Thème

Nos amis les animaux

Clayton Junior, Seul ensemble

« En haut », la girafe se perd dans les hauteurs de la page – « en bas », le serpent ondule dans l’herbe. Si le coq est bruyant, le renard est silencieux. Quand le paon est voyant, le merle préfère être discret. Un album idéal pour découvrir les contraires au cœur de la nature, dans un univers moderne et épuré. Un grand format pratique pour une lecture en bibliothèque, en crèche ou en maternelle.

Tout-petits

Clayton Junior, Seul ensemble, Kimane, 2018, 40 p., 12,50 € — Adapté de l’anglais. Imprimé en Chine

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…

« Si tu étais un papillon, ton corps serait composé comme ceci : » tu aurais une paire d’ailes antérieures et une paire d’ailes postérieures, deux antennes, une tête, une trompe, un thorax, un abdomen et des pattes. Mais quelle serait ta taille ? 1,2 cm, comme le Brephidium exilis, ou 30 cm comme la femelle de l’Ornithoptera alexandrae ? Aurais-tu des couleurs vives, ou pastel ? En tous cas, tu aurais commencé ta vie sous la forme d’une chenille, puis tu te serais transformé en chrysalide. Et devenu papillon, tu aurais pondu des œufs, qui seraient devenus des chenilles. Cet album superbement illustré permet de découvrir les mille et une façons d’être papillon. Une belle leçon d’histoire naturelle !

Dès 5 ans

Laura Knowles, Si tu étais un papillon…, illustrations de Katell Ronca, Kimane, 2020, 32 p., 13,95 €  Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Fleur Daugey, Les P’tites Coccinelles

« Coccinelle, demoiselle, bête à Bon Dieu… » Si cette ritournelle danse dans les oreilles de votre lecteur en herbe, pourquoi ne pas chercher à en savoir plus ? « Sur la feuille bien verte, la coccinelle à sept points dépose ses œufs bien jaunes. » Les œufs éclosent, les larves grandissent et changent trois fois de peau avant de devenir une coccinelle. Leur menu ? Des pucerons, des pucerons, encore des pucerons, mais aussi des cochenilles et du pollen. Les dessins de Chloé du Colombier sont très explicites : au ras des petits yeux ou en mode macro, la nature est vraiment magique. Magique ? Non, « ce n’est pas magique, mais biologique ! » explique Fleur Daugey. Une bonne occasion de descendre au jardin ou de se promener au parc, à la recherche de ces petits coléoptères aimés tant des enfants que des jardiniers.

Dès 3 ans

Fleur Daugey, Les P’tites Coccinelles, illustrations de Chloé du Colombier, Ricochet, coll. « Eveil Nature », 2020, 32 p., 9,50 € — Imprimé en Espagne

Dave Skinner, À force de crier Au Lion

La petite Lucie Lupin ? « Avec ses adorables fossettes, ses ravissantes taches de rousseur et son si joli petit nez », on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. Mais voilà… son jeu préféré, « c’est raconter de très, très gros mensonges », et de rire sous cape aux résultats de ses inventions. Imaginez ce qui se passe, dans ce monde où la trouille a engendré tant de procédures et où l’enfant est roi, quand elle hurle qu’il y a un lion dans la bibliothèque ! Branle-bas de combat, évacuation générale, alarmes, pompiers, policiers, vétérinaires… Quand Lucie voit le lion, successivement, à trois endroits différents mais qu’il reste introuvable, le doute s’installe chez les adultes. Et vous savez ce qui arriva, la quatrième fois ? Un vrai lion surgit par la fenêtre ouverte… et ne fit qu’une bouchée de la ravissante Lucie Lupin. Ravissante et… délicieuse fillette, parole de lion. Aurélie Guillerey a choisi des silhouettes et des couleurs vintage pour illustrer cette variation à l’humour très britannique sur le thème du « Qui crie au loup » et sur le fait qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Dès 5 ans

Dave Skinner, À force de crier Au Lion, illustrations d’Aurélie Guillerey, Little Urban, 2020, 32 p., 14,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle

