Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Grands auteurs

Contes de Grimm et de Perrault

Contes de Grimm et de Perrault

Les recueils de contes se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci propose 9 contes : 8 des frères Grimm auxquels a été joint Le Chat botté de Charles Perrault. Des contes connus, comme Le Petit Poucet ou Les Musiciens de Brême, et d’autres un peu oubliés comme Jean le Veinard, Les Sept Corbeaux, ou Le Lièvre et le Hérisson, avec ses deux morales : « que personne ne doit jamais moquer ni vexer un inférieur, fût-il aussi humble qu’un hérisson », et, de plus, « qu’il est recommandable quand on veut se marier, de se choisir une femme du même milieu que soi, et qui, sur tous les points, ressemble à son mari ». Un conte qui fera courir les enfants d’un bout à l’autre du jardin !

Le trait d’Hans Fischer (1909–1958) fait merveille pour animer ces contes, et l’éditeur a eu la riche idée de faire dialoguer ses dessins avec une traduction modernisée – mais très fidèle – de ces contes. En effet, ses illustrations à la plume rehaussées de couleurs fourmillent de détails et donnent une énergie et une vivacité peu communes à ces animaux si humains. Parfois même, ce sont les objets qui dînent et baillent, telles « l’aiguille et l’épingle qui allaient à pied », et qui sont réquisitionnées par ces deux « racailles » que sont Petit-coq et Petite-poule.

Dès 5 ans

Contes de Grimm et de Perrault, illustrés par Hans Fischer, La Joie de Lire, 2017, 154 p., 21,90 € — Traduit de l’allemand.

Alphonse Allais, L’agonie du papier

Alphonse Allais, L’agonie du papier

« Un journal sans papier ! Une revue sans papier ! Un roman sans papier ! Et pourquoi pas ? […] Notre organe, La Pellicule, parviendra chaque matin à nos abonnés sous la forme d’une légère carte transparente, pas plus énorme qu’une carte à jouer.

Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu’on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères. » Voilà comment, en 1902, Alphonse Allais envisageait sérieusement la disparition progressive du papier. Sérieusement ? Tout l’art de cet humoriste est en effet de présenter avec le plus bel aplomb possible des solutions fantaisistes voire absurdes aux questions les plus variées.

Ce petit opuscule s’est fait un malin plaisir de sélectionner dans l’œuvre prolifique d’Alphonse Allais les sujets à la mode : énergies nouvelles, réforme de l’orthographe, féminisation grammaticale, jusqu’à Paris Plage ! Salutaire !

Dès 12 ans, adolescents, adultes

Alphonse Allais, L’agonie du papier, et autres textes d’une parfaite actualité, Editions Le Pont du Change, 2011, 72 p., 12 €

Molière, Trois comédies

Molière, Trois comédies

Médecins fripons, bourgeois ridicules, valets coquins et servantes au grand cœur, Arlequins et Scaramouches – nous les connaissons bien, ils nous ont tant fait rire ! Mais notre cœur ne bat-il pas plus encore pour les jeunes amoureux que séparent tant d’obstacles avant la conclusion heureuse de la comédie ? Cet ouvrage relié et de belle fabrication réunit Le Médecin malgré lui, Le Bourgeois gentilhomme et Le Malade imaginaire.

Chacune des pièces a été confiée à un illustrateur différent qui a su en capter l’énergie et la singularité. L’occasion bienvenue de se créer un fond de bibliothèque qui complétera les célèbres « petits classiques » du cours de français.

