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02/02/2018

Tai-Marc Le Thanh, Buffalo Bill

18-02-Le Thanh - buffalo bill.jpg« - Es-tu fier de la vie que tu as menée ? Es-tu en paix avec toi-même ?
William Cody fut incapable de lui fournir une réponse. Son souffle était court. Mais cette simple question avait déjà éveillé en sa mémoire un cortège de souvenirs. Ceux de sa vie, si bien remplie, et si riche en péripéties.
- Es-tu en paix avec toi-même ? insista le Grand Esprit du Bison. Alors William Cody se mit à raconter. »
A raconter comment le gamin est devenu convoyeur de bétail, comment il a guerroyé contre les Indiens – mais allié à d’autres Indiens -, du nord au sud, ou plutôt toujours plus à l’ouest, chevauchant avec le Pony Express, avant de monter ce spectacle sans pareil qui fit connaître la conquête de l’Ouest aux Européens… Alors, bien sûr, au grand dam du Grand Esprit du Bison, il a joué de la carabine et du couteau, il a tué des bisons, des hommes aussi, pour se défendre, dit-il. Ou comment un gosse perdu est devenu un personnage de légende, allumant des étincelles dans les yeux des enfants – et de ceux qui leur ressemblent. Les illustrations de Lucile Piketty sont somptueuses, ajoutent au souffle épique du récit de Tai-Marc Le Thanh des couleurs éclatantes et toniques. Le Grand Ouest n’a pas fini de nous fasciner !

Dès 6 ans

Tai-Marc Le Thanh, Buffalo Bill, illustrations de Lucile Piketty, Seuil Jeunesse, 2017, 40 p., 15,50 €

25/01/2018

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans

18-01-cooper - dernier des Mohicans.jpg« - Voit-on souvent dans les bois des apparitions semblables, Heyward ?
- Cet Indien est un coureur de notre armée, répondit le jeune officier. Il s’est offert pour nous conduire au lac par un sentier peu connu, mais plus court que le chemin que nous serions obligés de prendre en suivant la marche des troupes.
- Cet homme ne me plaît pas, répondit la jeune dame. Sans doute le connaissez-vous bien, Duncan, sans quoi vous ne vous seriez pas si entièrement confié à lui ?
- Oui, je le connais. Il est Canadien de naissance, et cependant il a servi avec nos amis les Mohawks. »
Ami ? Ennemi ? La guerre de Sept Ans fait rage, Anglais et Français s’affrontent sur ces terres du Nouveau Monde. Un jeune officier anglais a pour délicate mission de conduire Cora et Alice, les deux jeunes filles du général Munro, à fort William-Henry, assiégé par les Français de Montcalm. Mais les tribus indiennes, alliées ou ennemies, ne sont jamais loin… Des tribus indiennes que Cooper décrit avec une certaine nostalgie, soixante-dix ans à peine après ces événements.
« Cette version présente le texte original traduit par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret en 1839, révisé pour rendre la lecture plus fluide aujourd’hui », précise l’éditeur. Elle est illustrée avec talent par Patrick Prugne, à qui l’on ne fera pas prendre un Mohican pour un Huron !

Adolescents

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, illustrations de Patrick Prugne, Editions Margot, 2017, 176 p., 25 €

22/01/2018

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance

18-01- barussaud-  léo t 1.jpg« Pas de rêves où m’évader, pas même un sommeil de brute dans lequel je me perdrais pour tout oublier. Non, j’ai la conscience bien éveillée au contraire, je sens parfaitement cette crevasse dans mon cœur, qui fissure mes certitudes, ébranle mes convictions. Mes parents ne sont pas mes parents. […] C’était donc ça mon prénom d’aristo, mon teint pâle, mes cheveux blonds ? »
Autant de questions que se pose Léonore, dite Léo, dix-huit ans, ouvrière de la chocolaterie Menier en cette fin du Second Empire, quand ses parents lui révèlent le secret de sa naissance. Et notre héroïne de « monter » à Paris, et de se faire embaucher comme petite bonne dans l’immeuble chic où sont censés habiter ses parents afin d’y mener son enquête.
Gwenaële Barussaud signe là un roman d’aventure et d’initiation donc, où ne manque ni la « croix-de-ma-mère » sous la forme d’un monogramme de batiste, ni le « gentil garçon » protecteur, plein d’avenir – et un peu amoureux. Mais Léo, comme les autres héroïnes de Gwenaële Barussaud, n’est pas une « oie blanche » : volontaire, énergique, elle n’hésite pas à prendre des décisions courageuses. Elle assiste ainsi aux obsèques de Victor Noir, au procès de Pierre-Napoléon Bonaparte, avant de prendre seule le train pour Saint-Malo et le bateau pour Guernesey, haut lieu de l’exil sous le Second Empire, où elle renoue avec son histoire. Je vous laisse la surprise de ce premier dénouement, en attendant le tome 2, annoncé pour juillet.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