Ah, ce petit Sioux espiègle et décidé sous la coiffe de plumes empruntée à un grand guerrier ! Ce tout premier tome des aventures de Yakari nous conduit, sur les ailes de Grand Aigle ou au galop de Petit Tonnerre, dans les plaines et les forêts du Grand Ouest américain. Quel jeune papoose n’a pas tremblé devant l’ours, le feu de forêt, ou la cavalcade des mustangs ? Une bande dessinée idéale en fin de CP : peu de texte, un contexte explicite et des dessins dynamiques. Nous en avons déniché un exemplaire de 1977 chez un bouquiniste parisien, ravi de pouvoir de nouveau proposer ses trésors.

Dès 6 ans

Derib et Job, Yakari et Grand Aigle, Le Lombard, 2012, 48 p., 10,95 € — Nombreuses rééditions depuis 1973, Casterman

Jessica Greenwell, Mon premier imagier avec rabats, La Nature

Comment s’appelle le petit du blaireau ? Un blaireautin ! Et cette bestiole au fond de la mare ? Une corise (non, pas une cerise, une corise !). Où se cache le cloporte ? et la bernique ? Souffle sur l’aigrette du pissenlit et accroche cette belle plume à ton bonnet ! Avec plus de 80 rabats à soulever, cet album tout-carton saura satisfaire la curiosité des plus petits. Une bonne occasion d’enrichir son lexique en jouant à cache-cache dans la nature.

Avant 3 ans

Jessica Greenwell, Mon premier imagier avec rabats, La Nature, illustrations de Jean-Claude, Editions Usborne, 2020, 14 pages cartonnées, 9,95 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Susanne Strasser, Un sommeil agité

« Chut… le hérisson, le renard, l’âne, le pélican et le crocodile sont endormis. Mais les yeux de l’otarie ne veulent pas se fermer ! » Quel enfant n’a jamais partagé son oreiller avec pareille ménagerie ? Ici, les animaux commencent la nuit dans leur lit, l’enfant, imagine-t-on, dans le sien. Mais voilà, l’otarie a envie de… faire pipi. Un verre d’eau, un bisou, un gratouillis… chacun a une bonne excuse pour mettre le bazar. Cela ne vous rappelle personne ? La conclusion n’est pas très fine mais fera rire aux éclats. Idéal pour montrer qu’on n’est pas obligé de se laisser mener par le bout du nez au moment du coucher. Sur le site de l’auteur, cliquez sur le titre « So müde und hellwach » (Si fatigués et pourtant bien réveillés) pour faire défiler le début de l’album.

Avant 3 ans

Susanne Strasser, Un sommeil agité, Tourbillon, 2018, 11,95 € — cartonné

Clément Roussier, Sullivan

… « Et les ciels de feu des soirs de la savane », précise le sous-titre. Or le roman commence par la rencontre du narrateur avec un vieil homme, aux portes du Sahara. Lequel vieil homme se lance dans un récit étrange : celui des aventures et des rencontres vécues par Sullivan, un renard blanc né dans le Grand Nord, mais dont le rêve est de connaître l’Afrique. Parce que « Il existe quelque part », une petite phrase qui trotte, et trotte, et trotte dans la tête de ce doux rêveur – homme ou renard. Qu’est-ce qui existe ? Où cela existe-t-il ? Sullivan l’ignore et il n’est pas certain que nous soyons parvenus à le savoir : la dernière page tournée, le lecteur sera peut-être plus attentif à la voix de sa conscience, et ce sera à lui de choisir sa route. Dans un autre temps, c’est le Petit Prince de Saint-Exupéry qui dialoguait avec un renard, à l’ombre d’une dune. Dans une veine analogue, Clément Roussier, grand voyageur, propose ici au lecteur un voyage initiatique, teinté de philosophie et de poésie. Certains le liront au premier degré, d’autres chercheront le sens de maximes ou de dialogues parfois énigmatiques. Il y a un côté un peu Peace and Love dans les aventures de ce renard routard qui aurait pu bourlinguer dans un Combi VW multicolore, mais qui a vaillamment tracé sa route sur ses quatre pattes – jusqu’en haut de la dernière colline.

