Thème

Pour rire

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit

Petit Biscuit, Munchy de son prénom, est né dans la célèbre pâtisserie Munch. Il fait partie de l’assortiment royal et a même la chance de posséder deux jambes. Un beau matin, sa décision est prise : « Bon, les voisins, je ne sais pas ce que vous faites, mais moi, je m’en vais ! » Et le voilà filant à l’anglaise en compagnie d’un Saint-Nicolas, qui, la porte juste franchie, se fait écraser – scroutch, plus de Saint-Nicolas ! Elle commence bien mal, cette histoire… Petit Biscuit va vivre de terribles aventures, et même s’il est consolé par une charmante Madeleine, il n’en finira pas moins croqué… et par qui ? Par son créateur, qui le ramasse sur le trottoir — beurk ! Un Carl Norac au mieux de sa forme, croqué, lui aussi, par le crayon de Magali Le Huche. Une terrible histoire, aussi cruelle et décalée que certains contes d’Andersen, à raconter avant ou après le goûter, selon l’appétit de vos jeunes lecteurs. Qui, espérons-le, ne s’en étrangleront pas de rire ! Et vous, lequel auriez-vous croqué ? La Madeleine, un Nullo phosphorescent, le Old Clown, le Biscuit Militaire ou Mademoiselle Choco-Mousse ?

Dès 5 ans

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit, illustrations de Magali Le Huche, Sarbacane, 2020, 36 p., 15,90 €

Graham Carter, Le voleur d’histoires

Olivia habite sur une île et, comme elle aime beaucoup lire, son papa l’emmène en bateau à la bibliothèque. « Un jour, en rentrant, l’un de ses livres passa par-dessus bord et Olivia le vit couler, couler, couler dans les profondeurs de l’océan… » Vous vous doutez bien qu’il ne va pas se coincer pour l’éternité entre deux rochers, sinon, il n’y aurait pas d’histoire. Non, le livre réveilla un étrange animal. Qui se demanda illico si ce bel objet se portait (comme un chapeau), se mangeait (comme un gâteau) ou s’il contenait un trésor (on trouve toujours des trésors dans l’océan !)… Et voilà notre sympathique poulpe parti enquêter à sa manière, en volant tous les livres qu’il peut trouver. A quoi peuvent servir les livres quand on ne sait pas lire ? Coup de chance, après moult aventures, Olivia retrouva le poulpe et « se mit à lire à haute voix » (au passé simple, s’il vous plaît). A vous de découvrir la suite ! Un beau voyage en perspective au royaume des livres et de la lecture, un royaume aux couleurs chatoyantes.

Dès 5 ans

Graham Carter, Le voleur d’histoires, Kimane, 2021, 34 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Alice de Nussy et Janik Coat, La Malédiction des flamants roses

A côté d’Alice, qui écrit, et de Janik, qui dessine, il y a aussi Valéria, « celle qui chapeaute » et qui va, l’air de rien, tenter d’organiser le joyeux bazar qui s’annonce. Plein de grâce, en tutu rose, debout sur une jambe ? C’est une danseuse. Mais sur une patte ? Alors, c’est un flamant rose, « le héros de notre histoire ». Mais avez-vous déjà vu un flamant rose tout seul ? En Camargue, ils vivent en groupes serrés. Tiens, Janik a caché (enfin, on ne voit que lui !) un corbeau dans la page. A la suivante, entrent en scène un éléphant et un (ou une) hippopotame. Ensuite, ça se déchaîne ! Valéria ne peut plus rien face à l’imagination d’Alice et de Janik : une forêt, un loup, un renard, un chaperon rouge, un écureuil… De page en page les personnages se révoltent contre les choix d’Alice et de Janik – est-ce vraiment comme cela que se fabrique un album ? Les dernières pages proposent aux enfants de découper les personnages et de les coller sur les paysages – un code permet de les télécharger pour ne pas abimer le livre. Le très grand format de l’album permet de le raconter à un groupe d’enfants, qui pourront prolonger ce moment un peu farfelu en créant leur propre version de l’histoire. Ils peuvent aussi parrainer un flamant rose, à la Tour du Valat.

Dès 3 ans

Alice de Nussy, La Malédiction des flamants roses, illustrations de Janik Coat, Grasset Jeunesse, 2021, 48 p., 18,90 € — Imprimé en Espagne

Sesyle Joslin, La Petite Famille

« Dans la maison, il y a le salon.
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père.
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père et la mère. »
Vous avez compris le truc, n’est-ce pas. Mais attention à la dernière reprise :
« Dans la maison, il y a le salon. Et dans le salon, il y a le père et la mère et le bébé et le crocodile. Adieu petite famille ! ».
Initialement paru en 1964, La petite famille est un drôle de manuel d’apprentissage du français pour les jeunes enfants anglophones. À partir de mots du quotidien, des phrases simples sont construites, puis la répétition et l’addition en font de vraies saynètes. Quatre histoires, délicieusement absurdes, sont proposées dans le livre — La petite famille ; le banquet ; le clown ; la belle dame —, complété par un lexique bilingue du vocabulaire utilisé. Les illustrations très colorées de John Alcorn (1935–1992) accompagnent parfaitement ces drôles d’histoires, dans l’esprit très « pop » des années 1960. La réédition, à l’identique, du livre permettra aux jeunes lecteurs francophones de parfaire leur lecture et de s’initier au vocabulaire anglais.

