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12/02/2018

David Almond, La Chanson d’Orphée

18-02-almond chanson  orphée.jpg« Le Nord ! gémissions-nous. Pourquoi faut-il vivre dans ce Nord glacial ? Pourquoi pas en Italie ? Ou en Grèce ? Nous éclations de rire. […]Tant pis, avions-nous dit. Nous inventerions notre propre Italie. Nous inventerions notre foutue Grèce à nous. Où ça ? Dans le Northumberland, bien sûr. »
Quelques grands lycéens. Du camping sauvage dans les dunes au nord de Newcastle. Des haricots tièdes dans des gamelles de fer blanc – mais aussi de la musique, des idéaux un peu flous, de très sérieuses amourettes. Et Orphée. Orphée qui passe, sa lyre en bandoulière, fascinant, envoûtant. Qui dompte les dauphins. Qui choisit Ella Grey, la meilleure amie de Claire, la narratrice. Ella mordue par une vipère, Ella descendue aux enfers. Une variation menée de main de maître sur le thème d’Orphée et d’Eurydice : romantisme, mystère, lyrisme sont au rendez-vous, sans compromis ni dans le tragique, ni dans la peinture de ces adolescents, « poètes disparus », capables de se soûler sur la plage comme de rêver aux grands mystères de la vie et de la mort.

Grands adolescents, jeunes adultes

David Almond, La Chanson d’Orphée, Gallimard Jeunesse, 2018, 288 p., 15 € - Traduit de l’anglais

08/02/2018

Natalia Sanmartin Fenollera, L’Éveil de Mademoiselle Prim

Natalia Sanmartin Fenollera, L’Éveil de Mademoiselle Prim, Pocke« - Que faisaient de si jeunes enfants à la galerie Tretiakov ? Moscou est bien loin.
- On y est allés pour étudier l’art, répondit Septimus.
- Tu veux dire avec l’école ?
Les enfants échangèrent des regards joyeux.
- Oh non ! dit le petit. Nous, on est jamais allés à l’école. »

Ce qui est un avantage certain pour recopier, de tête, la célèbre icône de Roublev ou pour citer, de mémoire, Homère ou Virgile. Des enfants que découvre un beau jour Mlle Prim, recrutée comme bibliothécaire par un étrange gentleman « exilé de la confusion et de l’agitation moderne ». Des enfants mais aussi tout un village, Saint-Irénée d’Arnois, où la vie s’est recentrée sur quelques fondamentaux : la culture, les relations de bon voisinage, le temps passé autour d’une tasse de thé ou dans le silence d’une abbaye. Un tantinet bavard, mais absolument délicieux.

Adolescents, jeunes parents

Natalia Sanmartin Fenollera, L’Éveil de Mademoiselle Prim, Pocket, 2015, 360 p., 7,40 € - Traduit de l’espagnol.

 

25/01/2018

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans

18-01-cooper - dernier des Mohicans.jpg« - Voit-on souvent dans les bois des apparitions semblables, Heyward ?
- Cet Indien est un coureur de notre armée, répondit le jeune officier. Il s’est offert pour nous conduire au lac par un sentier peu connu, mais plus court que le chemin que nous serions obligés de prendre en suivant la marche des troupes.
- Cet homme ne me plaît pas, répondit la jeune dame. Sans doute le connaissez-vous bien, Duncan, sans quoi vous ne vous seriez pas si entièrement confié à lui ?
- Oui, je le connais. Il est Canadien de naissance, et cependant il a servi avec nos amis les Mohawks. »
Ami ? Ennemi ? La guerre de Sept Ans fait rage, Anglais et Français s’affrontent sur ces terres du Nouveau Monde. Un jeune officier anglais a pour délicate mission de conduire Cora et Alice, les deux jeunes filles du général Munro, à fort William-Henry, assiégé par les Français de Montcalm. Mais les tribus indiennes, alliées ou ennemies, ne sont jamais loin… Des tribus indiennes que Cooper décrit avec une certaine nostalgie, soixante-dix ans à peine après ces événements.
« Cette version présente le texte original traduit par Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret en 1839, révisé pour rendre la lecture plus fluide aujourd’hui », précise l’éditeur. Elle est illustrée avec talent par Patrick Prugne, à qui l’on ne fera pas prendre un Mohican pour un Huron !

