Thème

Nos amis les animaux

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !

« Savez-vous, Maman, comment le marabout s’endort ?
Vous l’ignorez encor…
Le marabout s’endort, maman, debout sur une patte,
Comme les acrobates… »
Inspiré sans doute de la comptine amusante, cet album explique très scientifiquement aux tout-petits que la girafe reste debout pour faire de toutes petites siestes et qu’elle se couche pour dormir en prenant… son derrière comme oreiller. Les dauphins, eux, « éteignent seulement la moitié de leur cerveau, en fermant l’œil opposé, tout en nageant en rond ». Les canards ? « Ils dorment en file indienne mais le premier et le dernier gardent un œil ouvert, chacun du côté opposé, pour surveiller les alentours ». Car le risque est grand de se faire croquer par le renard… Et les enfants ? Il est bien connu que certains ne vont pas volontiers sous la couette ! Cet album aux couleurs de la nuit – dans une gamme de gris foncé, de violet et de jaune — les conduira sereinement au pays des rêves, en compagnie de leurs animaux préférés. Une alliance réussie entre documentaire et poésie.

Dès 3 ans

Orith Kolodny, Au dodo les animaux !, Actes Sud Junior, 2020, 48 p., 13,90 € — Traduit de l’italien. Imprimé en France

Christine Flament, Z’oiseaux de proie

Christine Flament, Z’oiseaux de proie

« Dans la montagne, quelques marmottes cherchent un endroit où établir leur terrier. Mais sur cette plateforme, ce n’est pas une bonne idée. La place est déjà prise. » Par qui ? Tournons la page… « ici, chaque année, les aigles viennent refaire leur nid. Ils planent au-dessus des montagnes avant de fondre sur les marmottes, lapins ou renards qu’ils saisissent de leurs puissantes serres. » Christine Flament a choisi de ne colorier que les oiseaux, qui se détachent ainsi du paysage en noir et blanc. De plus, certaines pages sont découpées, ce qui donne l’impression que milan, aigle, chouette ou vautour sont saisis en plein vol ! Le « Z’ » du titre est une simple coquetterie, pour un album qui allie informations sérieuses et coup d’œil artistique.

Dès 5 ans

Christine Flament, Z’oiseaux de proie, Editions La Poule qui pond (Clermont-Ferrand), 2020, 16,50 € — Imprimé en Chine

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !

« Attendez-moi là et restez bien sages. Je cours à la rivière ! » s’écrie Papa Ours. Sauf que… nos deux lascars en profitent pour mettre le bazar. « Il va donc falloir trouver quelqu’un pour vous garder », soupire Papa Ours. Pas de Maman Ourse à l’horizon ? Un sac de gâteaux sur le dos, Papa Ours va chercher à qui, dans la forêt, il pourrait faire confiance. Pas si simple, mais si drôle !
Inspiré d’un conte russe, Tape dans ma patte ! fait partie des récits où un personnage cherche quelqu’un pour accomplir une tâche – ici, Papa Ours a bien du mal à trouver à qui confier ses turbulents petits oursons ! Les dessins de Marie Novion, réalisés au crayon à papier, aux crayons de couleur et aux feutres, sont charmants, naïfs et plein d’humour.

Dès 3 ans

Dorothée Copel, Tape dans ma patte !, illustrations de Marie Novion, Didier Jeunesse, coll. « A petits petons », 2019, 24 p., 12,50 € — Existe aussi en anglais. Imprimé en France.

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Chaque année, les animaux de la forêt se réunissent pour déguster une bonne galette. Celui qui aura la fève sera, pour un an, le roi de la forêt. Toutes les parts sont égales, mais il y en a qui essaient de tricher… Les enfants reconnaîtront quelques « trucs » bien connus et, peut-être, une variante de la fable du Corbeau et du Renard… Les dessins sont très frais, et la recette est donnée à la fin de l’album. Rendez-vous sous le grand chêne !