07/11/2017

Laurent Bègue, Louis, un soldat Poilu, le jour du 11 novembre 1918

17-11-Album Louis le Poilu 14-18.jpg« Il était une fois, Louis, un jeune paysan de 26 ans, un jour d’automne 1918. Quatre ans plus tôt, il avait été arraché à sa terre natale par la mobilisation du 2 août 1914. […] Avec son uniforme bleu horizon, son casque d’acier sur la tête, son fusil à l’épaule, marchant dans les tranchées boueuses, la barbe naissante, on le surnommait « le Poilu », comme tous ses autres compagnons d’armes… » Quatre ans de guerre… quatre ans pendant lesquels sa femme Jeanne avait tenu la ferme, vaille que vaille. Mais « ce matin du 11 novembre semblait différent des autres. L’assaut tardait à être donné. Louis était en première ligne. […] Et puis le coup de sifflet strident du lieutenant donna l’ordre d’avancer. Louis et ses compagnons sortirent des tranchées, le coeur serré.
C’est alors que le son d’un clairon retentit. La sonnerie était inhabituelle, mais de plus en plus forte : c’était celle du cessez-le-feu ! […] Au loin, les cloches des églises se mirent à sonner à toute volée sans plus s’arrêter. » Le cessez-le-feu, l’armistice, la démobilisation, puis les médailles, les commémorations, les premiers monuments aux morts : Laurent Bègue fait ici un travail de passeur aussi sensible que documenté, servi par les sobres illustrations de Patrick Le Borgne.
Et de préciser, à l’adresse de ses jeunes lecteurs : « Tu es sans doute l’arrière-arrière petit enfant d’un Poilu. Tu es sûrement passé devant un monument sans y prêter attention. Maintenant que tu connais son histoire, le regarderas-tu autrement ? Liras-tu les noms et les âges inscrits dessus ? Peut-être reconnaîtras-tu un nom identique au tien ? »

Dès 8 ans

Laurent Bègue, Louis, un soldat Poilu, le jour du 11 novembre 1918, illustrations de Patrick Le Borgne, Editions Belize, coll. « Il était une fois », 2017, 32 p., 9,50 €

17/10/2017

Sophie Humann, Marie, fiancée de Louis XV – Journal d’une future reine de France, 1724-1725

17-10-humann - marie fiancée de louis 15.jpgEn cet hiver 1724, la jeune Marie Leszcynszka se morfond dans le modeste logis que sa famille occupe à Wissembourg. Elle, dont le père est roi de Pologne – mais un roi sans royaume, contraint à l’exil -, brode au coin du feu avant d’aller confier les menus événements de sa vie quotidienne dans une série de lettres dédiées à sa défunte sœur Anna. A 21 ans, Marie est encore « fille », car aucun prétendant n’a eu la chance de plaire à Stanislas. Jusqu’à ce jour d’avril 1725 où lui arrive une incroyable nouvelle : le roi Louis XV a demandé sa main !
Maniant à merveille la forme du journal par lettres, Sophie Humann brosse un portrait touchant de cette jeune fille discrète qui, habituée à une vie aussi mouvementée que désargentée, va se trouver plongée dans les fastes de Versailles. Or chacun sait que rien n’est simple à la cour de France. Loin des romans superficiels à l’eau de rose, ce journal fictif est une mine d’informations historiques et aborde avec beaucoup de finesse la façon dont les manœuvres politico-diplomatiques régissaient les mariages princiers et royaux.

Dès 10 ans

Sophie Humann, Marie, fiancée de Louis XV – Journal d’une future reine de France, 1724-1725, Gallimard Jeunesse, coll. « Mon histoire », 2017, 130 p., 9,90 €

13/10/2017

Cyril Lepeigneux, Les Orphelins de Paris

17-10- Lepeigneux - les orphelins de Paris.jpg« - Quel roi ?
- Louis XIII, pardi !
- Comment !? Et nous sommes en quelle année, alors ? demande Louis.
- An de grâce 1619, votre grâce !
Les trois cousins échangent un regard perplexe. Ils se trouvent à quatre siècles de leur époque ! Quelle histoire ! »
D’autant plus que les enfants se trouvent assister au départ de galériens, que vient bénir un certain Monsieur Vincent. Projetés dans le Paris bien malodorant des mendiants et de la cour des Miracles, ils vont déjouer un trafic d’enfants et rencontrer saint Vincent de Paul. Mais qui est au juste le jeune Hochelaga qui les accompagne dans leurs aventures ?
Trois cousins et  leur chien – une recette droit venue d’Enid Blyton, pour une série historique qui, tout en utilisant les codes d’une autre série célèbre, la « Cabane magique », s’en éloigne en permettant aux jeunes héros de rencontrer des personnages historiques lors d’aventures (à peu près) vraisemblables.

