Chouette, un livre ! Le blog de Madame la Chouette

Une bibliothèque enfantine idéale

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Grands auteurs

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva

« Maintenant, Kitty, si tu veux bien m’écouter, au lieu de jacasser sans arrêt, je vais te dire tout ce que j’imagine à propos de la Maison du Miroir. D’abord, il y a la pièce que tu peux voir dans la glace… Elle est exactement semblable à notre salon, mais les objets y sont inversés », explique Alice à Kitty, la minette noire. Mais était-ce vraiment de la faute de la minette si Alice a décidé de passer de l’autre côté de ce miroir ? Un autre côté intrigant, magique, déstabilisant… Elle va y croiser la route de Fleurs qui parlent, d’un Scarabée et d’un Bouc voyageant en train, de Twideuldeume et Twideldie, d’un Lion, d’une Licorne, d’Hempty Deumty et de tant d’autres ! Autant d’épisodes qui se jouent sur un échiquier dont les Rois et les Reines, tant blancs que rouges, sont prêts à tout pour faire perdre Alice !
Dans ce roman paru en 1871, Lewis Carroll joue en maître avec les mots : non-sens et humour anglais sont au rendez-vous ! N’oublions pas qu’il était mathématicien et professeur de… logique, une logique dont il prend ici le contrepied avec un talent des plus surréalistes. Ce texte étonnant sera d’autant plus apprécié des enfants qu’il leur sera lu par un adulte, qui saura prendre le temps de commenter les épisodes les plus complexes. Les joueurs d’échecs seront ravis de lire la préface de Noël 1896, avec l’explication de la partie imaginée par Lewis Carroll ! La qualité des illustrations et de la fabrication justifie le prix de cet album, grand classique s’il en est de la littérature de jeunesse anglo-saxonne.

Dès 7 ans en lecture accompagnée – Dès 10 ans en lecture indépendante

Lewis Carroll, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, illustrations de Nicole Claveloux, Grasset Jeunesse, 2019, 98 p., 25 € — Traduit de l’anglais par Henri Parisot. Couverture reliée. Imprimé en Espagne. Réédition du texte paru en 1969 chez Flammarion.

D’après les frères Grimm, Le loup et les sept chevreaux

« Il était une fois une maman chèvre qui avait sept petits. Un jour, elle voulut aller faire des provisions.
Elle rassembla ses chevreaux et leur dit :
— Pendant mon absence, méfiez-vous du loup ! C’est un coquin qui pourrait se déguiser pour vous tromper. »
Si Maman chèvre est une maman moderne, en pantalon (petit détail qui ne change rien à l’histoire !), les ruses du loup sont toujours les mêmes : de la craie pour adoucir sa voix (beurk !), de la farine pour blanchir sa patte… Quant au petit dernier, il se cache toujours dans le ventre de l’horloge et aide sa maman à délivrer frères et soeurs. Une adaptation fidèle du conte, facile à lire à haute voix, des dessins simples (mais pas simplistes) d’Olivier Latyk, une couverture cartonnée et du papier épais et résistant : longue vie à maman chèvre et à ses chevreaux, qui, les émotions passées, profiteront du jardin pour gambader et lire – d’autres contes de Grimm ?

Dès 2 ans

D’après les frères Grimm, Le loup et les sept chevreaux, illustrations d’Olivier Latyk, adaptation d’Anne Kalicky, Père Castor, coll. « Les petits contes du Père Castor », 2019, 24 p., 5,95 €.

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours

« Le roi des ours, Léonce, était allé ramasser des champignons avec son jeune fils Tonin, deux chasseurs avaient enlevé l’enfant. Le père s’étant éloigné un instant le long d’un à‑pic, ils avaient surpris l’ourson seul et sans défense, l’avaient ligoté comme un vulgaire paquet et fait descendre, le long des précipices, jusqu’au fin fond de la vallée. » Bien penaud, Léonce n’ose pas dire que son fils lui a été volé et raconte qu’il est mort, ce qui lui laisse mauvaise conscience… Jusqu’au jour où il se décide à aller voir ce qui se passe chez les hommes. Et là, nous allons voir ce que nous allons voir ! Magicien, Troll, Croquemitaine, grand duc de Sicile lui-même, châteaux hantés, sangliers, pas le temps de s’ennuyer ! Cette nouvelle édition du célèbre roman (1945) reprend les dessins de l’auteur lui-même, en noir et blanc ou en couleurs, sous une couverture cartonnée et même dorée. L’occasion d’un beau cadeau, et d’une entrée en fanfare dans ce que la littérature classique peut avoir de réjouissant.