Dès 12 ans

Clément Roussier, Sullivan, illustrations d’Allegra Pedretti, L’Ecole des Loisirs, 2020, 240 p., 12,50 €

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine

« Il était une fois, sous la lune noire, un petit raton laveur. Il vivait au pied d’un grand châtaignier avec sa mère, qui était aussi un raton laveur. » Une maman qui cuisine de délicieux petits sablés ! « Ce petit raton laveur avait vu le jour. Il voulait voir la nuit. Il dit alors : “Maman, je veux aller dans les bois. Maman, je veux voir la nuit. ”
Mais sa mère lui répondit : “— Attends. Attends que la lune soit pleine.” ».
Et sur cette image, Maman raton laveur fait la lessive dans une bassine – eh oui, l’album a été dessiné en 1948, à une époque où les mamans ratons laveurs vaquaient aux tâches domestiques en dialoguant avec leurs enfants – et n’auraient pas compris qu’on les appelle des « ratonnes laveuses ». A toutes les questions du petit raton laveur, sa maman répond inlassablement : « Attends. Attends que la lune soit pleine. » Et des questions, il en pose ! Et des réponses sa maman en trouve, poétiques et enjouées ! Ah, cette vertu de patience, qu’elle est difficile à acquérir… Mais la récompense est enfin là : une belle nuit, enfin, tous les petits ratons laveurs des environs se retrouvent pour jouer à la lueur de la pleine lune – laquelle n’est pas un lapin, ce qu’ignorent doublement les petits Français !

Dès 4 ans

Margaret Wise Brown, Attends que la lune soit pleine, illustrations de Garth Williams, Editions MeMo, 2019, 36 p., 16 €. Traduit de l’anglais (Etats-Unis). Imprimé en Europe.

Bernadette Gervais, En 4 temps

Que se passe-t-il en 4 temps ? Un œuf devient poussin, puis poulet, puis poule. Un pissenlit en bouton, fleurit, se fane et ses graines s’envolent. Et l’escargot ? Le premier a besoin de 4 cases pour arriver et un autre, de 4 cases pour simplement passer ! Voilà le coquelicot, le hérisson, la neige et les saisons… Ces quatre temps sont très élastiques : de la lenteur extrême à la vitesse grand V, tout est possible en quatre cases. Une grande sobriété de traits pour une compréhension immédiate, des couleurs contrastées et une touche d’humour : les petits seront comblés.

Dès 3 ans

Bernadette Gervais, En 4 temps, Albin Michel Jeunesse, coll. Trapèze, 2020, 64 p., 18 € — Imprimé en Italie.

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons

Trois frères, trois coquins malins, trois mauvais caractères… Que vont nous inventer ces « trois boucs bougons » venus d’une lointaine Norvège ? Comment vont-ils réussir à franchir le pont sous lequel vit un affreux troll affamé ? Car de l’autre côté du pont, l’herbe est si tendre, si parfumée… Si, pour une fois, les disputes cessaient, afin d’apprendre que l’union fait la force ? La trouvaille sonore des « boucs bougons » est déjà tout un programme ! Sous le pinceau malicieux de Nathalie Ragondet, aquarelle et gouache, tout en nuances, racontent elles aussi une belle histoire, entre rêve et réalité.

Dès 3 ans

Anne Fronsacq, Les Trois Boucs bougons, illustrations de Nathalie Ragondet, Flammarion, Le Père Castor, 2020, 32 p., 5,25 € — Réédition (2013). Imprimé en République Tchèque

Jane Ormes, Cache-cache ! Forêt

« Voici maman renarde. Et voilà papa renard. Qui se cache juste derrière ? » Soulevons le petit Volet… « 3 renardeaux ! ». Au fil des pages, voici les ours, les lapins et les cerfs. Les petits seront attirés par les couleurs vives et les silhouettes très lisibles des animaux comme des arbres de la forêt, traités de manière naïve, assez seventies par Jane Ormes.

Tout-petits

Jane Ormes, Cache-cache ! Forêt, Père Castor, coll. « Cache-cache ! », 2020, 12 p. avec rabats, 10 €