Dès 3 ans

Schéhérazade, La Galette et le Roi, illustrations de Marianne Barcilon, L’Ecole des Loisirs, coll. « Kaléidoscope », 2020, 13,50 €

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau

De la part de Sixtine R. — Monsieur Blaireau vieillit, et Monsieur Blaireau va surement bientôt mourir. Sa volonté d’apaiser la douleur de ses amis ne rend pas son départ plus facile mais plus serein. La mort, bien qu’appartenant pleinement à la vie, peut-être quelque chose de douloureux et de difficile à aborder. Conserver à l’esprit que le souvenir est porteur de vie et marqueur d’espérance permet d’apaiser la douleur. C’est ce message qu’au revoir Monsieur Blaireau veut transmettre.
Avec de jolies illustrations et un texte d’une grande tendresse, ce livre raconte la préparation au grand départ de Monsieur Blaireau. Au long de l’histoire, chacun rappelle ce que Monsieur Blaireau lui a donné, offert, les moments qu’ils ont partagés, et cela permet à chacun de prendre conscience que ce qui est partagé reste pour longtemps. A travers la lecture de ce livre, petits et grands peuvent trouver du réconfort. Chaque page peut renvoyer à ses propres souvenirs et libérer la parole. Ne pas avoir peur de pleurer.

A partir de 5 ans

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau, éditions Gallimard Jeunesse, 2010, 48 p., 4,90 € en poche ou 13,50 en grand format– Traduit de l’anglais

Emilie Vast, La maison de l’ourse

Emilie Vast, La maison de l’ourse

… « et tout ce qu’elle contient », précise la couverture. S’étant approchée des maisons des hommes, l’Ourse n’eut plus qu’une idée en tête : se construire une maison, pour elle et son Ourson. Ni une ni deux, aidée d’Ours et des animaux voisins, elle ramasse tout ce qui traîne dans la forêt. De ce bric-à-brac, naît une maison, une vraie. Ourse n’aura de cesse de l’emplir de bibelots, jusqu’à ce qu’une tempête emporte maison, meubles et objets. Et Ourse de rire, de rire, si fort que « tous pensèrent qu’elle avait perdu la raison ». En réalité, ce rire était un rire libérateur ! « Que les humains sont fous d’accumuler tous ces objets qu’ils ont peur de perdre », telle est la morale de cette fable. Emilie Vast joue avec les lignes pures, la couleur en aplat et le contraste pour créer ces illustrations douces et poétiques qui sont sa signature – mais elle innove ici en introduisant des objets, nos objets, dans une fable animalière très actuelle : après Noël, n’avez-vous pas ajouté des objets à vos collections ?

Dès 4 ans

Emilie Vast, La maison de l’ourse, MeMo Editions, 2020, 52 p., 16 € — Imprimé en Europe

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés

L’hiver est arrivé. Qui va emmitoufler le chien, le crabe, la girafe, l’élan, le serpent et même le pingouin ? Notre ami le mouton ! Un beau fil de laine rouge va habiller les uns et les autres – un vrai fil, piqué avec autant d’art que de tendresse. Un album tout carton à l’humour délicat, pour rire de l’hiver !

Tout-petits

Marie-Noëlle Horvath, Tous emmitouflés, La Joie de lire, Genève, 2020, 28 p. cartonnées, 10,90 €

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois

« Il ouvre les yeux pour la première fois, elle lui sourit tendrement et murmure :
— Bonjour Bambi.
Bambi déplie une patte, pose maladroitement son sabot sur le sol. Il fait de même avec l’autre, soulève ses épaules, son cou et dans un dernier effort, sa tête. Il vacille, respire profondément puis c’est au tour de son arrière-train. Mais à peine l’a‑t-il levé qu’il s’écroule. »
La vie est tout sauf simple dans la forêt – elle n’est ni douce ni tendre, mais rude, et parfois violente, même – et surtout – pour les petits faons sans défense.
Philippe Jalbert rend hommage au texte du romancier autrichien Felix Salten (1923) qu’il a épuré à l’usage des enfants. Ses illustrations au fusain et à la mine de plomb, avec une mise en couleur numérique, sont d’une précision et d’une finesse qui incitent au rêve. Un très bel album, plus profond et moins puéril que le dessin animé de Walt Disney.

Dès 4 ans

Philippe Jalbert, Bambi, une vie dans les bois, Gautier-Languereau, 2020, 40 p., 15,90 €

Carolina Rabei, Mon ami renard

Carolina Rabei, Mon ami renard

Pour Katie, « vive sans Ruby, c’était impossible, impensable ! Katie chercha partout, partout. Soudain elle vit des empreintes de pattes. » Et pourtant, Ruby est un renard en peluche – alors, à qui sont ces empreintes ? Ce sont celles d’un petit renard, « un vrai », qui a perdu sa maman, mais retrouvé du réconfort en câlinant une peluche à son image. Le départ d’une délicieuse aventure pour notre amie Katie ! Des dessins craquants pour une histoire qui fera papillonner les yeux des enfants.

