Thème

Contes, légendes et fééries

C. Lavaquerie-Klein et L. Paix-Rusterholtz, La fabuleuse histoire de Thor à la poursuite du serpent des mers

« Notre royaume d’Asgardr court un grave danger, mes amis ! annonce Odin, un personnage de haute taille à la barbe blanche. » Odin, le dieu des dieux chez les Ases, est inquiet. Et si la prophétie qui annonce la fin du règne des Ases allait s’accomplir ? Pour Thor, le plus urgent est d’éliminer Jürmungandr, le redoutable serpent des mers. Pour cela, il va tenter de se faire aider par Hymir, le géant des Glaces. Ce roman destiné aux jeunes lecteurs reprend les éléments des légendes nordiques et notamment l’Edda de Snorri pour raconter avec humour une partie de pêche pleine de rebondissements. Imaginez que l’appât est une tête de bœuf ! Le monstre mordra-t-il à l’hameçon ? Les illustrations, très colorées, s’inspirent de motifs vikings. Pour en savoir plus, cinq pages documentaires soignées évoquent Thor, le dieu du Tonnerre, les dieux et déesses de la mythologie nordique, l’organisation du monde, le Ragnarök et la manière dont les histoires de la mythologie et les aventures des héros nordiques sont parvenues jusqu’à nous.

Dès 8 ans

Christiane Lavaquerie-Klein et Laurence Paix-Rusterholtz, La fabuleuse histoire de Thor à la poursuite du serpent des mers, illustrations d’Olivia Sautreuil, Bayard Jeunesse, 2021, 48 p., 6,50 € — Imprimé en France

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve

« Si j’avais… » Oh, pas grand-chose : un petit coin de terre, une petite maison, un petit bateau, un petit vélo… Mais aussi un petit frère ou une petite sœur… Quel bonheur que de pouvoir imaginer ce que je pourrais faire chaque jour, de tant de joie, d’amour et de beauté. Les couleurs douces de cet album mettent en scène une fillette dans un cadre assez onirique, rempli de petits animaux et de fleurs. Sans aucune mièvrerie, il raconte comment être heureux de peu, en regardant autour de soi – ce qui n’interdit pas à nos jeunes héros d’avoir aussi de grands rêves ! Idéal pour un retour au calme avant de se coucher.

Dès 4 ans

Nina Laden, Si j’avais un petit rêve, illustrations de Melissa Castrillon, Kimane, 2021, 36 p., 13,50 €. Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Chine

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup

En Irlande, « au temps des légendes », des superstitions et de la magie, les Wolfwalkers sont-ils hommes ou loups ? Peuple étrange, proche de nos loups-garous, qui peut communiquer avec les vrais loups et prendre leur apparence quand il se sent menacé. Un peuple qui avait le pouvoir de guérir et qui refusa d’être converti par saint Patrick, Naomh Padraig, car il y avait « une plus ancienne sagesse dans les bois ». Un peuple qui tentait de « maintenir la paix entre les hommes et le monde sauvage ». Au début de l’histoire, restent de ce peuple une mère et sa fille, lorsque les Anglais décident de dompter l’Irlande. Et donc d’anéantir loups et forêts. Parmi ces Anglais, un chasseur et sa fille, Robyn, 11 ans. Les deux filles, fille sauvage et fille de la ville, après une querelle, se lient d’amitié. Parviendront-elles à renverser le cours des événements ? Cette bande dessinée reprend le film d’animation Le Peuple loup produit par le studio Cartoon Saloon, qui se dit « le Ghibli irlandais ». Les auteurs se disent influencés plus par les films d’animation hongrois ou tchèques que par les anime japonais, mais aussi par l’art celtique et les peintres de la Sécession viennoise. Un film à voir quand les cinémas ouvriront leurs portes !