Adolescents

James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, illustrations de Patrick Prugne, Editions Margot, 2017, 176 p., 25 €

22/01/2018

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance

18-01- barussaud-  léo t 1.jpg« Pas de rêves où m’évader, pas même un sommeil de brute dans lequel je me perdrais pour tout oublier. Non, j’ai la conscience bien éveillée au contraire, je sens parfaitement cette crevasse dans mon cœur, qui fissure mes certitudes, ébranle mes convictions. Mes parents ne sont pas mes parents. […] C’était donc ça mon prénom d’aristo, mon teint pâle, mes cheveux blonds ? »
Autant de questions que se pose Léonore, dite Léo, dix-huit ans, ouvrière de la chocolaterie Menier en cette fin du Second Empire, quand ses parents lui révèlent le secret de sa naissance. Et notre héroïne de « monter » à Paris, et de se faire embaucher comme petite bonne dans l’immeuble chic où sont censés habiter ses parents afin d’y mener son enquête.
Gwenaële Barussaud signe là un roman d’aventure et d’initiation donc, où ne manque ni la « croix-de-ma-mère » sous la forme d’un monogramme de batiste, ni le « gentil garçon » protecteur, plein d’avenir – et un peu amoureux. Mais Léo, comme les autres héroïnes de Gwenaële Barussaud, n’est pas une « oie blanche » : volontaire, énergique, elle n’hésite pas à prendre des décisions courageuses. Elle assiste ainsi aux obsèques de Victor Noir, au procès de Pierre-Napoléon Bonaparte, avant de prendre seule le train pour Saint-Malo et le bateau pour Guernesey, haut lieu de l’exil sous le Second Empire, où elle renoue avec son histoire. Je vous laisse la surprise de ce premier dénouement, en attendant le tome 2, annoncé pour juillet.

Dès 12 ans

Gwenaële Barussaud, Léo, Mon secret est une chance, Rageot, 2018, 256 p., 13,90 €

02/01/2018

Dimitri Casali et Christophe Beyeler, L’Histoire de France vue par les peintres

17-12-casali beyeler - histoire de france vue par les peintres.jpgEn cent tableaux, Dimitri Casali et Christophe Beyeler déroulent sous nos yeux une histoire de France vivante, mouvementée parfois, émouvante souvent. De « Vercingétorix se rendant à César », peint en 1886 par Henri-Paul Motte à une « Scène du débarquement sur Sword Beach le 6 juin 1944 » de Richard Willis, ce sont près de 2000 ans de notre épopée nationale qui ont inspiré les artistes les plus divers. Les commentaires historiques sont complétés par une analyse fine des détails de certains tableaux : du manteau d’hermine de Philippe Auguste devant Acre, lors de la 3e croisade, au cimier garni d’une chenille écarlate porté par un carabinier de Napoléon à Winkowo , de la cocarde de Charlotte Corday  à l’aérostat qui domine le champ de bataille de Fleurus, rien n’a échappé à l’œil perspicace de deux historiens. Les lecteurs de Dimitri Casali ne seront pas étonnés de la part belle faite à l’épopée napoléonienne.
Gérôme, David, Delacroix, Meissonier, Vernet, autant de noms connus pour leurs grandes compositions devenues les « images d’Epinal » qui, il y a peu encore, illustraient les livres scolaires. Ces œuvres de commande s’inscrivent souvent dans une volonté politique que les auteurs n’occultent pas, donnant ainsi à lire la construction de notre identité nationale.  

Dès 12 ans et pour toute la famille

Dimitri Casali et Christophe Beyeler, L’Histoire de France vue par les peintres, Flammarion, 2017, 320 p., 19,90 €

28/12/2017

Anie et Michel Politzer, Le génie singulier des Celtes

17-12- politzer - génie singulier des celtes.jpgPays biturige, Ier siècle avant J.-C. Trabos, le marchand de lingots de fer, conduit son charriot, tout en repensant au vol dont il a été victime. Les brigands pictons lui ont volé un chargement de sel. Les mêmes Pictons viennent d’attaquer le village de Tannobriva, où il pensait faire étape chez son ami Natonios. Or cette attaque n’est qu’une des batailles qui opposent depuis longtemps les deux villages… En suivant les péripéties qui émaillent la vie de Trabos, de Natonios et de leurs amis, le lecteur fera connaissance avec les Celtes du Ier siècle avant J.-C. : leur habitat, leurs techniques artisanales, leur agriculture, leur fougue au combat, leur religion, tout ce qui fait le « génie singulier » des Celtes. Les auteurs ont mis en scène les derniers états de la recherche archéologique et mettent ces données à la portée des jeunes lecteurs – même si l’on frissonne un peu quand on apprend que Natonios n’a pas hésité à couper des têtes sur le champ de bataille, et que les corps sans tête des ennemis peuvent être exposés dans des sanctuaires macabres. Photos et illustrations éclairent un texte riche d’enseignements. Il me semble juste que les auteurs ont oublié leurs déclinaisons latines, la cité, la région, le territoire se dit en latin civitas, et son pluriel est civitates ; « civitae » est donc un solécisme barbare !

Nous nous réjouirons de savoir que la maisonnée celte fêtait le solstice d’hiver en dégustant des gâteaux autour du feu, en échangeant de menus présents et en gardant bien scellées les cendres des bûches qui iront fertiliser les prochaines semailles.