Dès 3 ans (avec des parents qui parlent comme les Beatles !)

Sesyle Joslin, La Petite Famille, illustrations de John Alcorn, Editions MeMo, 2021, 44 p., 16 €. Traduit de l’anglais (Etats-Unis). Imprimé en Europe

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !

« Capitaine Bébé enfile sa combinaison, met ses bottes et son casque, et il démarre son gros camion de pompiers. C’est l’heure de sa tournée. Il doit s’assurer que tout va bien. » Mais si tout allait bien, il n’y aurait pas d’histoire à raconter ! Justement, « il y a le feu dans la boutique de madame Girafe ! ». Pin-pon, pin-pon… Le camion rouge de Capitaine Bébé traverse la page, toutes sirènes hurlantes ! Oh, oh, comment dire ? Est-ce vraiment la lance à incendie qui a mis de l’eau partout ? Capitaine Bébé aurait-il… fait pipi au lit ? Une approche originale et vraiment amusante de ces petits malheurs, sous la plume d’Alain Serge Dzotap, auteur camerounais. Les dessins de Brice Postma Uzel s’inspirent avec succès des pochoirs de l’école russe – on pense à Natalie Parain ou à Hélène Guertik.

Dès 3 ans

Alain Serge Dzotap, Capitaine bébé !, illustrations de Brice Postma Uzel, Sarbacane, 2021, 32 p., 13,90 € — Imprimé en Italie

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale

Est-ce le clapotis de la pluie sur les carreaux ? Le parfum des frites ? Ou bien encore la soucoupe volante de l’affreux Blast Ador ? Toujours est-il que Madame la Chouette a été secouée dans son sommeil et entraînée dans le Nord par un ourson fort téméraire, quelque part entre champs de betteraves et terrils abandonnés. Et soudain, Les Harley-Davidson ont hurlé encore plus fort que les basses des rockeurs années 1970… Autant dire que Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute sortent un peu des chroniques habituelles du blog. Mais que ne ferait-on pour un petit Kévin, qui, de ducasse en piquet de grève, s’imagine, par ourson interposé, une vie pleine d’aventures et de voyages dans l’espace ? Ce roman rock, trépidant et déjanté, est servi par une écriture très rythmée, entre expressions ch’tis (glossaire à la fin) et interjections de comics. Madame la Chouette a moins aimé certains dessins – ainsi que la fin : que fait donc cette péronnelle de Greta à la braderie de Lille ? On aurait préféré que Biloute aille consoler Fiorina – mais ceci est une autre histoire. Le livre réunit les tomes parus séparément (et en couleurs). À part ça, votre sauce préférée, avec les frites ? Samouraï, Piccalilli ou Ketchup ? Moi, c’est la mayo de ma maman ! Tous unis contre l’infâme sauce Z, Blast Ador et le docteur Veggaline !

Dès 8 ans et pour tous ceux qui aiment le rock, les grosses motos et les frites

Julien Delmaire, Les aventures inter-sidérantes de l’ourson Biloute, l’intégrale, illustrations de Reno Delmaire, Grasset Jeunesse, 2021, 240 p., 14,90 € — Imprimé en Italie

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

« Attendez-moi là et restez bien sages. Je cours à la rivière ! » s’écrie Papa Ours. Sauf que… nos deux lascars en profitent pour mettre le bazar. « Il va donc falloir trouver quelqu’un pour vous garder », soupire Papa Ours. Pas de Maman Ourse à l’horizon ? Un sac de gâteaux sur le dos, Papa Ours va chercher à qui, dans la forêt, il pourrait faire confiance. Pas si simple, mais si drôle !
Inspiré d’un conte russe, Tape dans ma patte ! fait partie des récits où un personnage cherche quelqu’un pour accomplir une tâche – ici, Papa Ours a bien du mal à trouver à qui confier ses turbulents petits oursons ! Les dessins de Marie Novion, réalisés au crayon à papier, aux crayons de couleur et aux feutres, sont charmants, naïfs et plein d’humour.

Dès 3 ans

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !, illustrations de Marie Novion, Didier Jeunesse, coll. « A petits petons », 2019, 24 p., 12,50 € — Existe aussi en anglais. Imprimé en France.

