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03/11/2017

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte

17-11-erik l'homme - nouvelles sparte.jpg« Alexia prononça les paroles rituelles qu’elle n’avait pas le droit de prononcer – il n’y avait aucun serment et aucun vol avant la troisième année académienne. "Belle squaline… Je te confie ma vie… Emporte-moi dans le ciel…"La porte devant elle s’ouvrit automatiquement quand le caisson fut plein. Alexia enclencha l’aqua-mode, actionna le levier de commande. La squaline se faufila-glissa dans l’obscurité froide des profondeurs du Baïkal. Le cœur d’Alexia vibrait d’une excitance totale. » Car la jeune fille a enfreint les lois de la Nouvelle-Sparte, cette cité recréée sur les rives du Baïkal après les Grands Bouleversements qui avaient, deux siècles plus tôt, « renversé les pays du Monde-d’avant ». Aux commandes de son engin, Alexia n’a qu’un seul but : aller sauver son ami Valère, aux prises avec de dangereux personnages qui perturbent sa mission dans la sombre Occidie.
Avec leurs jeunes compagnons, Valère et Alexia sont parvenus, quelques semaines auparavant, au terme de leur formation et ont vécu les épreuves de la terrible kryptie. Ils ont entendu le discours de la grande-prêtresse d’Hestia : « La force de la Fédération ne réside ni dans ses satellites-tueurs ni dans ses féroces squalines, mais dans le caractère de ses citoyens ! Leurs vertus – courage, ruse, tempérance – sont le vent qui nous porte vers tous les rivages ! La clef de tous les trésors, le marteau qui forge les patries vivantes, le bouclier sans lequel aucune civilisation ne saurait durer ! » Il était donc temps de passer à l’action !
Erik L’Homme signe ici un roman ambitieux, où la science-fiction se nourrit de l’héritage homérique, que ce soit dans le rythme du récit, dans la création de néologismes (« ils se sourire-lumière ») ou dans les discours du philosophe Goas. Empruntant à la fois à l’Iliade – comment réagir aux attentats qui sèment le chaos dans la cité ? – et à l’Odyssée – Valère est prisonnier en Occidie des charmes d’une sulfureuse Circé -, ce trépidant roman d’aventures futuristes est aussi une belle leçon de vie pour ceux qui ont « l’âge-de-toutes-les-folies ». Rassurez-vous, inutile d’avoir planché son grec ancien au lycée pour entrer dans la Nouvelle-Sparte – mais les hellénistes y trouveront un charme supplémentaire. Les lecteurs de Sylvain Tesson ne seront pas déçus non plus, pour des raisons plus… baïkaliennes.

Adolescents, jeunes adultes

Erik L’Homme, Nouvelle Sparte, Gallimard Jeunesse, coll. « Romans Ado », 2017, 320 p., 13,50 €

Alphonse Allais, L’agonie du papier

17-11- allais- agonie du papier.jpg« Un journal sans papier ! Une revue sans papier ! Un roman sans papier ! Et pourquoi pas ? […] Notre organe, La Pellicule, parviendra chaque matin à nos abonnés sous la forme d’une légère carte transparente, pas plus énorme qu’une carte à jouer.
Cette carte, insérée dans la rainure ad hoc, un bouton qu’on pousse, et sur la toile en face vient se projeter la plus clairement lisible de nos gazettes françaises et même étrangères. » Voilà comment, en 1902, Alphonse Allais envisageait sérieusement la disparition progressive du papier. Sérieusement ? Tout l’art de cet humoriste est en effet de présenter avec le plus bel aplomb possible des solutions fantaisistes voire absurdes aux questions les plus variées. Ce petit opuscule s’est fait un malin plaisir de sélectionner dans l’œuvre prolifique d’Alphonse Allais les sujets à la mode : énergies nouvelles, réforme de l’orthographe, féminisation grammaticale, jusqu’à Paris Plage ! Salutaire !

Dès 12 ans, adolescents, adultes

Alphonse Allais, L’agonie du papier, et autres textes d’une parfaite actualité, Editions Le Pont du Change, 2011, 72 p., 12 €