hilarante (au moins pour les lecteurs). Mais le vrai souci, c’est celui du gros lot de la tombola ! Et papa doit trouver « une idée forte une idée nouvelle, une idée… » La solution se trouvera-t-elle dans le colis envoyé par papy ? Mais un collier en cuir avec une petite plaque dorée et une cloche en cuivre, est-ce vraiment un gros lot ? Que nenni, « le reste sera livré le jour de la kermesse, tout est prévu ». Les prévisions de papy se conjuguant parfaitement avec l’imprévu, voilà que cette histoire de gros lot occupe les nuits de papa, les cauchemars de la directrice et les fantasmes de toute l’école…
En mineure, les lecteurs apprécieront les efforts de Brune et de ses camarades pour aider Pénélope à avoir des bonnes notes et à retrouver l’estime d’elle-même – même si certaines méthodes ne sont pas des plus honnêtes !
Comme toujours – nous en sommes au 9e tome – la famille Saint-Arthur vit à 100 à l’heure, et comme toujours, qui lâcherait le roman en route ? Même pour une course en sac ou une barbe à papa !

Dès 8 ans

Paul Beaupère, Les folles aventures de la famille Saint-Arthur — On va gagner, on vous le jure (t 9), Mame, 2020, 160 p., 10 € — Imprimé en Italie

Nadine Robert, Joseph Fipps

« Tu dis toujours non ! Je ne peux jamais rien faire ! Tu es méchante et je veux une autre mère !
Maman a de gros yeux ronds.
— Très bien, dit-elle. Je connais une maman qui voudra peut-être s’occuper de toi. C’est une maman morse qui habite sur la banquise, au pôle Nord. »
Parce que parfois, trop, c’est trop, et ce petit Joseph en accumule, des bêtises, du haut de ses cinq ans. Alors Maman se fâche (mais, ici, notons qu’elle garde son flegme !), et Joseph ronchonne. Avant de partir bouder. Jusqu’au pôle Nord ? Tout se finira par des câlins, dans cet album plein de tendresse et d’imagination, tout droit venu du Québec.

Dès 4 ans

Nadine Robert, Joseph Fipps, illustrations de Geneviève Godbout, La Pastèque, 2020, 40 p., 16 €

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver

Gulliver – Lemuel de son prénom – est, l’a‑t-on oublié ? – chirurgien de marine. Jusqu’au jour où son navire fait naufrage. Le voilà recueilli par les Lilliputiens, peuple minuscule mais néanmoins belliqueux. Un des motifs de leur guerre contre l’Empire de Blefuscu ? « Une très vieille querelle autour de la façon de casser les œufs à la coque » : par le gros bout, comme les Gros-Boutistes, ou par le petit bout, comme le défendent les Petits-Boutistes ? Après ce voyage à Lilliput, Gulliver se retrouve à Broddingnag, quelque part entre l’Amérique et le Japon, puis à « Laputa, Balnibarbi et autres contrées », avant de se retrouver chez les Houyhnhnms, ces chevaux aussi beaux qu’intelligents. Ce roman d’aventures du XVIIIe siècle, où la science-fiction et le fantastique permettent de se moquer de nos travers, a été adapté ici pour de jeunes lecteurs sans perdre de sa vivacité ni de son style inimitable.

Dès 9 ans

Jonathan Swift, Voyages de Gulliver, adaptation de Claude Carré, illustrations de Kaa, Auzou, coll. « Recueils universels », 2017, 104 p., 17,50 €

Marie-Sabine Roger, Ma Cabanamoi

« Quand je serai haut comme ça, je me ferai une cabane, ce sera ma cabanamoi. La cabane de Noah. Je la construirai tout seul, dans ce très très gros arbre. » Grand comme trois pommes, notre bonhomme ? Bien plus que ça : Chloé Alméras a superposé pommes, clémentines, oranges, concombre et aubergine pour laisser imaginer la taille de Noah ! Tout aussi farfelu est le dialogue qui s’instaure entre Noah et le narrateur : « Mais si un loup survient, Noah ? Un loup à grandes dents qui piquent ? » Sans se démonter, notre loulou de répondre : « Je m’encabanerai dans ma cabanamoi. J’en redescendrai pas. » Bref, un digne émule du Baron perché d’Italo Calvino, notre Noah : il trouve autant de plaisir à vivre au-dessus des adultes qu’à jouer avec les mots ! Et la cabanamoi de grandir, grandir, grandir…

Dès 4 ans

Marie-Sabine Roger, Ma Cabanamoi, illustrations de Chloé Alméras, Seuil Jeunesse, 2020, 40 p., 12,50 € — Imprimé au Portugal

Jean-Baptiste Lapierre, Brennos, le sanglier de Condate

« Même s’il a encore des rayures, [Brennos] n’est plus un marcassin et il est assez grand pour se débrouiller seul. Il aime explorer la forêt pour… …se faire de nouveaux amis, reconnaître les champignons vénéneux… et surtout, échapper aux hommes qui le traquent pour le faire rôtir à la broche et le manger. Pour le débusquer, ils ont de terribles molosses qui flairent sa piste. Aouuuuh ! Les hommes, c’est ce dont Brennos a le plus peur. »
Alors, quand les Gaulois lâchent leurs chiens et le poursuivent à qui mieux mieux… Gare à celui qui quitte la profondeur des halliers et ne se méfie pas assez de leurs pièges ! À force de volonté, notre sanglier saura si bien dominer sa peur que les Gaulois le prendront comme emblème. Cette leçon de vie est illustrée avec beaucoup d’humour et de finesse par Arnaud Josselin, jeune papa de petits marcassins joueurs et curieux — à qui il convient néanmoins d’apprendre à dépasser leurs légitimes appréhensions devant le monde des grandes personnes. Le texte de JeanBaptiste Lapierre, vif et joyeux, se prête parfaitement à une lecture à haute voix. Maintenant, on en sait beaucoup plus sur l’enfance des sangliers chassés par les voisins d’Astérix !