Dès 10 ans

Dino Buzzati, La fameuse invasion de la Sicile par les ours, illustrations de l’auteur, Gallimard Jeunesse, coll. « Albums junior », 2018, 144 p., 17,50 € — disponible aussi en poche, Folio Junior, 5,80 €  — Traduit de l’italien par Hélène Pasquier

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre

« Descends dans le cratère du Yocul de Sneffels que l’ombre du Scartaris vient caresser avant les calendes de juillet, voyageur audacieux, et tu parviendras au centre de la Terre. Ce que j’ai fait. Arne Saknussemm. » Quand le jeune Axel dévoile à son oncle le contenu d’un message « runique », le vieux savant, l’estimable Professeur Lidenbrock, fait illico ses malles – et nous entraîne dans un voyage extraordinaire. Entre science et fiction, bien malin celui qui fera d’emblée la différence ! En 1864, date de la première publication du roman, nos connaissances sur le centre de la Terre n’étaient pas aussi avancées, ce qui permettait mille fantaisies au romancier. Les illustrations d’Isabelle Simler traduisent à merveille les visions (pseudo-)scientifiques et l’humour de Jules Verne : réalistes ou oniriques, délicates et intrigantes, elles prolongent avec élégance le rêve et le voyage. Le recueil est de plus très bien réalisé : beaux papiers (bouffant et cristal), encre bleu noir, signet, reliure bradel cartonnée : un très beau cadeau.

Dès 12 ans

Jules Verne, Voyage au centre de la Terre, Illustrations d’Isabelle Simler, Editions Courtes et Longues, 2016, 205 p., 29,90 €

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle

« Antigone, fille d’Œdipe. Antigone la Labdacide, race orgueilleuse qui règne sur Thèbes… Antigone se recueille. Elle se recueille et se souvient… » En se recueillant, Antigone la brune et Sophocle nous invitent, nous qui la contemplons des siècles plus tard, au recueillement : celui qui, le temps d’une tragédie, nous détache du tohu-bohu de la cité pour mieux nous ramener à l’essentiel. Comment admettre, ailleurs que dans l’espace de la tragédie, que se heurtent ainsi la loi de Créon et la tradition immémoriale défendue par Antigone ? Régis Penet propose ici une version d’une sobriété et d’un fini exemplaire. Ses planches, peintes à l’huile sur des panneaux de bois, déploient toute la gamme des ocres, des gris, des rouges carmin, des blancs cassés. Son trait, sobre et classique, donne vie aux acteurs de la tragédie de Sophocle, parfois porteurs de masques… Le texte est dû à la plume du romancier Erik L’Homme. Enfin, un dossier rédigé par Jean-François Gautier, docteur en philosophie ancienne, rappelle en quoi la tragédie « est l’un des plus précieux parmi tous les héritages helléniques ».

Adolescents et adultes

Régis Penet, Antigone, d’après l’œuvre de Sophocle, textes d’Erik L’Homme, dossier réalisé par Jean-François Gautier, Glénat, 2017, 88 p., 19,50 €

Jack London, Construire un feu

Jack London, Construire un feu

« L’aube, ce jour-là, était froide et grise –très grise et très froide. L’homme quitta le large sillon que dessinait le Yukon gelé et escalada l’immense talus qui s’élevait au départ du fleuve. Une piste étroite s’y enfouissait sous les sapins, filant vers l’est. » Etes-vous partant pour les suivre, lui et son chien husky ? Même si le thermomètre annonce – 50 °C ? Peut-être ne devriez-vous pas… Car la nouvelle de Jack London (1876–1916) ne laisse aucune chance à ce néophyte qui, tout juste arrivé dans le Yukon, ne parvient pas à allumer le feu qui les sauverait, le chien et lui.
Une belle édition bruxelloise pour un texte dense et coupant comme la glace, un texte qui mérite mieux qu’un simple livre de poche.

Dès 12 ans

Jack London, Construire un feu, Editions Alice Jeunesse, coll. « Le Chapelier fou », 2016, 56 p., 11 € — ou diverses éditions de poche.

