Thème

Pour rire

Susie Morgenstern, Une histoire de doudou

Petit Lapin jette un regard horrifié vers le hublot de la machine à laver. « Son papa et sa maman ont fait quelque chose d’horrible. Ils ont mis le doudou de Rodolphe dans la machine à laver. » Hurlements, désespoir… Comment aller dormir sans son doudou ? S’ensuit la recherche impossible d’un compromis : quel objet va-t-il donc pouvoir remplacer ce doudou ? Seul un gros câlin de papa et de maman… Même en ayant un second doudou dans le placard, qui n’a jamais été confronté à cette crise d’angoisse (qui n’est pas du tout un caprice, mais un vrai problème existentiel) ? A lire afin d’apprendre à compatir mais aussi pour anticiper par le sourire et par la tendresse…

Tout-petits

Susie Morgenstern, Une histoire de doudou, illustrations de Marie Quentrec, Flammarion Jeunesse Petit Castor, 2021, 24 p., 5,95 €

Derib et Job, Yakari chez les castors

Après avoir remonté la rivière, Yakari, monté sur son ami Petit-Tonnerre, voit affleurer un barrage de branches. « Là-bas, on peut retraverser à gué ! » Mais voilà qu’il se fait interrompre ! « Hé ! vous deux ! Ne vous gênez pas !! Casseurs ! Démolisseurs ! C’est comme ça que vous respectez le travail des autres ? » Tout cela en très gros caractères, ce qui signifie, en code BD, que le personnage est très, très en colère. En fait de personnage, c’est un castor, « Mille-Gueules » le bien nommé, qui a alpagué notre jeune Indien. Une bande dessinée très vintage, dans une série toujours appréciée des jeunes lecteurs.

Dès 7 ans

Derib et Job, Yakari chez les castors, Le Lombard, 2000, 46 p. D’occasion chez un bouquiniste des quais de Paris

Marie Bertiaux, Camino, En avant Gribouille !

« On va y retourner Maman, c’est vrai ?
— Mais oui mon grand, si tout va bien dans quatre mois nous reprendrons notre route là où nous l’avons laissée. »
A ces mots j’ai jailli de ma chaise, j’ai planté un baiser sur sa joue et je suis sorti de la maison en trombe, ne m’arrêtant qu’au fond du jardin devant un enclos où se tenait une belle ânesse grise.
« On va repartir vers Compostelle, ma Gribouille ! Tous ensemble ! »
Tous ensemble, c’est-à-dire Papa, Maman, Martin (11 ans, le narrateur), Alice (9 ans), Agathe (6 ans), Benjamin (trois ans), et Filou, un jeune labrador – sans oublier bien sûr Gribouille, qui portera les bagages et parfois Benjamin. Deux semaines sur la route de Compostelle, que d’aventures en perspective ! Des bonnes et des mauvaises surprises, des rencontres surprenantes, une clef mystérieuse et même un poulpe séché…D’autant plus qu’une journaliste a décidé de suivre cette petite famille – un vrai crampon, cette Elisa – à qui il sera pardonné en fin de compte. Une orientation catholique bien affirmée, donc, et beaucoup d’humour dans ce roman destiné aux lecteurs bien débrouillés. Le 2e tome d’une série bien sympathique.

Dès 8 ans

Marie Bertiaux, Camino, En avant Gribouille !, illustrations de Cécile Guinement, Editions Plein Vent, 2021, 152 p., 9,90 € — Imprimé en France — Les droits d’auteur de ce livre sont reversés à des associations d’aide à l’enfance.

Anne Fronsacq, Trotte, souris !

« Pas un bruit dans la savane africaine. Les animaux sont tous assoupis. » A peine les devine-t-on cachés, qui derrière un arbre, qui dans les herbes hautes… « Soudain, ploc ! une feuille tombe sur le sol. Dans son trou, la souris a très peur, elle détale à toute allure. » Et voilà que sa fuite engendre une cascade d’événements : l’éléphant, le rhinocéros, la girafe, l’hippopotame, le lion, le zèbre, les singes, … chacun de fuir et de prévenir son voisin. Mais le chat sauvage, lui, a bien envie de croquer la souris ! Les aquarelles d’Anne Montel sont drôles et légères, avec des petits détails qui humanisent les animaux : qui verra le tatouage de la girafe ? Un joli conte-randonnée sous le soleil africain.

Tout-petits

Anne Fronsacq, Trotte, souris !, illustrations d’Anne Montel, Flammarion Jeunesse, Petit Castor, 24 p., 5,95 € — Imprimé en Espagne

Ben Manley, Je ne m’appelle pas Alfred !