Dès 9 ans

Cyril Lepeigneux, Les Orphelins de Paris, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2017, 142 p., 10,90 €
Dans la même collection : Cyril Lepeigneux, Les Remparts d’Orléans, illustrations d’Alban Marilleau, Mame, coll. « Les disciples invisibles », 2017, 142 p., 10,90 €

10/10/2017

Pascale Perrier, La Véritable Histoire de Carantos, le jeune Gaulois qui survécut à Alésia

17-10-perrier - carantos alésia.jpg« Au loin, on aperçoit une longue colonne de soldats qui avance au pas. Carantos pousse un soupir et ajoute :
- Des légionnaires romains ! Il y en a beaucoup, décidément. Trop.
Depuis l’aube, ils ont déjà vu deux autres files de soldats. Toutes semblent se diriger vers un même point : Alésia. C’est justement dans cette ville que le groupe avait décidé de dormir le soir venu. »

Et voilà que Melisso, le vate, interprète un étrange vol de corneilles ; il y voit une prédiction, qui enjoint à Carantos d’entrer dans la ville dont le siège débute. Autant dire que le jeune Gaulois va se jeter dans la gueule du loup ! Parviendra-t-il à en sortir ? C’est le scénario de ce roman historique bien ficelé, lequel est agrémenté de pages documentaires sur le monde gaulois, sur Vercingétorix, César et le siège d’Alésia.
L’auteur passe pudiquement sous silence le fait que les vieillards, les femmes et les enfants expulsés de la ville n’ont pas pu passer entre les fortifications et sont morts de faim entre les deux camps.

De 9 à 12 ans

Pascale Perrier, La Véritable Histoire de Carantos, le jeune Gaulois qui survécut à Alésia, illustrations de Célia Nilès, Bayard poche, 2017, 48 p., 6,50 €

25/08/2017

Dans les cuisines de l’Histoire

1024px-Recette_pour_la_Madeleine.jpgDès 7 ans – à lire tout seul.

Annie Jay, Jean, petit marmiton - Une surprise pour le duc !, illustrations d’Ariane Delrieu, Albin Michel Jeunesse, 2017, 48 p., 5,90 €
Du même auteur, dans la même collection : Jean, petit marmiton – Le concours de la reine

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Lucille, À l’heure gourmande, coll. « Les Lumières de Paris », Fleurus, 2016, 320 p., 15,90 €

07/08/2017

Romans historiques

HENRI_IV_DE_BOURBON.jpgDès 9 ans

Gwenaële Barussaud, 1791, Une princesse en fuite, Scrineo, 2017, 160 p., 10,90 €

Dès 10 ans

Sophie Humann, Henri IV, le prince de la paix, Belin Jeunesse, coll. « Avant de devenir… », 2016, 149 p., 8,50 €

Dès 11 ans

Anne-Marie Desplat-Duc, La Dangereuse amie de la reine, tome 2 de «Duchesses rebelles », Flammarion Jeunesse, 2017, 324 p., 14 €
Pour mémoire, le tome 1 : Anne-Marie Desplat-Duc, L’intrépide cousine du roi, tome 1 de « Duchesses rebelles », Flammarion Jeunesse, 2016, 320 p., 14 €

Grands adolescents et adultes

Ruta Sepetys, Le sel de nos larmes, Gallimard Jeunesse, 2016, 496 p., 16,50 €

31/07/2017

La préhistoire est un roman

préhistoire.jpgDès 8 ans

Totort Erolf, Le Bestiaire d’Ava, femme de Cro-Magnon, Editions Points de suspension, 2016, 32 p., 18 €
Attention : « Le journal d’Ava » de Totort Erolf, chez le même éditeur, est à réserver aux adultes.

De 9 à 12 ans

Martial Caroff, Tillô, Des feux dans le froid, Gulf Stream Editeur, 2016, 256 p., 12,90 €