TétrasLire 41, Ouvre l’œil

Tétras Lire, « le magazine des 8 – 12 ans qui donne des ailes à la lecture » propose dans son numéro 41, une nouvelle policière et scientifique : La Perle noire, de Victorien Sardou, met ici en scène deux jeunes savants, qui aideront à démasquer le coupable, bien mieux que le commissaire de police. En effet, qui a donc forcé la serrure du secrétaire dans lequel Balthazar rangeait non seulement son argent mais aussi quelques bijoux hérités de Madame sa Mère ? Après cette lecture, vient un passionnant dossier sur la foudre et l’orage. Puis quelques jeux, dont une enquête à mener en résolvant des énigmes. Le conte final, Cécile et Vigile, illustre poétiquement la maxime d’Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. » Une revue mensuelle qui donne vraiment envie de lire ! Parents autres adultes, n’hésitez pas à compléter cette lecture par celle du TétrasBlog.

Dès 8 ans

TétrasLire 41, Ouvre l’œil, mai 2019 – 96 p., 9,50 € ou sur abonnement. Imprimé en France.

Xavier Coste, L’Enfant et la Rivière, d’après Henri Bosco

« Autour de nous, on ne voyait que champs, longues haies de cyprès, petites cultures et deux ou trois métairies solitaires. Ce paysage m’attristait. Mais au-delà coulait une rivière. » Du ciel d’un bleu cru et des lavandes violettes qui encadrent la métairie familiale de Pascalet, voilà que le paysage, la page tournée, se teinte de vert. « Au-delà coulait une rivière… » Les bleus et les violets demeurent, couleurs nocturnes, accompagnées de beiges et de lilas – les rêves seront d’un orangé de feu couvant. Autant de couleurs chez Henri Bosco ? Ce sont elles, et le trait envoûtant de Xavier Coste, qui entraînent le lecteur à la suite de Pascalet, puis de Gatzo, sur la rivière interdite – et plus loin encore.
Rares sont les bonnes adaptations de textes classiques en bandes dessinées. Celle-ci, excellente, redonne toute sa magie à un roman trop souvent affadi par des pages de dictées, de morceaux choisis et d’explications de texte dans lesquels les petits citadins ne retrouvaient plus ni les parfums, ni les mouvements secrets des rives du Rhône provençal.

Dès 9 ans

Xavier Coste, L’Enfant et la Rivière, d’après Henri Bosco, Sarbacane, 2018, 112 p., 19,50 € — Imprimé en France

Victor Hugo (d’après), Cosette

Victor Hugo (d’après), Cosette

« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette pensait qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenue, et qu’il n’y avait plus d’eau à la fontaine. » Tel est le début du 2e chapitre de ce « Cosette » — dont j’ai bien cru qu’il était directement issu des Misérables. Vérification faite, voici le texte de Victor Hugo :
« Il était arrivé quatre nouveaux voyageurs.
Cosette songeait tristement ; car, quoiqu’elle n’eût que huit ans, elle avait déjà tant souffert qu’elle rêvait avec l’air lugubre d’une vieille femme.
Elle avait la paupière noire d’un coup de poing que la Thénardier lui avait donné, ce qui faisait dire de temps en temps à la Thénardier : – Est-elle laide avec son pochon sur l’œil !
Cosette pensait donc qu’il était nuit, très nuit, qu’il avait fallu remplir à l’improviste les pots et les carafes dans les chambres des voyageurs survenus, et qu’il n’y avait plus d’eau dans la fontaine. »
Pour un jeune lecteur de 8 à 10 ans qui veut faire connaissance avec ce drame, cette « réduction » me semble très intelligente, même si d’aucuns ne jurent que par l’original. D’autant plus que sur la page de gauche, une illustration pleine page due au pinceau d’Olivier Desvaux nous fait comprendre le martyre de la fillette : sur une table, un verre et une carafe, comme une nature morte. Sous la table nappée de blanc, deux pieds, entourés de deux menottes, et l’ébauche d’un jupon bleu. Cosette, plus morte que vive…
Une adaptation, donc, des principaux chapitres consacrés à l’enfance de Cosette : la descente à la source, l’aide de Jean Valjean, son séjour chez les Thénardier, l’épisode de la poupée, le départ de Cosette et son installation à Paris, dans le galetas du boulevard de l’Hôpital. Les nombreux tableaux du peintre Olivier Desvaux font de ce grand format (33,2 x 26,7 cm) un superbe album.

Dès 8 ans

Victor Hugo(d’après), Cosette, illustrations d’Olivier Desvaux, Belin Jeunesse, 2018, 56 p., 19,90 € — Imprimé en Slovénie.