Dès 8 ans

Tomm Moore et Ross Stewart, Le Peuple loup, adaptation de Sam Sattin, Nobi Nobi !, 2021, 272 p., 25 € — Traduit et adapté de l’anglais. Imprimé en Espagne

Richard Marnier, Le trousseau de clés

« — Papy ! Papy ! s’écrient Emma et Lino en dévalant les escaliers, regarde ce qu’on a trouvé dans le grenier !
— Sapristi ! s’emballe papy, mon vieux trousseau de clés ! Je l’avais complètement oublié, celui-là… »
Quelles sont différentes, toutes ces clés, des complexes et des plus simples, des dorées et des rouillées ! Quelles portes ont-elles pu ouvrir ? L’imagination des enfants se déchaîne, tempérée par les souvenirs évoqués par le grand-père. Est-ce la clé du placard d’une souris, ou la clé de l’antivol du vieux vélo ? celle de la tanière de la sorcière, ou du pigeonnier ? Le jeu des devinettes glisse, l’air de rien, vers des réflexions poétiques (une clé pour ouvrir et fermer les fleurs) puis philosophiques. Comme le dit l’auteur, « chaque clé enclenche le dialogue, débloque l’imaginaire, déverrouille le passé, et ouvre sur l’avenir… » Un bel avenir attend donc vos vieilles clés, ne les jetez pas trop vite, au risque de devoir appeler le serrurier des âmes en peine.

Dès 6 ans

Richard Marnier, Le trousseau de clés, illustrations d’Aude Maurel, Editions Frimousse, 2021, 40 p., 18 €

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit

Petit Biscuit, Munchy de son prénom, est né dans la célèbre pâtisserie Munch. Il fait partie de l’assortiment royal et a même la chance de posséder deux jambes. Un beau matin, sa décision est prise : « Bon, les voisins, je ne sais pas ce que vous faites, mais moi, je m’en vais ! » Et le voilà filant à l’anglaise en compagnie d’un Saint-Nicolas, qui, la porte juste franchie, se fait écraser – scroutch, plus de Saint-Nicolas ! Elle commence bien mal, cette histoire… Petit Biscuit va vivre de terribles aventures, et même s’il est consolé par une charmante Madeleine, il n’en finira pas moins croqué… et par qui ? Par son créateur, qui le ramasse sur le trottoir — beurk ! Un Carl Norac au mieux de sa forme, croqué, lui aussi, par le crayon de Magali Le Huche. Une terrible histoire, aussi cruelle et décalée que certains contes d’Andersen, à raconter avant ou après le goûter, selon l’appétit de vos jeunes lecteurs. Qui, espérons-le, ne s’en étrangleront pas de rire ! Et vous, lequel auriez-vous croqué ? La Madeleine, un Nullo phosphorescent, le Old Clown, le Biscuit Militaire ou Mademoiselle Choco-Mousse ?

Dès 5 ans

Carl Norac, La Terrible Histoire de Petit Biscuit, illustrations de Magali Le Huche, Sarbacane, 2020, 36 p., 15,90 €

Alice de Nussy et Janik Coat, La Malédiction des flamants roses

A côté d’Alice, qui écrit, et de Janik, qui dessine, il y a aussi Valéria, « celle qui chapeaute » et qui va, l’air de rien, tenter d’organiser le joyeux bazar qui s’annonce. Plein de grâce, en tutu rose, debout sur une jambe ? C’est une danseuse. Mais sur une patte ? Alors, c’est un flamant rose, « le héros de notre histoire ». Mais avez-vous déjà vu un flamant rose tout seul ? En Camargue, ils vivent en groupes serrés. Tiens, Janik a caché (enfin, on ne voit que lui !) un corbeau dans la page. A la suivante, entrent en scène un éléphant et un (ou une) hippopotame. Ensuite, ça se déchaîne ! Valéria ne peut plus rien face à l’imagination d’Alice et de Janik : une forêt, un loup, un renard, un chaperon rouge, un écureuil… De page en page les personnages se révoltent contre les choix d’Alice et de Janik – est-ce vraiment comme cela que se fabrique un album ? Les dernières pages proposent aux enfants de découper les personnages et de les coller sur les paysages – un code permet de les télécharger pour ne pas abimer le livre. Le très grand format de l’album permet de le raconter à un groupe d’enfants, qui pourront prolonger ce moment un peu farfelu en créant leur propre version de l’histoire. Ils peuvent aussi parrainer un flamant rose, à la Tour du Valat.