Dès 12 ans

Anie et Michel Politzer, Le génie singulier des Celtes, Editions Yoran, 2017, 96 p., 16 €

21/12/2017

Herman Melville, Moby Dick

17-12- melville moby dick.jpg« Ce n’est pas comme passager que je navigue. C’est comme simple matelot. Pourquoi ? Parce qu’on se fait un point d’honneur de me payer pour le mal que je me donne à bord, et aussi parce que le métier de la mer est le plus beau, le plus sain que je connaisse. » C’est en ces termes que se présente Ismaël, témoin de la plus célèbre chasse à la baleine de toute la littérature – et qui sera le seul survivant du naufrage du Péquod, baleinier commandé par un certain Achab. Moby Dick, cet immense cachalot blanc qui a eu le tort d’arracher une jambe d’Achab, est devenu, sous la plume de Melville (1819-1891), un véritable mythe.

Les illustrations de Biélorusse Anton Lomaev servent le roman avec une rare énergie, avec des tableaux le plus souvent en pleine page – et vu le format du livre (26 cm x 37,5 cm), on en prend plein les mirettes. Que le lecteur soit perché sur la vigie ou peine sur les avirons d’une baleinière, il est pris autant par l’image que par le texte (intelligemment abrégé) qui emporte, comme une vague, une autre et encore une autre.  

Dès 12 ans

Herman Melville, Moby Dick, illustrations d’Anton Lomaev, Editions Sarbacane, 2017, 168 p., 29,90 € ; traduit de l’anglais. Texte abrégé.

Moby-Dick_p62-63.jpg

01/12/2017

Cruschiform, Colorama : imagier des nuances de couleurs

17-11- cruschiform imagier colorama.jpgDu blanc et du beige ? Non, écoutez bien ! Blanc neige, lait, blanc de paix, albinos, blanc d’albâtre, blanc polaire, fleur de coton, écorce de bouleau, phalène blanche et blanc poudré – voilà de quoi rêver. Un peu plus de gris que de rose dans le blanc ? Voilà les larmes d’Aphrodite, la fleur de sel et le clair de lune. Chacune des 133 nuances de couleurs choisies par l’auteur donne lieu à un texte illustré, faisant face à une page entièrement colorée de ladite nuance. Ainsi, nous apprenons qu’au « Moyen Age, le bois de braise, un bois exotique rouge comme la braise, était importé en Europe par des marchands vénitiens de retour des Indes. Précieux colorant, il permettait de teindre des tissus de diverses nuances, du rouge au violet clair. » Et quand les Portugais découvrirent une terre couverte de bois de braise, ils la baptisèrent… Brésil. Cruschiform est le nom du studio de graphisme de la jeune artiste Marie-Laure Cruschi qui maîtrise aussi bien la typographie, le graphisme que l’illustration – avec une jolie touche de poésie.

Dès 8 ans et pour toute la famille

Cruschiform, Colorama : imagier des nuances de couleurs, Gallimard, 2017, 280 p., 25 €

27/11/2017

Thibaud Dubois, Merveilleux Noëls de Bretagne

17-11-dubois noels bretagne.jpgMerveilleuse, la nuit de Noël l’est particulièrement en Bretagne, où les contes celtes ont nourri le légendaire chrétien. Les pierres levées cachent des trésors, les animaux parlent, le diable se fait sabotier, les bûches flambent dans l’âtre, les chanteurs de chansons rivalisent d’imagination… Thibaud Dubois a recueilli des contes auprès d’auteurs aussi célèbres qu’Anatole Le Braz, Emile Souvestre, Charles Le Goffic, sans oublier les deux Théodore – Botrel et Hersart de la Villemarqué. Quelques-uns de ses contes, « mis au propre » au XIXe siècle, nous rappellent aussi que la Bretagne était fort pauvre, que le médecin ne venait pas toujours au chevet des enfants malades et que certaines tables étaient bien maigres – une manière aussi de rappeler que Noël est une fête où l’on partage avec les plus démunis, qui sont parfois plus près de soi qu’on le pense.

Adolescents - A lire en famille à la veillée

Thibaud Dubois, Merveilleux Noëls de Bretagne, illustrations de Françoise Pichard, préface de Bernard Rio, 2017, Via Romana, 252 p., 19 €

24/11/2017

Marie Bretin, 1000 origamis Noël

17-11- 1000 origamis noel.jpgDes modèles, tous les plis de base pour réalise des enveloppes, des étoiles, des rennes, un bonhomme de neige… mais surtout 1000 feuilles décorées aux couleurs de Noël, avec plus de 100 modèles inédits. Des heures de création pour décorer le sapin, la table, les paquets cadeau ou la classe – car avec autant de feuilles, il y en aura pour tout le monde !

Dès 8 ans et pour toute la famille

Marie Bretin, 1000 origamis Noël, Fleurus, 2017, 1040 p., 14,99 €