Dès 12 ans

Molière – Le Médecin malgré lui, illustrations de Karine Bernardou – Le Bourgeois gentilhomme, illustrations de Benoît Perroud – Le Malade imaginaire, illustrations de Maurèen Poignonec – Fleurus, 2017, 416 p., 24,90 €

Louis Pergaud, La Guerre des boutons

Louis Pergaud, La Guerre des boutons

« Tout était désert et silencieux. Le chef resta seul pendant que les quatre autres revenaient en arrière pour faire le guet. Alors prenant son bout de craie au fond de sa profonde, haussé sur ses orteils aussi haut que possible, Lebrac inscrivit sur le lourd panneau de chêne culotté et noirci qui fermait le saint lieu, cette inscription lapidaire qui devait faire scandale le lendemain, à l’heure de la messe, beaucoup plus par sa crudité héroïque et provocante que par son orthographe fantaisiste :
Tou lé Velrant çon dé paigne ku !
Et quand il se fut, pour ainsi dire, collé les quinquets sur le bois pour voir “si ça avait bien marqué”, il revint près des quatre complices aux écoutes et, à voix basse et joyeusement, leur dit :
– Filons !
[…] ils regagnèrent Longeverne et leur domicile respectif en attendant avec confiance l’effet de leur déclaration de guerre. »
Lire ou relire cette Guerre des boutons, avec son vocabulaire cru, ses refrains, ses festins et… ses punitions décomplexées d’adultes à qui on ne la fait pas, quelle belle façon de fêter la rentrée des classes pour nos collégiens qui y découvriront ce que vivre veut dire ! Les illustrations de Vanessa Hié, cela tombe bien, sont peintes sur un support de papiers de récupération, déchirés, découpés, grattouillés, collés, repeints…, bref, à base de bouts de ficelle – mais où sont donc passés les boutons ?

Dès 12 ans

Louis Pergaud, La Guerre des boutons, roman de ma douzième année, Editions Gründ, 2011, 288 p., 9,95 €. Illustrations de Vanessa Hié. Texte intégral. Imprimé en France.

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie

« Tout en haut du cerisier,
A part moi, qui pouvait grimper ?
J’agrippai le tronc des deux mains
Et cherchai des pays lointains. »
Ces pays lointains, qui mieux que l’auteur de L’Île au trésor pouvait les évoquer en poésie ? Si nous hésitons à embarquer sur son rafiot, alors suivons son âne dans les Cévennes ! Poésies pour jouer aux pirates, pour faire du jardin un pays enchanté, ou poésies pour s’endormir, dans un lit comme un petit bateau : Robert Louis Stevenson nous conduit loin, loin « au chaud au pays des comptines ». N’oubliez pas de lire sa dédicace à Alison Cunningham, sa nurse, une adorable déclaration d’amour. Ilya Green a répondu avec talent à la contrainte de l’éditeur : une semaine, et trois ou quatre couleurs pour onze illustrations pleine page et une couverture. A vous de demander à vos jeunes lecteurs quel portrait d’enfant lui parle le plus.

Dès 7 ans

Robert Louis Stevenson, Petit jardin de poésie, extraits, illustrations d’Ilya Green, Grasset Jeunesse, 2017, 32 p., 19,90 € — Texte français de Christian Demilly.

Jakob et Wilhelm Grimm, La Belle au bois dormant

Jakob et Wilhelm Grimm, La Belle au bois dormant

« La onzième dame venait juste de prononcer son vœu quand soudain la treizième entra. Puisqu’on ne l’avait pas invitée, elle allait se venger ! Et sans saluer ni daigner regarder personne, elle s’écria : ‘La fille du roi, quand elle aura quinze années, à un fuseau se piquera et morte tombera.’ Et sans plus rien ajouter, elle fit demi-tour et quitta la salle. L’effroi fut général. C’est alors que la douzième dame s’avança. Comme elle ne pouvait annuler l’affreux serment, mais juste en atténuer la dureté, elle déclara : ‘La fille du roi ne mourra pas, mais dans un sommeil sombrera qui cent ans durera.’ » Ah, ces dames fées… Voici, traduite avec finesse et illustrée avec délicatesse et élégance, la version intégrale des frères Grimm, dans laquelle un certain jouvenceau a bien de la chance d’arriver les cent ans écoulés. Ce n’est pas une nouveauté, mais l’album est toujours disponible.