Dès 4 ans

Carolina Rabei, Mon ami renard, Flammarion Jeunesse, Père Castor, 2020, 32 p., 13,50 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine

Jana Sedláčová, Animaux sauvages et domestiques

Jana Sedláčová, Animaux sauvages et domestiques

« Le chamois saute joyeusement de rocher en rocher », tandis que la chèvre, à la ferme est curieuse et parfois de mauvaise humeur. Le chien, domestiqué il y a des milliers d’années, n’est pas aussi timide que le loup, dévoué à sa meute. Et quand « les oies sauvages s’envolent en grand nombre pour passer les vacances dans les pays chauds », l’oie domestique « ne parvient à rester en l’air que quelques secondes ». Cet album présente 18 animaux sauvages et leurs cousins domestiques. Anecdotes et informations surprenantes se cachent dans les rabats, les illustrations sont colorées et joyeuses : voilà un documentaire idéal pour initier les enfants à l’observation du monde animal.

Dès 6 ans

Jana Sedláčová, Animaux sauvages et domestiques, illustrations d’Ana Miminoshvili, Grenouille Editions, 2020, 13,90 € — Imprimé en République Tchèque

Giulia Vetri, Là où tout est blanc

Giulia Vetri, Là où tout est blanc

« J’habite là-bas, vers le blanc… Je disparais dans la glace, est-ce que tu me vois ? Je suis le pétrel des neiges » et ma silhouette se découpe blanche, sur le papier calque. Le 14 décembre 1911, l’expédition du Norvégien Roald Amundsen atteint le pôle Sud. Giulia Vetri s’est passionnée pour cet univers mystérieux qu’est l’Antarctique, sa découverte au cours des siècles, tout ce qu’il reste à découvrir, et son importance du point de vue climatique et écologique. Elle en restitue non seulement les blancs, mais toute une gamme de bleus et de gris, sur un papier superbe, qui s’anime de découpes et de transparences. Un premier album, sans texte, était destiné aux adultes. Il a suffi d’une petite histoire pour qu’il s’adresse aussi aux enfants, à qui nous espérons léguer ces trésors naturels. A voir ici.

Dès 4 ans

Giulia Vetri, Là où tout est blanc, Editions des Grandes Personnes, 2020, 44 p., 20 € — Imprimé en Chine.

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle

Mowgli « se fatiguait beaucoup d’avoir à répéter cent fois la même chose. Mais, comme Baloo le disait à Bagheera, un jour que Mowgli avait reçu la correction d’un coup de patte et s’en était allé bouder :
— Un petit d’homme est un petit d’homme, et il doit apprendre toute… tu entends bien, toute la Loi de la Jungle.
— Oui, mais il est tout petit, songes‑y, dit la panthère noire, qui aurait gâté Mowgli si elle avait fait à sa guise. Comment sa petite tête peut-elle garder tous tes longs discours ?
— Y a‑t-il quelque chose dans la Jungle de trop petit pour être tué ? Non. C’est pourquoi je lui enseigne tout cela, et c’est pourquoi je le corrige, oh ! très doucement, lorsqu’il oublie.
— Doucement ! Tu t’y connais, en douceur, vieux Pied de Fer, grogna Bagheera. Elle lui a joliment meurtri le visage, aujourd’hui, ta… douceur. Fi !
— J’aime mieux le voir meurtri de la tête aux pieds par moi qui l’aime, que de lui voir arriver du mal à cause de son ignorance, répondit Baloo avec beaucoup de chaleur. Je suis en train de lui apprendre les Maîtres Mots de la jungle appelés à le protéger auprès des oiseaux, du Peuple Serpent, et de tout ce qui chasse sur quatre pieds, sauf de son propre clan. Il peut maintenant, s’il veut seulement se rappeler les mots, réclamer protection à toute la jungle. »
Une nouvelle édition du célèbre Livre de la Jungle est toujours un pari – celui-ci est réussi, grâce aux illustrations, frises et divers objets animés interactifs créés par le studio MinaLima, connu pour avoir créé l’univers graphique de la série Harry Potter. Des illustrations qui viendront bien à propos au fil du texte, avec leurs couleurs chaudes et leur inspiration indienne. Dans la traduction historique de Louis Fabulet et Robert d’Humières (1899).

Dès 10 ans

Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle, illustrations et animations de MinaLima, Flammarion Jeunesse, 2020, 320 p., 28,90 € — Traduit de l’anglais. Imprimé en Chine