Dès 5 ans

Jean-Baptiste Lapierre, Brennos, le sanglier de Condate, illustrations d’Arnaud Josselin, La Nouvelle Librairie Jeunesse, 2020, 32 p., 9,90 €

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi

Les carambars qui collent et les collants qui grattent, les 45 tours et les leçons de morale, les collections de porte-clés et les scoubidous, la « vraie » boîte de Banania et la queue du tigre Esso, cela vous dit quelque chose ? Non ? Alors, vous n’étiez pas « petite… comme moi » en 1964. Enfin un album qui permet de partager ses souvenirs d’enfance avec ses petits-enfants ! Les textes, espiègles et joyeux, plongent dans l’atmosphère des Trente Glorieuses, des écoles « de filles » et « de garçons », des voyages en 403 sur la nationale 7 et des Monsieur Hulot en Solex. Gilles Bonotaux a retrouvé les objets iconiques de notre enfance – oui, ça y est, vous savez enfin que Mme la Chouette avait 9 ans en 1964 ! Poupées en costumes traditionnels au-dessus du lit, bandeau dans les cheveux, soirées diapos, – jusqu’aux blagues téléphoniques visant – pan, pan ! – Monsieur Lapin, tout y est plus vrai que vrai. C’est léger comme l’enfance, cette enfance que les adultes laissaient le plus souvent à l’écart des tumultes et des misères du monde. Un régal !

Dès 6 ans

Hélène Lasserre, Quand Mamie était petite… comme moi, illustrations de Gilles Bonotaux, Saltimbanque Editions, 2020, 64 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Eleonora Marton, Monstres de maison

Connaissez-vous le crissgrif ? le sluuurp ? le cuisinosaure ? Ce sont quelques-uns des monstres qui se réveillent la nuit dans la maison de Lola. Ongles pointus, tentacules crochus, langue baveuse, bras extensibles… Brrr ! « Mais le matin, lorsque le soleil se lève, qu’est-ce que je vois ? » Ici un panier à linge, ailleurs une louche dans la soupière ou les bottes de grand-père… Jouant sur des ombres chinoises et des fonds sombres, Eleonora Marton a créé de terribles monstres, qu’elle démonte littéralement dans les pages suivantes, saturées de couleurs joyeuses. Heureusement, confie Lola, « il n’y a aucun monstre dans ma chambre, ni le jour ni la nuit. Ouf ! ». A lire en y mettant le ton, en alternant grosse voix et étonnement – fous rires assurés !

Dès 4 ans

Eleonora Marton, Monstres de maison, Grasset Jeunesse, 2020, 48 p., 15,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Espagne

Sophie de Mullenheim, La Lettre anonyme

« Depuis que nous sommes entrés dans le groupe Enquêtes et Filatures, ma vie a changé. Je pense agent secret. Je vis agent secret. Je mange agent secret. Je rêve agent secret. Je SUIS un agent secret ! Je ne m’ennuie plus jamais. »
Moi, c’est Octave, 12 ans, élève de 5e au collège Paul Claudel. Avec ma sœur, Plume, Mathis et Eliott, je sens que nous allons bien rire dans nos enquêtes ! Yvain, notre professeur, est un ancien agent secret, et un peu détective aussi. Aujourd’hui, nous avons retrouvé les morceaux d’une lettre déchirée. En mettant à l’œuvre nos talents d’enquêteurs, nous avons réussi à lire le message. Mais qui en est donc l’auteur ? Ouvrons l’œil ! Il semblerait qu’un élève se fasse harceler, mais par qui ?
Gageons que Sophie de Mullenheim a su s’inspirer des aventures quotidiennes de ses six enfants et de ses rencontres avec des collégiens pour concocter ce petit roman d’aventure, dans la lignée du Club des 5 et du Clan des 7. Idéal pour les vacances.

Dès 10 ans

Sophie de Mullenheim, La Lettre anonyme, illustrations de Marine Gosselin, Mame, coll. « Ouvrez l’œil », 2020, 176 p., 10 € — Imprimé en Italie

Coralie Saudo, Les trois petits champions

« Les trois petits champions sont inséparables. Ils vivent ensemble, jouent ensemble, rient ensemble, et surtout surtout surtout : ils sont super doués pour tout ! » Passe sur le chemin un vieux loup pelé, édenté, qui a besoin d’aide. Mais qui pose une question bien embarrassante : « Alors dites-moi, lequel d’entre vous est le plus doué ? » Les images ont déjà dévoilé le plus important : les trois petits champions sont bien… les trois petits cochons. Il est rare que les contes détournés soient aussi drôles que les originaux. Ici, Coralie Saudo joue avec le fait que les enfants connaissent l’histoire par cœur pour les initier aux joies du travail en commun. Conclusion : « Cher loup, il est hors de question que nous nous séparions… C’est ENSEMBLE que nous sommes champions ! »

Dès 3 ans

Coralie Saudo, Les trois petits champions, Editions Tom’Poche, 2018, 32 p., 5,50 € — Imprimé en Italie

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine