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18/05/2018

Flore Vesco, Gustave Eiffel et les âmes de fer

18-05-vesco- gustave eiffel.jpeg« Monsieur Eiffel, n’est-ce pas ? demanda le nain. Je vous félicite. Nous sommes très intéressés par la manière dont vous avez répondu aux défis que nous vous avons lancés, et nous serions heureux de vous compter dans nos rangs.
Gustave masqua son étonnement.
- Je vous remercie, répondit-il. Mais me sera-t-il enfin possible de connaître les activités de votre société ?
- Oui, oui, je me doute que vous avez beaucoup de questions. Vous pouvez m’appeler "mon ordinal". Je suis le fondateur de la S.S.S.S.S.S. : la Société Super Secrète des Savants en Sciences Surnaturelles. »
Et voilà comment Gustave Eiffel, en compagnie de Louis Pasteur et d’Alfred Nobel, va se trouver embringué dans un roman policier « fantastico-historico-scientifico-romantique », entourloupiné par Flore Vesco, jamais en reste quand il s’agit d'élaborer une intrigue, de l’assaisonner de situations cocasses et de jeux de mots où une créativité déjantée l’emporte (mais pas toujours) sur un fond d’esprit potache. Les références au Metropolis de Fritz Lang comme à L’Eve future de Villiers de l’Isle-Adam assurent au roman une généalogie savante, mais le cousin d’Isamberte ne serait autre que Magnéto, un mutant de l’univers des X-Men, ce qui rassurera nos adolescents. Isamberte ? Derrière ce prénom se cache la fille d’Aldinni, le « méchant-méchant » du roman – et d’Aldinni à Houdini et à Robert Houdin, la magie n’est pas loin… Une magie aussi sombre, voire carrément gore, que les salles des machines de la manufacture où se déroule le roman. Frissons garantis !

Adolescents

Flore Vesco, Gustave Eiffel et les âmes de fer, Didier Jeunesse, 2018, 224 p., 15,90 €

14/05/2018

Pascal Ruter, Dis au revoir à ton poisson rouge !

IMG_4614.JPG« - Ma correspondante, c’est ma mère qui l’a choisie sur une sorte de catalogue, on va la chercher.
- En Angleterre ?
- Mais non, à Roissy, con. Elle reste toutes les vacances de Pâques.
En tout cas, mon programme d’entraînement est réduit en cendres. Ma mère m’a prévenu : on range le skate, on sort sa langue pour dire the comme il faut, et au programme : bateau-mouche, musées, conférences ; Notre-Dame, Sacré-Cœur… »
Un programme qui va voler en éclats dès la page 16 du roman, où Andréas, 15 ans, se retrouve au 1er sous-sol de Roissy en compagnie de la désarmante et néanmoins charmante Mary – mais sans ses parents, lesquels ont disparu. Plus rapide que le skate d’Andréas, plus déjanté que ses backflips, n’hésitant pas à prendre les virages les plus incongrus à 180 degrés, ce roman d’espionnage nous fait courir de Paris à Brasilia en passant par New York, pour atterrir dans des mines de sel roumaines. La recherche des parents d’Andréas donne lieu à des courses poursuites, à des rencontres improbables avec quelques illuminés et, bien sûr, à des bagarres héroïques avec de très méchants personnages. Un rythme trépidant donc, James Bond et OSS 117 ne sont pas loin, mais en mode ado. Mary est heureusement bien plus futée que les girls de cinéma : surdouée, maîtrisant le réseau vertueux du Deep Pink Web comme personne, championne de krav maga et j’en passe, elle mène par le bout du nez un Andréas un peu emprunté de sa personne mais bon garçon. Avec un titre – horresco referens – que l’on dirait emprunté à San Antonio soi-même, les pages se tournent toutes seules. Idéal pour les vacances.

Dès 12 ans

Pascal Ruter, Dis au revoir à ton poisson rouge !, Didier Jeunesse, 2018, 256 p., 15 €

02/05/2018

Delphine Grenier, Un arbre merveilleux

18-05-grenier- arbre merveilleux.jpeg« Dans mon jardin se trouve un arbre merveilleux… » Un arbre qui accueille le chat, un écureuil, des loirs, une pie, tout un petit monde secret, un peu magique et si proche de nous. Les dessins cachent de jolis détails et le texte, très bref, invite à raconter d’autres histoires. Au fil des pages, nous découvrons les petits habitants de l’arbre, et – belle surprise !- la double page finale s’ouvre sur le sommet de ce grand arbre où ils se trouvent tous réunis. Il ne manque plus que Tobie Lolness – mais il faudra grandir un peu pour faire sa connaissance !

Avant 3 ans, jusqu’à 5 ans

Delphine Grenier, Un arbre merveilleux, Didier Jeunesse, 2018, 36 p., 13,50 €

04/04/2018

Radio Libertés, émission du 31 mars 2018

logo-rl-small2.jpgPour écouter ou réécouter ma chronique du 31 mars 2018, c'est ici!


podcast

Au programme:

Claudine et Roland Sabatier, Le Livre des chansons, Chansons de France et d'ailleurs, Gallimard, 2009, 464 p., 15,50 €

Anouk Filippini, Les plus belles légendes du Moyen Age, illustrations de Carole Hénaff, Auzou, 2017

José Ramón Alonso, L’Ourse, illustrations de Lucía Cobo, Didier Jeunesse, 2017, 32 p., 14,20 € - Traduit de l’espagnol.

18-03-sabatier - chansons de France et d'ailleurs.jpg  18-03-les plus belles légendes moyen age-ok.jpg

17-04-alonso -l'ourse.jpg

28/02/2018

Ann Jonas, Où est Maman Ourse ?

18-02-Ann Jonas, Où est Maman Ourse.2-docx.jpgDifficile de quitter Maman Ourse, même quand l’herbe verte invite aux cabrioles ou qu’un putois pointe son museau… Au jeune « lecteur » de trouver où se cache Maman Ourse, surtout quand les deux oursons, sur la double page, eux, ne la trouvent pas ! Une ligne d'une simplicité absolue, des couleurs vives, une typo toute ronde. La réédition « remasterisée » d’un album d’Ann Jonas (1932-2013), paru en 1982 et redécouvert par Loïc Boyer, animateur du magazine « Cligne Cligne ». Une pépite !

Tout petits et jusqu’à 4 ans (environ, foi d’ourson)

Ann Jonas, Où est Maman Ourse ?, Didier Jeunesse, coll. « Cligne Cligne », 2012, 32 p., 11,90 €

19/09/2017

Eric Senabre, Megumi et le fantôme

17-09-senabre - megumi et le fantome.jpgQuel monument de Dublin va donc visiter Megumi Fujita, en ce mois de mai 1985 ? Rien de moins que la maison où vécut son arrière-arrière-arrière-grand-père, un médecin irlandais. Une maison pas comme les autres… en effet, elle est hantée ! Mais, en bonne écolière japonaise habituée aux esprits, kami, yurei et autres yôkai, Megumi ne s’enfuit pas aux premiers grincements de porte. Et voilà qu’elle va tout faire pour ramener le fantôme de son ancêtre à Tokyo. Commence alors une enquête riche en rebondissements. Megumi saura-t-elle délivrer Horatio Hearn de l’injuste malédiction qui l’a frappée ? Le roman débute donc sur les traces du Fantôme de Canterville pour continuer dans le voisinage de Mon voisin Totoro. Le tout sous la plume inspirée d’Eric Senabre qui, entre deux canulars hilarants (avis aux écoliers : un squelette peut aider à tricher), offre une belle réflexion sur l’identité, la transmission et l’amitié. Les adultes reliront en parallèle les Lettres japonaises et les Fantômes japonais de Lafcadio Hearn (1850 – 1904) à qui Eric Senabre rend ici un bel hommage.  

Dès 9 ans

Eric Senabre, Megumi et le fantôme, illustrations de Gloria Pizzilli, Didier Jeunesse, 2017, 224 p., 12 €

11/05/2017

Eric Senabre, Star Trip

17-05-senabre - star trip.jpg« Dans le poste de télévision, le capitaine Burke et le commander Rock, son officier en second, se figèrent dans une posture défensive à peine moins outrée que celle d’un éphèbe grec sur un tableau de la Renaissance. Leurs uniformes colorés – formés d’un sous-pull moulant en acrylique et d’un pantalon de treillis – scintillèrent un petit moment devant le décor en carton. Puis l’écran de télévision devint noir, et afficha bientôt un ciel constellé d’étoiles. […] Alors retentit une musique glorieuse et les mots STAR TRIP s’affichèrent sur toute la hauteur de l’écran. » Taratata, taratata… Nous sommes en 1968, les effets spéciaux des séries intergalactiques ne sont pas encore très au point. Cela permet à May, la grande sœur du jeune Sam, de lui construire, en cachette, une réplique de la navette spatiale USS Intrepid. Non sans l’aide de son boyfriend Will, parangon du jeune Américain à l’aise au volant d’un vieux combi. Le jeu tourne à l’aigre quand le capitaine Burke - ou plutôt l’acteur en titre Benjamin Spike - débarque dans leur grange au fin fond de l’Idaho. Commence un voyage déjanté, où la réalité rejoint et dépasse souvent la fiction. Si l’Amérique est « conquérante » quand il s’agit d’aller dans l’espace et d’en faire du cinéma, le roman s’attarde plus sur l’Amérique des paumés : hippies, révérend évangéliste insistant, patron de motel en déshérence, Indien chaman, jusqu’à cet acteur qui se révèle un pur looser… 1968 : Star Wars n’avait pas encore évincé Star Trek et la Nasa flirtait gaiement avec les extraterrestres. Cela donne un roman un peu psychédélique, mais haut en couleur et quasiment intergénérationnel. Et si la navette allait décoller, pour de bon ?

Dès 12 ans

Eric Senabre, Star Trip, Didier Jeunesse, 2017, 288 p., 15,90 €

17/04/2017

José Ramón Alonso et Lucía Cobo, L’Ourse

17-04-alonso -l'ourse.jpgAutomne : l’ourse « dévore les derniers fruits de l’été »  - quelle chance, des myrtilles ! Hiver : l’ourse ne fait qu’une avec la neige. Printemps : ce n’est pas vraiment la faim qui la réveille… car, comme un secret, voilà un petit ourson tout neuf. José Ramón Alonso, biologiste de son état, nous offre ici un documentaire poétique, porté par les tableaux de l’artiste Lucía Cobo, dont les plans rivalisent de créativité pour nous faire découvrir cette ourse gigantesque. Un album somptueux.

Dès 3 ans

José Ramón Alonso, L’Ourse, illustrations de Lucía Cobo, Didier Jeunesse, 2017, 32 p., 14,20 € - Traduit de l’espagnol.

27/10/2016

Jeongwan Park, Fais dodo bébé souris

16-10-jeongwang park fais dodo bébé souris.jpeg« Quand sur le toit bleu de ma maison, la nuit descend, mon bébé va se coucher, tout doucement. » Bébé d’homme ou bébé souris ? Vrai bébé souris ou doudou ? Mais où donc son papa et maman ? Une histoire sans chichis, comme une berceuse, venue de Corée, aux couleurs douces et aux traits raffinés

Avant 3 ans

Jeongwan Park, Fais dodo bébé souris, Didier Jeunesse, 2016, 40 p., 13,10 €

04/10/2016

Pascal Ruter et Maureen Poignonec, La Famille Cerise, La Course des guignols

16-10-ruter- famille cerise course guignols.jpg« Grande course sur la rivière.
Toutes embarcations à rames autorisées
Venez nombreux tenter votre chance !
Que le meilleur gagne… »
Voilà bien l’occasion pour Zouille et Yoyo Cerise de défier leur « pire ennemie », Angèle, peste parmi les pestes. Avec les jumelles, Max et le petit Papillon, qui zozotte ferme, forment un inséparable quatuor. Mais pour gagner, il va falloir s’entraîner et ramer dur ! Un roman loufoque, dans lequel les adultes ne sont pas les derniers à inventer des tours pendables. Bon, certaines blagues sont assez scatologiques (avec une tarte à la bouse), mais pas plus que dans La Guerre des Boutons. Quant aux histoires de poux, elles ne devraient laisser personne indifférent.

Dès 8 ans

Pascal Ruter et Maureen Poignonec, La Famille Cerise, La Course des guignols, Didier Jeunesse, 2016, 144 p., 10,30 €