Ce matin, non, je ne m’appelle pas Alfred, « je suis Billy la Terreur, célèbre hors-la-loi, recherché par le shérif dans tout le pays ». Deux pages plus loin, sac sur le dos, « je suis Jacques Piolet, le plus grand alpiniste de tous les temps ». A l’école, devant mes camarades, je deviens « le professeur Pétokasque, inventeur et mécanicien de génie ». A la piscine, au coup de sifflet du maître-nageur, me voilà devenu « le Capitaine Omar Zoumarin », digne émule du professeur Cousteau et du capitaine Nemo. Un jeu de cartes en main ? C’est Arsène Château-Latriche, le plus grand des voleurs » que vous allez affronter au poker ! Mais au moment d’aller au lit, est-ce bien « Xélon Sibérion, chevalier intergalactique » que Maman viendra embrasser dans son lit ? Un livre jeu, autour des personnages imaginaires qui peuplent les rêves éveillés des enfants. Aurélie Guillerey s’inspire pour ses dessins des affiches des années 1950 : Alfred est un copain tout trouvé du Petit Nicolas et des personnages de Jacques Tati ! La traductrice s’est, elle, bien amusée à trouver des équivalences poétiques aux expressions de Ben Manley : vive le mont Perchélaho !

Dès 4 ans

Ben Manley, Je ne m’appelle pas Alfred !, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2021, 32 p., 14,50 €. Traduit de l’anglais par Mathilde Colo. Imprimé en Chine

Chris Haughton, Et si ?

« Quoi qu’il arrive, ne descendez PAS près des manguiers, il y a des tigres là-bas », telle est la consigne donnée par un grand singe – papa ou maman ? – à une joyeuse équipe de trois jeunes singes. Bien évidemment décidés à explorer le monde et à se gaver de mangues, nos trois compères se hâtent de descendre de leur arbre. « Et si ? » En quelques étapes, toute notion de sécurité est oubliée – et si les mangues sont au rendez-vous, les tigres vont montrer leurs grandes dents – mais trop tard (ouf !). Les enfants les aperçoivent, bien cachés en arrière-plan, alors que les singes se croient encore tranquilles. Quel suspens !
« Ce que nous devons apprendre à faire, nous l’apprenons en le faisant », tel est le principe d’Aristote cité en exergue de cet album, principe à l’usage des grandes personnes, bien sûr ! A condition de courir plus vite que les tigres…
Les singes de Chris Haughton, au pelage bleu et vert, avec leurs grands yeux noirs, évoluent dans des arbres orange et violets, sur un fond rose saturé. Un festival de couleurs et des dessins pleins d’énergie et d’humour !

Tout-petits

Chris Haughton, Et si ?, Thierry Magnier Eds, 2021, 40 p., 14,80 €  Imprimé « dans la jungle » en Chine. Traduit de l’anglais par Camille Gautier

Natalie Marshall, Sous l’océan

Natalie Marshall, Sous l’océan

« Qui nage au-dessus des coraux ? » Tirons sur la tirette ! « Un adorable hippocampe. » Et qui se cache derrière les algues ? Combien de goélands volent dans le ciel ? Et hop, une tirette, un dessin, une explication. Mais quand il s’agit de la baleine, la tirette entraîne à elle seule deux images emboitées – jusqu’au grand jet d’eau qui traverse la page. Des couleurs très vives, un carton solide et une foule d’animaux cachés au fond de la mer. Idéal pour les petites mains curieuses.

Avant 3 ans

Natalie Marshall, Sous l’océan, mon joli livre cache-cache, Kimane, 2021, 12 p. cartonnées avec tirettes, 7,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Indonésie

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy

« — T’as vu ça, Einar ! dit papa. Buffalo Bill est à Borgisvik.
— Faudrait peut-être lui dire qu’il n’y a pas de bisons dans nos parages.
— Et pas d’Indiens non plus. »
Après quelques joutes oratoires entre le père, l’oncle d’Einar et le « cow-boy », place à la bagarre, puis aux explications autour de boissons d’hommes. On est comme ça, dans le Grand Nord, on fonce d’abord, on picole ensuite ! Mais foin de bisons ou d’Indiens. Ce que Bob Koufax vient chasser, ce n’est rien moins que le troll. Oui, « le troll géant des forêts profondes » ! Comment le jeune Einar va-t-il s’y prendre pour prévenir son ami Borigh-Borigh, « un troll authentique, haut comme une maison » ? D’autant plus que Gulliver, le chien de Bob, a un flair redoutable et que le troll – je ne vous fais pas de dessin – ça pue, ça pue… Ce nouvel épisode des aventures de Tor est aussi désopilant que les précédents, les péripéties s’enchaînent, pas toujours dans une extrême finesse mais dans un français riche en sons, en couleurs et en… parfums !