Dès 3 ans

Alice de Nussy, La Malédiction des flamants roses, illustrations de Janik Coat, Grasset Jeunesse, 2021, 48 p., 18,90 € — Imprimé en Espagne

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse

Dix enfants ! Dix enfants qui « vivaient dans la joie et le bonheur », choyés par leurs parents, le tout petit roi et la très grande princesse. Un beau jour, le roi les invita à sortir du château : « visitez le royaume, rencontrez les habitants et réfléchissez à ce que vous aimeriez faire pour notre pays ». Son idée était de savoir qui lui succèderait, mais il ne le leur dit pas. L’un choisit de devenir fleuriste, l’autre garagiste, le suivant footballeur et sa sœur, chanteuse, puis vinrent le charpentier et l’agricultrice… Bref, les neufs premiers choisirent chacun un métier, mais pas celui de roi ou de reine. Et le dixième ? Plus discret, il savait écouter et se faire aimer – il accepta de devenir roi le jour venu et se fit aider de toute sa fratrie, parce qu’il fallait bien que chacun y mît un peu du sien. Le Japonais Taro Miura raconte en mille couleurs vives cette belle fable d’harmonie politique. Sa signature ? Des lignes épurées et géométriques, un peu comme des gommettes et un art de la répétition qui enchantera les petits. Et votre petit prince, ou votre chère princesse, feront-ils le même métier que Papa et Maman ?

Dès 4 ans

Taro Miura, Les enfants du tout petit roi et de la très grande princesse, Milan, 2021, 40 p., 12,90 € — adapté du japonais par Yukari Maeda et Patrick Honnoré – Imprimé en Chine

Claude Clément, Fleur de neige

Claude Clément, Fleur de neige

« Dans l’immense pays de Russie, il y a de cela très longtemps, le Soleil fut séduit par la beauté de la Fée Printemps. Il lui demanda de l’épouser, mais elle lui préféra le Bonhomme Hiver, qu’elle aimait depuis toujours. Tous deux eurent bientôt une merveilleuse petite fille. L’enfant, uniquement formée de cristaux et de flocons, fut nommée Fleur de Neige. » Mais le Soleil, jaloux, prononça une terrible malédiction : jamais la fillette, devenue jeune fille, ne connaîtrait l’amour – sauf à fondre et se dissoudre… Qui saura lever cette malédiction ? Librement inspiré d’un conte russe et de l’opéra Snegourotchka, La Fille de neige, de Rimski-Korsakov, le texte de Claude Clément est illustré d’images douces et enchanteresses, aux couleurs de l’hiver russe mais aussi des robes colorées des jeunes paysannes qui fêtent le printemps. Le conte se terminera-t-il mieux que l’opéra ?

Dès 6 ans

Claude Clément, Fleur de neige, illustrations de Delphine Ladeban, Albin Michel Jeunesse, 2020, 32 p., 14,90 € — Imprimé en France

Paul Arène, Gourmandise, le n°59 du magazine TétrasLire

Paul Arène, Gourmandise, le n°59 du magazine TétrasLire

Une bouillabaisse sans poisson, un civet sans lièvre, du miel et des pâtisseries pour quatre sous, voilà les gourmandises toutes simples que Paul Arène (1843–1896) nous propose de partager avec lui, dans quatre nouvelles qui mettent l’eau à la bouche. Le tout assaisonné bien sûr de grands discours à l’accent chantant, d’un paysage de collines et de calanques, d’un grand ciel lumineux balayé de mistral. Estelle Meyrand est aux pinceaux et vous attend aux fourneaux !
En plus, dans ce délicieux et roboratif numéro 59 du magazine TétrasLire : un dossier pour tout savoir sur l’histoire du goût à travers les siècles, des recettes pour organiser un anniversaire très gourmand, ainsi que la fable de La Fontaine, « le Héron », illustrée par Arnaud Madelénat.