Dès 6 ans

Jakob et Wilhelm Grimm, La Belle au bois dormant, illustrations de Sibylle Delacroix, Casterman, albums Duculot, 2002, 30 p., 13,95 €

Charles Perrault, Rois et reines au sommaire du Tétras Lire d’avril 2017

Charles Perrault, Rois et reines au sommaire du Tétras Lire d’avril 2017

« Sachez que la même fée qui, au jour de ma naissance, me fit le don de pouvoir rendre spirituelle la personne qu’il me plairait, vous a aussi fait le don de pouvoir rendre beau celui à qui vous voudrez bien faire cette faveur », confie Riquet à la Houppe à la jolie princesse – jolie, mais hier encore si sotte et si maladroite. Riquet à la Houppe est un conte assez rarement publié ; il est illustré ici par Marie-Alice Harel qui, ayant de la tendresse pour ses héros, ne les a pas dépeints si laids que cela.
Le second conte de la revue est Peau d’Âne – dans le texte original, lui aussi.
«  — Est-ce vous, lui dit-il [c’est le jeune prince qui parle], qui logez au fond de cette allée obscure, dans la troisième basse-cour de la métairie ?
— Oui, seigneur, répondit-elle.
— Montrez-moi votre main, dit-il en tremblant et poussant un profond soupir…
Dame ! qui fut bien surpris ? Ce furent le roi et la reine, ainsi que tous les chambellans et les grands de la cour, lorsque de dessous cette peau noire et crasseuse sortit une petite main délicate, blanche et couleur de rose, où la bague s’ajusta sans peine au plus joli petit doigt du monde. »
Qui dit roi et reine pense châteaux. Après un long entretien avec Lionel Arsac, conservateur au château de Versailles, le magazine présente les emblèmes royaux, une sélection de nos plus célèbres châteaux et donne même la recette des « macarons du mariage de Louis XIV » !

De 8 à 12 ans

Charles Perrault, Rois et reines, Tétras Lire, avril 2017, 94 p., 9,50 € et par abonnement sur le site des Editions Alba Verba.
Pour feuilleter le magazine, c’est ici.

Jacques Prévert, Embrasse-moi

Jacques Prévert, Embrasse-moi

« Un et nu c’est même / et nu et nue comme un et un font deux / font un quand ils s’aiment. » Une belle comptine pour les enfants (pas) sages devenus grands — et à qui personne ne demande plus d’être sages dans le secret de leur coeur. Cet album propose vingt « poèmes d’amour » de Jacques Prévert, très joliment illustrés par Ronan Badel, quelque part entre Sempé et Peynet. Un album à réserver à de jeunes adolescents ou adolescentes dont on croit deviner les premiers émois et les premiers chagrins –la poésie saura les amadouer et, peut-être, les consoler. A feuilleter ici.

Adolescents

Jacques Prévert, Embrasse-moi, illustrations de Ronan Badel, Gallimard Jeunesse, 2016, 44 p., 14,90 €

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête

« Le marchand se jeta à genoux et dit à la Bête, en joignant les mains :
— Monseigneur, pardonnez-moi, je ne croyais pas vous offenser en cueillant une rose pour une de mes filles, qui m’en avait demandé.
— Je ne m’appelle point Monseigneur, répondit le monstre, mais la Bête. Je n’aime pas les compliments, moi, je veux qu’on dise ce qu’on pense ; ainsi ne croyez pas me toucher par vos flatteries. Mais vous m’avez dit que vous aviez des filles. Je veux bien vous pardonner, à condition qu’une de vos filles vienne volontairement pour mourir à votre place. » La branche de roses ayant été cueillie pour la cadette des filles, la Belle, c’est bien elle qui ira se livrer au monstre. Bien heureusement, ce qu’avait tramé une méchante fée sera aboli par une bonne fée – et le monstre redevenu prince charmant épousera la Belle. David Sala (voir ici) s’est inspiré des peintres Art Nouveau – Klimt, Osbert, La Farge, Vroubel… — pour cet album qui respecte le texte original.