Dès 7 ans

Thomas Lavachery, Tor et le cow-boy, L’Ecole des Loisirs, coll. « Mouche », 2020, 88 p., 8 €

Bernard Friot, La Princesse et les trois cadeaux

Une princesse à marier. Dans le royaume voisin, trois princes, tous trois amoureux de la princesse. « Comment vous départager ? » demande le roi – le papa de la princesse. « Je ne veux pas que vous vous battiez, alors voici ce que je propose : je donnerai ma fille à celui d’entre vous qui lui fera le plus beau cadeau. » Et chacun de revenir avec un objet merveilleux et doté de pouvoirs magiques : une longue-vue, un tapis volant et… trois grains de raisin. La longue-vue permet à l’un de voir que la princesse est malade, le tapis permet aux trois frères de la rejoindre très vite, et les grains de raisin parviennent à la sauver. Mais qui a gagné sa main ? Le conte italien fait ici une jolie pirouette : car l’élu de son cœur est « un jeune jardinier qui chante tous les matins et qui m’a offert une rose qui jamais ne fane », déclare la princesse. Comme quoi… rien ne sert de se disputer la main des princesses.

Dès 4 ans

Bernard Friot, La Princesse et les trois cadeaux, illustrations de Nathalie Ragondet, Père Castor, Flammarion Jeunesse, 2021, 32 p., 5,25 €

Lydéric Landry, Le poney d’Ollie

Ollie est invitée à passer les vacances en Pologne, chez les grands-parents de Vikkie, sa meilleure amie. Elle y fait la connaissance de Podouschka, un charmant poney qu’elle apprend à monter. Mais la fin des vacances approche… Ollie est au désespoir de quitter Podouschka. Tentant le tout pour le tout, les fillettes décident d’utiliser la magie de Baggy pour ramener le poney chez elles… Baggy, c’est le cartable magique qu’Ollie avait reçu de sa marraine dans le récit précédent. Magique, oui, mais aussi un peu étourdi ! C’est ainsi que Podouschka se retrouve non seulement rapetissé à la dimension d’un Playmobil mais affublé d’une paire d’ailes qui n’ont rien à envier à Pégase lui-même… Reverra-t-il son box en Pologne ? Un délicieux petit roman pour lecteurs débutants.

Dès 7 ans

Lydéric Landry, Le poney d’Ollie, Liber Invictus, 2021, 48 p., 4

Gilles Bizouerne, Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

« Dans la cour de récréation, Adèle, ma meilleure copine, a tout de suite remarqué mon plâtre.
– Salut, Zoé, qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Tombée dans l’escalier ? Non. Tombée de vélo ? Pas plus. Quel manque d’imagination ! Et Zoé de raconter : « un oiseau énorme a surgi d’un nuage et m’a saisie par les épaules. Il m’a soulevée du sol et on s’est envolé.
– C’est pas vrai ? dit Adèle.
– Si, si, c’est vrai. »
A chaque réplique d’Adèle, notre Zoé rebondit et invente des épisodes de plus en plus farfelus : elle a fait de la luge pour éviter un ours, elle est montée dans une montgolfière, a atterri sur une girafe… Allez, je ne vous dis pas tout ! Et d’ailleurs, êtes-vous sûrs que l’on saura, à la fin de l’histoire, comment Zoé s’est cassé le bras ? Et si l’histoire n’avait pas de fin ? Dans un langage parlé, à dire vrai pas très grammatical, Zoé nous conduit au pays des affabulations les plus loufoques. A chacun de continuer sur ses traces, dans un univers très épuré, très doux, bleu, rose et lilas, comme si on était sur un petit nuage.

Dès 5 ans

Gilles Bizouerne, Qu’est-ce qui t’est arrivé ?, illustrations de Delphine Renon, Didier Jeunesse, 2021, 36 p., 12,90 € — Imprimé en France

Barroux, La Girafe à cinq pattes

« Les crocodiles adorent les bonbons, tout le monde sait ça. L’un d’eux ne s’est pas brossé les dents. Il en a même perdu plusieurs… » Ouvre bien les yeux, car il se cache dans une immense double page remplie de crocodiles, la gueule grande ouverte ! Et la girafe à cinq pattes qui donne son nom à l’album ? Elle se promène dans la savane « pour se dégourdir les jambes », au milieu de combien de girafes ? Je ne les ai pas comptées ! Abeilles, sardines, lapins, chats, poules et poussins, cochons roses, moutons, tortues, éléphants et petit ver de terre… Dans chaque double page, un intrus, mais aussi un couple d’amoureux – eh oui, les sardines aussi sont amoureuses ! Les dessins de Barroux sont d’un humour irrésistible, ses couleurs mettent de bonne humeur, que demander de plus ?

Dès 4 ans

Barroux, La Girafe à cinq pattes, Little Urban, 2021, 28 p., 14,50 € — Imprimé en Belgique