Dès 8 ans

TétrasLire, le magazine des 8–12 ans qui donne des ailes à la lecture. 9,50 € le numéro. Pour s’abonner : https://www.tetraslire.fr/

Carl Norac, Poucette

Carl Norac, Poucette

« Là, dans la fleur, la femme voit, assise, une toute petite fille, pas plus grande que la largeur d’un doigt.
— Oh, personne n’a jamais vu une fille de cette taille ! s’écrie la dame. Mais c’est la mienne, si mignonne, ma Poucette pas plus grande qu’un pouce.
Très vite, c’est incroyable : la fille-fleur se met à parler, et pas pour ne rien dire :
— Géante ou pas, mes rêves à moi seront si haut que les étoiles en entendront parler ! »
En conteur qui sait ce que conter veut dire, Carl Norac offre ici une version du conte d’Andersen, non pas condensée ou adaptée, mais augmentée. Les détails foisonnent, les dialogues fusent, les anecdotes prennent du volume… et cela se déguste à haute voix, en admirant les superbes illustrations de Claire de Gastold, colorées, vives et fleuries –et quelle horrible gentille sorcière, on la croirait vraiment cousine de celle de Gripari ! Signe des temps, à la fin du conte, cette Poucette éconduit gentiment Princelet qui lui offre un bouquet dont les fleurs se nomment Fiançailles. Il est vrai qu’il s’était laissé aller jusqu’à oser un « C’est la classe, c’est Princelet », un peu trop hâbleur au goût de notre Poucette.

Dès 5 ans

Carl Norac, Poucette, illustrations de Claire de Gastold, Didier Jeunesse, 2020, 40 p., 15,90 € — Imprimé en Italie

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Schéhérazade, La Galette et le Roi

Chaque année, les animaux de la forêt se réunissent pour déguster une bonne galette. Celui qui aura la fève sera, pour un an, le roi de la forêt. Toutes les parts sont égales, mais il y en a qui essaient de tricher… Les enfants reconnaîtront quelques « trucs » bien connus et, peut-être, une variante de la fable du Corbeau et du Renard… Les dessins sont très frais, et la recette est donnée à la fin de l’album. Rendez-vous sous le grand chêne !

Dès 3 ans

Schéhérazade, La Galette et le Roi, illustrations de Marianne Barcilon, L’Ecole des Loisirs, coll. « Kaléidoscope », 2020, 13,50 €

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau

De la part de Sixtine R. — Monsieur Blaireau vieillit, et Monsieur Blaireau va surement bientôt mourir. Sa volonté d’apaiser la douleur de ses amis ne rend pas son départ plus facile mais plus serein. La mort, bien qu’appartenant pleinement à la vie, peut-être quelque chose de douloureux et de difficile à aborder. Conserver à l’esprit que le souvenir est porteur de vie et marqueur d’espérance permet d’apaiser la douleur. C’est ce message qu’au revoir Monsieur Blaireau veut transmettre.
Avec de jolies illustrations et un texte d’une grande tendresse, ce livre raconte la préparation au grand départ de Monsieur Blaireau. Au long de l’histoire, chacun rappelle ce que Monsieur Blaireau lui a donné, offert, les moments qu’ils ont partagés, et cela permet à chacun de prendre conscience que ce qui est partagé reste pour longtemps. A travers la lecture de ce livre, petits et grands peuvent trouver du réconfort. Chaque page peut renvoyer à ses propres souvenirs et libérer la parole. Ne pas avoir peur de pleurer.

A partir de 5 ans

Susan Varley, Au revoir Monsieur Blaireau, éditions Gallimard Jeunesse, 2010, 48 p., 4,90 € en poche ou 13,50 en grand format– Traduit de l’anglais