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins

Des livres qui parlent, un bébé qui sourit en haut d’une tour, une fillette qui rêve d’entrer dans un jardin mystérieux… Puis un violon de verre qui réveille la grisaille des âmes, une fillette (une autre) qui jette ses poupées par la fenêtre, un « garçon vêtu de noir dans un paysage blanc », un drôle de bonhomme qui descend de son gratte-ciel sur une escarpolette, une « maison musique » – et une « dame qui voulait redevenir enfant » — voilà où nous mène la fantaisie de Corinna Bille (1912–1979), dans ce recueil de neuf nouvelles. Secrets, merveilles, mystères, telles sont les étoffes avec lesquelles Corinna Bille habille ses personnages, qu’elle promène dans des lieux imaginaires et hors du temps. Ses « moralités » sont souvent douces-amères, son langage parfois d’une cruelle étrangeté (avec un « suicide collectif de poupées »), mais il se dégage de ces récits la nostalgie d’un pays de cocagne où l’extravagance balaie la routine et mène à la sagesse. « Car le bonheur et le malheur, dans la vie, mes enfants, s’entrelacent comme branches de sureaux ». Vamille, alias Camille Vallotton, avec un humour aussi tendre que sa palette, a choisi de faire de certaines illustrations des planches de bandes dessinées, qui relancent le lecteur et l’aident à rebondir dans sa lecture.

Dès 10 ans

Corinna Bille, Maisons, villes et chemins, illustrations de Vamille, La Joie de Lire, 2018, 78 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet.
Du même auteur : Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 €

Jules Renard, Poil de Carotte

Jules Renard, Poil de Carotte

« — Dieu, que je suis bête ! dit madame Lepic. Je n’y pensais plus. Poil de Carotte, va fermer les poules !
Elle donne ce petit nom d’amour à son dernier né, parce qu’il a les cheveux roux et la peau tachée. Poil de Carotte, qui joue à rien sous la table, se dresse et dit avec timidité :
— Mais, maman, j’ai peur aussi, moi.
[…] Poil de Carotte, les fesses collées, les talons plantés, se met à trembler dans les ténèbres. Elles sont si épaisses qu’il se croit aveugle. Parfois une rafale l’enveloppe, comme un drap glacé, pour l’emporter. »
Quel terrible destin que celui de Poil de Carotte… Combien d’enfants ont pleuré et se sont révoltés à lire toutes les infamies qu’il a endurées.
Cet album grand format reprend le texte original. Ronan Badel a choisi deux couleurs, l’orange et le noir, pour illustrer ce roman autobiographique si cruel et si tendre à la fois, paru en 1894 — et illustré par Vallotton en 1902. Dans une courte préface, Ronan Badel se dit fier de donner un visage « à François Lepic, le petit garçon qui a réussi l’exploit de grandir avec le plus lourd fardeau du monde. Une mère sans amour. » Ses dessins offrent une respiration bienvenue au fil des courts récits qui ponctuent l’enfance de Poil de Carotte.

Dès 11 ans

Jules Renard, Poil de Carotte, illustrations de Ronan Badel, Flammarion Jeunesse, 2018, 158 p., 19,90 € — Imprimé en Espagne – Nombreuses éditions de poche.

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes

« Tschäggättä ! Tschäggättä !
Ils surgissent avec leur masque de bois. Et leur peau de bouc ou de chèvre, ou de mouton, qu’ils ceinturent d’un collier de vache avec la cloche.
Ils courent, ils sautent, ils dansent et la cloche sonne. […]
Tschäggättä ! crient les enfants.
Les enfants les regardent, les suivent, les aiment. Les enfants ont peur des masques. Les enfants aiment avoir peur. »
Ces masques, dans les hautes vallées du Valais suisse, font leur apparition entre la Chandeleur et le mardi Gras, qui précède le mercredi des Cendres. Dans ce récit, l’un des masques est si grand, si grand, qu’il domine les plus hauts sapins. Brr… Qui donc cache-t-il ?
Dans Le Mystère du Monstre, Corinna Bille (1912–1979) évoque la traque du dernier loup — ils sont revenus depuis, mais elle ne l’aura pas su… Le troisième récit, La Balade en traîneau, nous fait découvrir un bien curieux village, perdu dans la montagne, mais surtout perdu dans un temps légendaire… La Joie de Lire a l’excellente idée de publier, avec des illustrations contemporaines très colorées, ces trois contes enracinés dans le Valais natal de la romancière Corinna Bille. De plus, le livre est d’une belle facture : reliure en carton et signet orangé.

Dès 8 ans

Stéphanie Corinna Bille, Légendes et mystères des montagnes, illustrations d’Adrienne Barman, La Joie de Lire, Genève, 2018, 80 p., 14,90 € — Imprimé en Lettonie. Couverture cartonnée, avec un signet