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Chaque année, les animaux de la forêt se réunissent pour déguster une bonne galette. Celui qui aura la fève sera, pour un an, le roi de la forêt. Toutes les parts sont égales, mais il y en a qui essaient de tricher… Les enfants reconnaîtront quelques « trucs » bien connus et, peut-être, une variante de la fable du Corbeau et du Renard… Les dessins sont très frais, et la recette est donnée à la fin de l’album. Rendez-vous sous le grand chêne !

Dès 3 ans

Schéhérazade, La Galette et le Roi, illustrations de Marianne Barcilon, L’Ecole des Loisirs, coll. « Kaléidoscope », 2020, 13,50 €

Emilie Vast, La maison de l’ourse

Emilie Vast, La maison de l’ourse

… « et tout ce qu’elle contient », précise la couverture. S’étant approchée des maisons des hommes, l’Ourse n’eut plus qu’une idée en tête : se construire une maison, pour elle et son Ourson. Ni une ni deux, aidée d’Ours et des animaux voisins, elle ramasse tout ce qui traîne dans la forêt. De ce bric-à-brac, naît une maison, une vraie. Ourse n’aura de cesse de l’emplir de bibelots, jusqu’à ce qu’une tempête emporte maison, meubles et objets. Et Ourse de rire, de rire, si fort que « tous pensèrent qu’elle avait perdu la raison ». En réalité, ce rire était un rire libérateur ! « Que les humains sont fous d’accumuler tous ces objets qu’ils ont peur de perdre », telle est la morale de cette fable. Emilie Vast joue avec les lignes pures, la couleur en aplat et le contraste pour créer ces illustrations douces et poétiques qui sont sa signature – mais elle innove ici en introduisant des objets, nos objets, dans une fable animalière très actuelle : après Noël, n’avez-vous pas ajouté des objets à vos collections ?

Dès 4 ans

Emilie Vast, La maison de l’ourse, MeMo Editions, 2020, 52 p., 16 € — Imprimé en Europe

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés

L’hiver est arrivé. Qui va emmitoufler le chien, le crabe, la girafe, l’élan, le serpent et même le pingouin ? Notre ami le mouton ! Un beau fil de laine rouge va habiller les uns et les autres – un vrai fil, piqué avec autant d’art que de tendresse. Un album tout carton à l’humour délicat, pour rire de l’hiver !

Tout-petits

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés, La Joie de lire, Genève, 2020, 28 p. cartonnées, 10,90 €

René Goscinny, Le petit Nicolas

René Goscinny, Le petit Nicolas

De la part de Sixtine R. — Depuis plus de soixante ans, le Petit Nicolas est bien connu de tous les écoliers pour ses multiples talents, allant de ses pires bêtises à des choses « drôlement chouettes ». Il mérite d’être à nouveau mis à l’honneur.
Avec ce jeune garçon turbulent, le lecteur apprend l’amitié, l’amour des parents même quand on ne les comprend pas, la joie d’aller à l’école malgré le surveillant, la force de la bande de copains et surtout, le bonheur de jouer. A tout cela se joint ce regard de l’enfant sur le monde des adultes, qui permet aux jeunes lecteurs de porter un autre regard sur le monde. La vie est plus facile quand on rit de bon cœur !
En plus de tout cela, les aventures du Petit Nicolas, ce sont aussi de belles illustrations, et une langue française délicieuse portée par ce ton humoristique qui signe la série. Un régal à partager entre générations : les grands-parents expliqueront en effet à leurs petits-enfants certains détails venus des années 1960 et aujourd’hui un peu bien oubliés. Et les parents se souviendront du temps béni où ils bénéficiaient d’une grande liberté – dont il ne fallait pas abuser non plus.

A partir de 12 ans

René Goscinny, Le Petit Nicolas, illustrations de Jean-Jacques Sempé, Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior – dernière édition disponible : 2007, 176 p., 7 € — Ce premier tome est suivi de nombreux autres, tout aussi drôles.

Anne Brouillard, Pikkeli Mimou

KIlliok, dans sa cabane au fond des bois, voit tomber la première neige – et s’aperçoit que « demain, c’est l’anniversaire de Pikkeli Mimou ». Tout en cuisinant un succulent gâteau, il soliloque : quel meilleur équipement pour glisser sur le lac gelé ? Poète, il « entend chanter les étoiles », et profite de chaque instant au cœur de la forêt enneigée, même s’il n’est pas toujours rassuré. Chez Pikkeli Mimou, quelle joie de partager le gâteau avec Véronica au coin du poêle fumant ! Une histoire qui tombe à pic pour Noël, surtout si vous êtes familiers des Mimoons, auquel Killiok ressemble comme un frère. Les dessins et la mise en page sont un régal ! Pour les gourmands, le livre offre même la recette du gâteau de Killiok. Miam !

Dès 5 ans

Anne Brouillard, Pikkeli Mimou, L’Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2020, 32 p., 12,50 €