Dès 8 ans

Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête, illustrations de David Sala, Casterman, 2014, 54 p., 18,50 € — Texte intégral.
Existe aussi en livre de poche : Mme Leprince de Beaumont, La Belle et la Bête, suivi de L’Oiseau bleu de Mme d’Aulnoy, Le Livre de Poche jeunesse, 2014, 128 p., 4,95 €

Hombeline Passot, Les grands classiques de la poésie française

Hombeline Passot, Les grands classiques de la poésie française

De « Que sont mes amis devenus » de Rutebeuf à « L’enfant qui va aux commissions » de Claude Roy, Hombeline Passot a sélectionné plus de cent poèmes de la littérature française – pas toujours les plus simples, mais les plus musicaux, ceux dont, bon an mal an, on se dit qu’un jour, on les a lus ou même récités. Que de génie dans notre belle langue française ! Les illustrations, gaies et colorées, accompagnent à merveille ces « grands classiques »  — ne reste plus qu’à les apprendre par cœur – pour les aimer « par le cœur ».

Dès 8 ans et pour toute la famille

Hombeline Passot, Les grands classiques de la poésie française, illustrations de Pauline Duhamel, Fleurus, 2016, 352 p., 19,90 €

Question — Léon Tolstoï au sommaire du Tétras Lire de mars

Question — Léon Tolstoï au sommaire du Tétras Lire de mars

Maintenant ou demain ? Seul ou à plusieurs ? Riche ou pauvre ? Le soleil ou le vent ? Avec ou sans chemise ? Juste ou injuste ? Les personnages mis en scène dans ces contes très brefs de Léon Tolstoï se posent – et nous posent — des questions qui ne se révèlent pas anodines. Car ici, la frontière est ténue entre littérature et philosophie ! Avant de fêter Pâques à la russe (hum, la belle brioche !), n’hésitez pas à écouter Jean-Paul Mongin parler si simplement de Platon et de Socrate. Il vous restera encore du temps pour vous entraîner à quelques expériences scientifiques, que vous présenterez comme des tours de magie. A vous de poser « La bonne question », titre du dernier conte de ce numéro. Encore… des questions ?

De 8 à 12 ans

Question, Tétras Lire, mars 2017, 94 p., 9,50 € et par abonnement sur le site des éditions Alba Verba.

Hans Christian Andersen, Hans le balourd

Hans Christian Andersen, Hans le balourd

« Il y avait dans la campagne un vieux manoir et, dans ce manoir, un vieux seigneur qui avait deux fils si pleins d’esprit qu’avec la moitié ils en auraient déjà eu assez. Ils voulaient demander la main de la fille du roi mais ils n’osaient pas car elle avait fait savoir qu’elle épouserait celui qui saurait le mieux plaider sa cause. » Et chacun de fourbir ses plus beaux discours… « quand soudain arriva le troisième frère – ils étaient trois, mais le troisième ne comptait absolument pas, il n’était pas instruit comme les autres, on l’appelait Hans le Balourd. » Ah, cde « numéro trois » ! Toujours plus drôle, plus inventif, plus créatif, car il faut bien tenir ses lecteurs en haleine – juste le temps qu’il faut. Bref, après toute une série de péripéties illustrées avec beaucoup d’humour par Philippe Lejonc, « Hans le Balourd devint roi, il eut une femme et une couronne et s’assit sur un trône et c’est le journal qui nous en informa… mais peut-on vraiment se fier aux journaux ? »

Dès 5 ans

Hans Christian Andersen, Hans le balourd, illustrations de Régis Lejonc, Rue du Monde, 2005, 32 p., 16 €